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Mercredi 4 juin 2003

PROCHE-ORIENT
A Aqaba, un sommet pour la paix Ariel Sharon et Mahmoud Abbas autour de George Bush ont donné le coup d'envoi à l'application de la "feuille de route". Abbas appelle son peuple à cesser "l'Intifada armée". De son côté, Sharon dit "appuyer fermement" la vision américaine de deux Etats et s'engage à "commencer immédiatement" à démanteler les colonies non autorisées. Le Hamas, le Jihad et le FPLP ne déposeront pas les armes. Le premier sommet tripartite entre le président américain George W. Bush et les Premiers ministres israélien Ariel Sharon et palestinien Mahmoud Abbas se tenait mercredi à Aqaba (Jordanie). Le but du sommet est de relancer le processus de paix israélo-palestinien en définissant les modalités d'application de la "feuille de route", ce plan de paix international pour le Proche-Orient qui prévoit la création d'un Etat palestinien d'ici à 2005. Le sommet a commencé mercredi vers 12h45 heure de Paris. Le président américain avait au préalable rencontré les deux hommes séparément dans la matinée, ainsi que le roi Abdallah II de Jordanie, hôte de ce sommet qui se déroule dans sa résidence d'été sur la mer Rouge, dans le sud du pays. Pour les photographes, George W. Bush a posé entouré d'Ariel Sharon à sa droite et Mahmoud Abbas à sa gauche, avant que les trois hommes ne s'isolent dans un pavillon prévu pour eux dans Beit al-Bahr ("la Maison de la mer"), une résidence royale. A l'issue de leur rencontre, les trois hommes ont lu chacun un communiqué séparé. Efforts Le Premier ministre palestinien Mahmoud Abbas a ainsi appelé son peuple à cesser l'Intifada armée, promettant de "réussir", et a prôné une lutte pacifique contre l'occupation. Mahmoud Abbas a promis que l'Autorité palestinienne "va déployer tous ses efforts et mettre en oeuvre tous ses moyens pour mettre fin à la militarisation de l'Intifada". Soulignant que le conflit israélo-palestinien ne peut être réglé par la force militaire, il a appelé le peuple palestinien à cesser "l'Intifada armée" et à recourir "à des moyens pacifiques dans leur quête pour mettre fin à l'occupation". De son côté, Ariel Sharon a déclaré "appuyer fermement" la vision de Bush de deux Etats, israélien et palestinien. Il s'est aussi engagé à "commencer immédiatement" à démanteler les colonies non autorisées et a reconnu "l'importance de la contiguïté territoriale en Cisjordanie pour un Etat palestinien". De leur côté, les Etats-Unis ont annoncé qu'ils allaient envoyer au Proche-Orient une équipe d'observateurs chargés d'aider Palestiniens et Israéliens à mettre en application de "la feuille de route". Premières réactions : le groupe terroriste Hamas a affirmé qu'il ne déposera pas les armes, de même que le Jihad islamique et le FPLP (Front populaire de libération de la Palestine). Arafat absent Le sommet d'Aqaba est le premier rendez-vous d'importance pour Mahmoud Abbas, investi Premier ministre fin avril. Le président de l'Autorité palestinienne Yasser Arafat, qu'Israël et les Etats-Unis veulent mettre sur la touche, était absent pour la première fois d'un forum international consacré au conflit israélo-arabe. "Le peuple palestinien doit sentir qu'un changement radical a lieu sur le terrain pour avoir espoir en la paix", avait déclaré, avant la réunion, Mahmoud Abbas, qui avait rencontré mercredi matin le président égyptien Hosni Moubarak à Charm el-Cheikh, quelques heures avant l'ouverture du sommet. "Quand la 'feuille de route' entrera en application, Israël doit faire beaucoup de choses: notamment libérer les prisonniers et lever" le bouclage des zones palestiniennes, a ajouté Mahmoud Abbas, estimant à 8.000 le nombre des Palestiniens détenus par Israël. Il a d'autre part affirmé qu'un accord entre les factions palestiniennes sur une trêve était "peut-être proche". Israël, qui souhaiterait repousser à 2006 la création d'un Etat palestinien, voit aussi d'un mauvais oeil les clauses appelant à la restitution aux Palestiniens des territoires occupés en 1967. Les positions des deux parties sont également diamétralement opposées sur Jérusalem, le retour des réfugiés palestiniens et le sort des colonies juives. Les colons sont furieux Le sommet d'Aqaba consacre "la reddition d'Israël face au terrorisme palestinien", a affirmé mercredi le Conseil des implantations de Judée Samarie (Cisjordanie) et Gaza, instance dirigeante des colons israéliens dans les territoires palestiniens. "Le sommet d'Aqaba est une cérémonie humiliante où l'on fête la reddition d'Israël face au terrorisme palestinien", estime le Conseil dans un communiqué diffusé avant la fin du sommet. "Depuis l'accord d'Oslo (1993) jusqu'à ce jour, 1.094 Israéliens ont été assassinés dans des attentats terroristes. A notre grand regret, nos mises en garde se sont avérées et le terrorisme est monté d'un cran du fait de ces accords. Aujourd'hui (mercredi), le gouvernement d'Ariel Sharon s'apprête à répéter en grand cette erreur", conclut le communiqué. Le communiqué final de Mahmoud Abbas Voici le communiqué final lu par le Premier ministre palestinien Mahmoud Abbas mercredi à la fin du sommet d'Aqaba avec le président américain George W. Bush et le premier ministre israélien Ariel Sharon : "Comme nous nous en rendons compte, ce moment est important. Il existe une nouvelle occasion pour la paix, un occasion fondée sur la vision du président Bush et la +feuille de route+ du Quartette, que nous avons acceptée sans réserve. Le but est de parvenir à deux Etats, Israël et la Palestine, vivant côte à côte dans la paix et la sécurité. Le processus (choisi pour y arriver) est celui de négociations directes pour mettre fin au conflit israélo-palestinien, résoudre toutes les questions relatives aux statut définitif (des territoires palestiniens, NDLR) et mettre un terme à l'occupation, qui a commencée en 1967 et dont les Palestiniens souffrent tant. En même temps, nous ne voulons pas faire semblant de ne pas reconnaître la souffrance des juifs tout au long de l'Histoire. Il est temps de mettre un terme à toutes ces souffrances." "De le même manière qu'Israël doit assumer ses responsabilités, nous, Palestiniens, remplirons nos obligations pour que ces efforts réussissent. Nous sommes prêts à en assurer notre part, et nous allons commencer immédiatement." "Laissez moi être clair. Il n'y a aucune solution militaire à notre conflit. Nous répétons que nous dénonçons le terrorisme et la violence, sous toutes leurs formes, contre les Israéliens, et que nous y renonçons. Les méthodes de ce genre sont en contradiction avec nos traditions religieuses et morales et sont un obstacle dangereux à la création d'un Etat indépendant et souverain. Elles sont aussi en contradiction avec le genre d'Etat que nous voulons bâtir, fondé sur les droits de l'Homme et le respect de la loi." "Nous allons employer tous nos efforts et toutes nos ressources pour mettre un terme à la militarisation de l'Intifada, et nous réussirons. L'Intifada armée doit finir, et nous devons nous en remettre à des moyens pacifiques pour lutter contre l'occupation, la souffrance des Palestiniens et des Israéliens, et pour établir notre Etat palestinien. Nous insistons sur notre détermination à mettre en oeuvre l'engagement que nous avons pris devant notre peuple et devant la communauté internationale : un Etat de droit, une seule autorité politique, les armes aux mains des seules personnes charger de faire respecter la loi et de maintenir l'ordre public, et la diversité politique dans le cadre de la démocratie." "Notre but est clair et nous y parviendrons fermement et sans compromis: par la fin définitive de la violence et du terrorisme. Nous serons un partenaire à part entière de la guerre internationale contre le terrorisme, et nous exhortons nos partenaires dans cette guerre à empêcher toute aide financière ou assistance militaire à ceux qui s'opposent à cette position. Ce que nous faisons là procède de notre engagement en faveur des intérêts du peuple palestinien et du fait que nous appartenons à la grande famille de l'Humanité." "Nous allons aussi agir avec vigueur contre l'incitation à la violence et à la haine, quels que soient leur forme et le lieu où elles s'expriment. Nous allons prendre des mesures pour qu'aucune incitation de ce genre n'émane des institutions palestiniennes." "Nous allons continuer notre travail pour établir l'Etat de droit et consolider l'autorité du gouvernement au sein d'institutions palestiniennes fiables. Nous cherchons à construire un Etat démocratique qui s'ajoutera de manière positive à la communauté internationale. Toutes les forces de sécurité de l'Autorité palestiniennes seront partie prenante de ces efforts, et nous travaillerons ensemble à atteindre nos objectifs. Notre avenir national est en jeu, et personne ne sera autorisé à le mettre en danger." "Nous nous sommes engagés sur ce chemin parce qu'il en va de notre avenir national. Pour que nous puissions réussir, il faut clairement que les conditions de vie des Palestiniens s'améliorent. Les Palestiniens doivent vivre dignement. Les Palestiniens doivent pouvoir de déplacer, aller à leur travail, à l'école, rendre visite à leur famille et mener une vie normale. Les Palestiniens ne doivent pas non plus sentir que leur vie, leurs biens et leurs moyens d'existence sont menacés." "Nous accueillons favorablement l'assistance de la communauté internationale et insistons sur son caractère nécessaire, et nous demandons en particulier aux Etats arabes de nous aider dans tous nos efforts. Nous insistons aussi sur le fait qu'il est nécessaire d'avoir un fort mécanisme de surveillance piloté par les Etats-Unis et nous l'accueillons favorablement. Ensemble, nous pouvons parvenir à un Etat de Palestine, indépendant, viable et souverain, vivant en bon voisinage avec tous les Etats de la région, dont Israël". Texte - La feuille de route pour le règlement du conflit israélo-palestinien Document diffusé le 30 avril par le département d'État Le département d'État des États-Unis a diffusé le 30 avril le texte de la « feuille de route » destinée à faciliter le règlement permanent du conflit israélo-palestinien. Ce document prévoit les mesures que les Israéliens et les Palestiniens devraient prendre pour parvenir à un règlement dans les délais impartis, sous les auspices du Quatuor, qui se compose des États-Unis, de l'Union européenne, de l'Organisation des Nations unies et de la Fédération de Russie. On trouvera ci-après le texte de la feuille de route. (Début du texte) Feuille de route axée sur des résultats et destinée au règlement permanent du conflit israélo-palestinien sur la base de deux États Le présent document est une feuille de route axée sur des résultats et mue par des objectifs : elle comporte des étapes claires, un calendrier, des dates limites et des critères destinés à encourager les progrès par des mesures réciproques des deux parties dans les domaines politique, sécuritaire, économique, humanitaire et de création des institutions, sous les auspices du Quatuor (les États-Unis, l'Union européenne, l'Organisation des Nations unies et la Russie). La destination est le règlement définitif et général du conflit israélo-palestinien d'ici à 2005, comme l'a indiqué le président Bush dans son discours du 24 juin et comme l'ont approuvé l'Union européenne, la Russie et l'ONU dans les déclarations ministérielles du Quatuor le 16 juillet et le 17 septembre. Le règlement du conflit israélo-palestinien sur la base d'une solution à deux États n'est réalisable que si fin est mise à la violence et au terrorisme lorsque le peuple palestinien aura des dirigeants qui agiront de façon décisive contre le terrorisme et qui seront désireux et capables d'instaurer un régime démocratique fondé sur la tolérance et la liberté, que si Israël est disposé à faire le nécessaire pour qu'un État palestinien démocratique soit établi, et que si les deux parties acceptent clairement l'objectif d'un règlement négocié tel qu'il est décrit ci-dessous. Le Quatuor aidera et facilitera la mise en œuvre de ce plan, en commençant par la phase I, qui prévoit des négociations directes entre les parties. Le plan comprend un calendrier réaliste d'exécution. Toutefois, étant donné qu'il s'agit d'un plan exigeant des résultats, les progrès dépendront des efforts faits de bonne foi par les parties et de l'exécution de chacune des obligations indiquées ci-dessous. Si les parties s'acquittent de leurs obligations rapidement, il se peut que les progrès dans le cadre de chacune des phases et d'une phase à l'autre se produisent plus tôt que prévu. La non-exécution des obligations entravera le progrès. Un règlement, négocié entre les parties, aboutira à la création d'un État palestinien indépendant, démocratique et viable vivant aux côtés d'Israël et des autres pays limitrophes en paix et en sécurité. Il réglera le conflit israélo-palestinien et mettra fin à l'occupation qui a commencé en 1967, en tenant compte des fondements de la conférence de Madrid, du principe de l'échange de territoires contre la paix, des résolutions 242, 338 et 1397 du Conseil de sécurité de l'ONU, des accords conclus antérieurement par les parties et de la proposition du prince héritier saoudien Abdallah, approuvée par la Ligue arabe lors de son sommet de Beyrouth, qui prévoit l'acceptation d'Israël en tant que pays voisin vivant en paix et en sécurité, dans le contexte d'un règlement général. Cette proposition est un élément essentiel des efforts internationaux destinés à encourager une paix générale dans toutes les voies, y compris la voie israélo-syrienne et la voie israélo-libanaise. Le Quatuor se réunira périodiquement, à un échelon élevé, en vue d'évaluer les résultats en ce qui concerne l'exécution du plan par les deux parties. Dans chaque phase, les parties sont censées exécuter leurs obligations parallèlement, à moins d'indication contraire. Phase I : mettre fin au terrorisme et à la violence, normaliser la vie des Palestiniens et mettre en place les institutions palestiniennes - aujourd'hui à mai 2003 Pendant la phase I, les Palestiniens entreprennent immédiatement de mettre fin de façon inconditionnelle à la violence conformément aux mesures indiquées ci-dessous ; une telle action doit s'accompagner de mesures de soutien prises par Israël. Les Palestiniens et les Israéliens reprennent leur coopération en matière de sécurité en se fondant sur le plan de travail Tenet afin de mettre fin à la violence, au terrorisme et à l'incitation à de tels actes en restructurant les services de sécurité palestiniens et en les rendant efficaces. Les Palestiniens entreprennent des réformes politiques générales en prévision de la création d'un État, notamment en élaborant une Constitution palestinienne et en organisant des élections libres et honnêtes sur la base de ces mesures. Israël prend toutes les mesures nécessaires pour aider à normaliser la vie des Palestiniens. Israël se retire des territoires palestiniens qu'il occupe depuis le 28 septembre 2000, et les deux camps reviennent au statu quo qui existait alors, au fur et à mesure du rétablissement de la sécurité et la coopération. Israël suspend toutes ses activités quant à la création de colonies de peuplement, conformément au rapport Mitchell. Dès le début de la phase I : les dirigeants palestiniens diffusent une déclaration sans équivoque réaffirmant le droit d'Israël à exister en paix et en sécurité et demandant un cessez-le-feu immédiat et sans condition pour mettre fin aux activités armées et à tous les actes de violence dirigés contre des Israéliens en quelque lieu que ce soit. Toutes les institutions officielles palestiniennes mettent fin à toute provocation contre Israël ; les dirigeants israéliens diffusent une déclaration claire affirmant leur attachement à la conception de deux États, dont un État palestinien indépendant, viable et souverain vivant en paix et en sécurité aux côtés d'Israël, comme l'a énoncé le président Bush, et demandant la cessation immédiate des actes de violence dirigés contre des Palestiniens en quelque lieu que ce soit. Toutes les institutions officielles israéliennes mettent fin à toute provocation contre les Palestiniens. La sécurité Les Palestiniens déclarent clairement la cessation des actes de violence et de terrorisme et font des efforts visibles sur le terrain en vue d'entraver et d'empêcher l'action des individus et des groupes qui préparent et lancent de violentes attaques contre des Israéliens en quelque lieu que ce soit et en vue de les arrêter. Les services de sécurité reconstitués et recentrés de l'Autorité palestinienne entreprennent des opérations durables, ponctuelles et efficaces en vue de s'attaquer à tous ceux qui sont impliqués dans le terrorisme et de démanteler l'infrastructure et les moyens des terroristes. Le gouvernement israélien ne prend aucune mesure susceptible de saper la confiance, notamment les expulsions, les attaques dirigées contre des civils, la saisie ou la destruction d'habitations et de biens palestiniens en tant que mesure punitive ou mesure destinée à faciliter la construction de bâtiments israéliens, la destruction d'institutions et de l'infrastructure palestiniennes ainsi que d'autres mesures énoncées dans le plan de travail Tenet. À l'aide des mécanismes existants et des ressources présentes sur le terrain, les représentants du Quatuor entament un contrôle officieux et consultent les parties à propos de la création d'un mécanisme officiel de contrôle et de son fonctionnement. La mise en œuvre, comme convenu, du plan américain de reconstruction, de formation et de reprise de la coopération en matière de sécurité en collaboration avec le conseil de surveillance indépendant (États-Unis, Égypte et Jordanie). Le Quatuor soutient les efforts visant à parvenir à un cessez-le-feu durable et général. Tous les organismes de sécurité palestiniens sont fusionnés pour former trois services relevant d'un ministre de l'intérieur doté des pouvoirs nécessaires. Les forces de sécurité palestiniennes restructurées et ayant subi une nouvelle formation et les forces de défense israéliennes reprennent progressivement leur coopération et d'autres tâches en vue d'exécuter le plan de travail Tenet, notamment des réunions périodiques à un échelon élevé, avec la participation de responsables de la sécurité des États-Unis. Les États arabes cessent tout financement public et privé et toutes les autres formes de soutien à des groupes qui encouragent et qui commettent des actes de violence et de terrorisme. Tous les donateurs fournissant un soutien financier aux Palestiniens le font par l'intermédiaire d'un compte de trésorerie unique du ministère palestinien des finances. Au fur et à mesure que les résultats en matière de sécurité générale se concrétisent, les forces de défense israéliennes se retirent progressivement des zones occupées depuis le 28 septembre 2000, et les deux camps reviennent au statu quo qui existait avant le 28 septembre 2000. Les forces de sécurité palestiniennes se redéploient dans les zones d'où se sont retirées les forces israéliennes. La création des institutions palestiniennes Action immédiate quant à des modalités crédibles de rédaction d'un projet de Constitution pour l'État palestinien. Dès que possible, l'assemblée constituante fait circuler, aux fins de débat public, un projet de Constitution qui prévoit un régime parlementaire démocratique et un gouvernement dont le premier ministre est doté des pouvoirs nécessaires. L'assemblée constituante prépare un projet de document qui sera soumis, après les élections, à l'approbation des institutions palestiniennes compétentes. Nomination d'un premier ministre par intérim ou de membres du gouvernement dotés des pouvoirs de décision nécessaires. Le gouvernement israélien facilite les déplacements des responsables palestiniens à l'occasion des sessions du Conseil législatif et du gouvernement palestiniens et d'autres activités de réforme, ainsi que d'autres mesures de soutien ayant trait à la mise en œuvre de réformes. Nomination de ministres palestiniens dotés des pouvoirs nécessaires pour entreprendre des réformes fondamentales. Exécution d'autres mesures destinées à mettre en place une véritable séparation des pouvoirs, y compris toute réforme juridique palestinienne à cet effet. Création d'une commission électorale indépendante palestinienne, qui est chargée d'examiner et de mettre à jour les lois électorales. Résultats obtenus par les Palestiniens en fonction des critères judiciaires, administratifs et économiques établis par le groupe international sur les réformes palestiniennes. Les Palestiniens organisent des élections libres et honnêtes dès que possible, en se fondant sur les mesures précédentes et dans le cadre de débats ouverts à tous ainsi que d'une sélection des candidats et d'une campagne électorale transparentes où plusieurs partis sont représentés. Le gouvernement israélien facilite l'aide du groupe de travail, l'inscription des électeurs, le déplacement des candidats et des responsables du scrutin. Soutien accordé aux organisations non gouvernementales participant à l'organisation des élections. Le gouvernement israélien rouvre la Chambre de commerce palestinienne et d'autres institutions palestiniennes actuellement fermées et situées à Jérusalem-Est, sous réserve que ces institutions fonctionnent dans le strict respect des accords antérieurs conclus entre les parties. La situation humanitaire Israël prend des mesures pour améliorer la situation humanitaire. Israël et les Palestiniens appliquent complètement toutes les recommandations du rapport Bertini en vue de l'amélioration des conditions humanitaires, notamment en levant les couvre-feux, en relâchant les restrictions sur les mouvements de personnes et de biens, et en autorisant un accès total, sûr et sans entraves du personnel international et humanitaire. Le Comité de liaison fait le bilan de la situation humanitaire et des perspectives de développement économique en Cisjordanie et à Gaza, et lance une campagne massive d'aide des donateurs, y compris en faveur de la réforme. Le gouvernement d'Israël et les Palestiniens poursuivent le processus de déblocage de revenus et de transferts de fonds, y compris des arriérés, conformément au mécanisme de surveillance transparent sur lequel on s'est mis d'accord. La société civile Maintien du soutien des donateurs, y compris le financement accru des organismes privés et des ONG, au titre de programmes entre collectivités, de projets de développement du secteur privé et d'initiatives en faveur de la société civile. Les colonies de peuplement Le gouvernement d'Israël démantèle immédiatement les colonies érigées depuis mars 2001. Conformément au rapport Mitchell, le gouvernement d'Israël gèle toute activité de colonisation (même lorsqu'il s'agit de l'expansion naturelle des colonies). Phase II : la transition (juin 2003 - décembre 2003) Dans la seconde phase, les efforts portent sur la création d'un État palestinien indépendant aux frontières provisoires, doté des attributs de la souveraineté et fondé sur la nouvelle constitution. Il est une étape sur la voie d'un accord sur le statut définitif. Comme cela a déjà été souligné, cet objectif pourra être atteint lorsque les Palestiniens auront un gouvernement qui agit de façon décisive contre le terrorisme, et qui a la volonté et la capacité de pratiquer la démocratie fondée sur la tolérance et la liberté. Avec de tels dirigeants, ainsi que des institutions civiles réformées et des structures de sécurité, les Palestiniens bénéficieront du soutien actif du Quatuor et de l'ensemble de la communauté internationale dans l'établissement d'un État indépendant et viable. Pour progresser en phase II, il faudra que le Quatuor ait déterminé, par consensus et après analyse du comportement des deux parties, que les conditions appropriées sont réunies. Visant à accélérer les efforts de normalisation de la vie des Palestiniens et à construire les institutions palestiniennes, la Phase II commence après les élections palestiniennes et s'achève en 2003 avec l'éventuelle création d'un État palestinien indépendant aux frontières provisoires. Ses principaux objectifs sont des résultats constants sur le plan de la sécurité globale, le maintien d'une coopération efficace en matière de sécurité, la poursuite de la normalisation de la vie des habitants et de l'établissement des institutions en Palestine, le renforcement et le maintien des objectifs énoncés en phase I, la ratification d'une Constitution palestinienne démocratique, la création officielle d'un poste de premier ministre, la consolidation des réformes politiques et la création d'un État palestinien doté de frontières provisoires. Conférence internationale - Convoquée par le Quatuor après consultation avec les parties et immédiatement après la tenue des élections palestiniennes, elle a pour objet de soutenir la relance économique palestinienne et de mettre en œuvre un processus qui conduira à la création d'un État palestinien indépendant aux frontières provisoires. * Une telle réunion inclura toutes les parties, sera inspirée par l'objectif d'une paix globale au Proche-Orient (y compris entre Israël et la Syrie et Israël et le Liban), et s'appuiera sur les principes énoncés dans le préambule de ce document. * Les États arabes rétabliront les liens qu'ils avaient avec Israël avant l'Intifada (bureaux commerciaux, etc.). * Remise en vigueur des engagements multilatéraux sur divers dossiers comprenant notamment les ressources régionales en eau, l'environnement, le développement économique, les réfugiés et la maîtrise des armements. Une nouvelle Constitution prévoyant un État palestinien démocratique et indépendant est finalisée et approuvée par les autorités palestiniennes appropriées. Si nécessaire, des élections suivent l'adoption de la nouvelle Constitution. Conformément au projet de Constitution, un bureau du premier ministre est officiellement établi et est doté d'un cabinet habilité à entreprendre des réformes. Des résultats constants en matière de sécurité générale, y compris la coopération efficace dans ce domaine telle qu'elle est décrite en phase I. Création d'un État palestinien indépendant aux frontières provisoires par le biais d'un processus de négociation israélo-palestinien, et lancée par la conférence internationale. L'application des accords précédents visant à maximiser la contiguïté territoriale, y compris la prise de mesures de suivi relatives aux colonies de peuplement conjointement à l'établissement d'un État palestinien aux frontières temporaires, sera partie intégrante de ce processus. Rôle renforcé de la communauté internationale au niveau de la surveillance de la transition, avec le soutien actif, soutenu et opérationnel du Quatuor. Les membres du Quatuor prônent la reconnaissance de l'État palestinien, y compris son éventuelle adhésion à l'ONU. Phase III : accord sur le statut permanent et fin du conflit israélo-palestinien (2004-2005) L'évolution en phase III se fera sur décision consensuelle du Quatuor, compte tenu des actions des deux parties et des observations des membres du Quatuor. Les objectifs de la phase III sont la consolidation des réformes et la stabilisation des institutions palestiniennes, une sécurité palestinienne soutenue et efficace, et des négociations israélo-palestiniennes visant à établir un statut permanent en 2005. Deuxième conférence internationale. Convoquée par le Quatuor au début de 2004 après consultation des deux parties, elle vise à avaliser l'accord négocié au sujet d'un État palestinien indépendant aux frontières provisoires, et à entamer officiellement un processus qui, avec le soutien actif, soutenu et opérationnel du Quatuor, débouchera, en 2005, sur une résolution portant sur le statut final, y compris les frontières, Jérusalem, les réfugiés et les colonies. La conférence vise également à déboucher le plus rapidement possible sur un accord général au Proche-Orient entre Israël et le Liban, et entre Israël et la Syrie. Poursuite des progrès globaux et effectifs sur le programme de réforme établi par le Groupe de travail en prévision de l'accord sur le statut final. Efforts internationaux pour faciliter la réforme et stabiliser les institutions et l'économie palestiniennes en prévision de l'accord sur le statut final. Les parties s'entendent sur un accord final et général de statut permanent qui met fin au conflit israélo-palestinien en 2005. Il s'agit d'un accord négocié entre les parties et fondé sur les résolutions 242, 338 et 1397 du Conseil de sécurité. Il met fin à l'occupation qui a commencé en 1967, il comprend une solution acceptée, juste, équitable et réaliste de la question des réfugiés, et une résolution négociée sur le statut de Jérusalem qui tient compte des préoccupations politiques et religieuses des deux parties, qui protège les intérêts religieux des juifs, des chrétiens et des musulmans du monde entier, et qui est conforme au principe de deux États, Israël et une Palestine souveraine, indépendante, démocratique et viable, coexistant dans la paix et la sécurité. Dans le contexte d'un accord de paix général entre Israël et la Palestine, les pays arabes acceptent le principe de la normalisation de leurs relations avec Israël et de la sécurité pour tous les États de la région. (Fin du texte)

ericjeanloicbreton | 2 commentaires | 2003-06-04 11:59:48
Permalien PROCHE-ORIENT, ISRAEL


Dimanche 1 juin 2003

SHARON
AFP Général International, dimanche 1 juin 2003 Sharon envisage de démanteler des colonies sauvages après Aqaba JERUSALEM (AFP) - Le Premier ministre israélien Ariel Sharon a envisagé dimanche le démantèlement de colonies sauvages israéliennes dans les territoires palestiniens à l'issue du sommet d'Aqaba (Jordanie), qui doit se tenir mercredi prochain, a-t-on appris de source gouvernementale. "Il se pourrait bien que nous démantelions des implantations illégales" à l'issue du sommet, a déclaré M. Sharon lors du conseil des ministres hebdomadaire, selon cette source. On ne sait pas encore si M. Sharon fera une annonce à ce sujet pendant le sommet d'Aqaba, où il rencontrera le Premier ministre palestinien Mahmoud Abbas et le président américain George W. Bush. En réaction aux propos de M. Sharon, le leader du parti ultranationaliste PNR (Parti national religieux), le ministre de l'Habitat Effi Eytam, s'est déclaré hostile à tout démantèlement et même à "tout débat sur un démantèlement". "Ce serait un cadeau au terrorisme alors qu'on ne voit aucun signe du côté palestinien pour l'arrêter", a-t-il déclaré à la télévision publique. Le leader du parti centriste laïc Shinouï, le ministre de la Justice Tommy Lapid, a affirmé pour sa part que des "colonies illégales devaient être évacuées tout simplement parce qu'elles sont illégales". Selon lui, ce démantèlement devrait être effectué dès un arrêt des violences. Les Etats-Unis ont pressé à de nombreuses reprises Israël d'évacuer ces colonies sauvages. En acceptant le plan de paix international baptisé "feuille de route", Israël s'est en principe engagé à démanteler tous les points de colonisation établis depuis l'entrée en fonctions du premier gouvernement Sharon, en mars 2001. La "feuille de route" exige en effet un "gel de toute activité de colonisation y compris de l'expansion naturelle" des implantations, et le "démantèlement des points de colonisation établis depuis mars 2001". Début mai, le ministre israélien de la Défense Shaoul Mofaz a décidé toutefois de suspendre le démantèlement d'une dizaine de ces points de colonisation en attendant que leur statut juridique soit clarifié. Depuis lors, des colons israéliens ont installé deux nouveaux points de peuplement sauvages dans la région de Hébron, dans le sud de la Cisjordanie. Le mouvement israélien La Paix Maintenant, opposé à la colonisation des territoires palestiniens considérée comme illégale par la communauté internationale, évalue à 62 ou 63 le nombre de points de colonisation sauvages, habités ou non, érigés depuis mars 2001. Au total, 116 points de colonisation sauvage ont été créés depuis 1996, selon les chiffres de La Paix Maintenant, corroborés par d'autres sources. Certains sont présentés comme des "fermes", les autres comme de simples quartiers de colonies existantes, et la plupart ont reçu a posteriori l'aval des autorités. Quelque 220.000 colons sont installés dans environ 160 colonies en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, sans compter les douze quartiers de colonisation érigés à Jérusalem-est occupée et annexée depuis 1967, où vivent plus de 200.000 Israéliens. ms/hj tf Catégorie : Politique nationale et internationale Sujet(s) uniforme(s) : Frontières et territoires; Politique extérieure et relations internationales Sujet(s) - AFP Général : PO; sommets; Israël; colonies Heure de publication : 15:14 GMT Taille : Moyen, 348 mots © 2003 AFP. Tous droits réservés. Doc. : 20030601AF0FRS527_152_171410

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-06-01 15:16:59
Permalien SHARON, ISRAEL


Dimanche 1 juin 2003

ISRAEL
Des milliers de Palestiniens autorisés à entrer en Israël JERUSALEM (AP) - L'armée israélienne a autorisé dimanche des milliers de travailleurs palestiniens à entrer dans l'Etat hébreu, une initiative censée apaiser les tensions et créer un climat de bonne volonté avant le sommet qui doit réunir mercredi prochain à Aqaba, en Jordanie, le Premier ministre palestinien Mahmoud Abbas, son homologue israélien Ariel Sharon et le président américain George W. Bush. Ariel Sharon s'était engagé jeudi, lors de sa rencontre avec Mahmoud Abbas, à lever le bouclage de la Cisjordanie et de Gaza, alléger les restrictions pesant sur les déplacements entre les villes palestiniennes et libérer des prisonniers palestiniens. Le Premier ministre israélien a également annoncé dimanche aux membres de son cabinet qu'il annoncerait sans doute lors du sommet d'Aqaba qu'Israël s'engage à démanteler les petites implantations sauvages installées en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza par des colons israéliens, a annoncé une responsable israélien qui a assisté à la réunion. L'armée israélienne a annoncé qu'elle avait levé le bouclage des territoires palestiniens samedi à minuit et autoriserait 10.000 travailleurs palestiniens à entrer dimanche en Israël. Le bouclage avait été imposé il y a deux semaines après une série d'attentats-suicide. Environ 3.500 Palestiniens de la Bande de Gaza, détenteurs de permis de travail en cours de validité, sont entrés dimanche, à pied, en Israël par le point de passage d'Erez, selon des responsables palestiniens. Les Palestiniens qui tentaient de passer un poste de contrôle entre les villes de Ramallah et Bir Zeit en Cisjordanie ont été contraints de laisser leurs véhicules et de faire sept kilomètres à pied. Le ministre israélien de la Défense Shaul Mofaz a déclaré dimanche sur la radio de l'armée israélienne que les forces israéliennes avaient intercepté ces derniers jours trois véhicules bourrés d'explosifs qui tentaient d'entrer en Israël. AP sb/v0150/aa/v217

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-06-01 09:58:34
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Vendredi 30 mai 2003

PROCHE-ORIENT
PROCHE-ORIENT Vers une déclaration commune israélo-palestinienne Les Premiers ministres israélien et palestinien qui se sont rencontrés jeudi pour discuter de la "feuille de route" ont décidé de publier une déclaration commune lors du sommet d'Aqaba. La rencontre a été jugée "très positive". Mahmoud Abbas (AP) Le Premier ministre israélien Ariel Sharon et son homologue palestinien Mahmoud Abbas se sont rencontrés jeudi pour examiner l'application du plan de paix de la "feuille de route" et ont décidé de publier une déclaration commune à ce sujet lors du sommet d'Aqaba en Jordanie mercredi prochain. La rencontre des deux Premiers ministres, la seconde depuis la prise de fonctions de M. Abbas, est la première depuis que le gouvernement israélien a accepté la "feuille de route", dimanche dernier. Elle intervient alors que George W. Bush, Ariel Sharon et Mahmoud Abbas doivent se rencontrer mercredi à Aqaba en Jordanie lors d'une réunion qui devrait consacrer le lancement de la "feuille de route", qui doit aboutir en 2005 à la création d'un Etat palestinien. Le première phase définie par la feuille de route est la déclaration officielle par les Israéliens et les Palestiniens de leur renoncement à la violence et la reconnaissance mutuelle de leur droit à la sécurité et à un Etat. "Nous prévoyons que ces déclarations (...) seront prononcées pendant le sommet", a déclaré le ministre palestinien des Affaires étrangères Nabil Shaath. Une rencontre positive La rencontre de jeudi a pour sa part été qualifiée de "très positive", tant par les Palestiniens que les Israéliens. "La rencontre (...) a été très positive et les Israéliens ont promis de prendre des mesures bienvenues pour alléger les souffrances du peuple palestinien", a déclaré le ministre palestinien de l'Information, Nabil Amr à l'issue de la réunion. La réunion s'est déroulée dans une "atmosphère très bonne et très positive", a également indiqué la présidence du conseil israélienne dans un communiqué. Pour sa part, le bureau de M. Abbas a qualifié dans un communiqué la réunion de "sérieuse, franche et bénéfique", ajoutant que l'acceptation de la "feuille de route" par les deux camps serait "renforcée" lors des deux sommets successifs sur le Proche-Orient qui se tiendront la semaine prochaine en Egypte et en Jordanie. Israël a promis, pendant la réunion, "de prendre des mesures pour préparer la voie à une application totale de la "feuille de route"", selon le communiqué. Levée du bouclage contre cessez-le-feu Le Premier ministre israélien Ariel Sharon a annoncé jeudi soir à son homologue palestinien Mahmoud Abbas qu'il allait lever d'ici samedi le bouclage de la Cisjordanie et libérer certains prisonniers, tout en exigeant de lui une répression rapide et totale des groupes terroristes. Les discussions interviennent alors que le chef du gouvernement palestinien espère parvenir à un accord de cessez-le-feu avec le Mouvement de la résistance islamique (Hamas) dès la semaine prochaine. Vendredi, le mouvement radical islamiste a exigé un "arrêt de l'agression" israélienne avant tout arrêt de ses attaques et sévèrement critiqué la rencontre entre Ariel Sharon et Mahmoud Abbas. "Le peuple palestinien n'a pas fait tous ces sacrifices pour obtenir en échange la libération d'un ou deux détenus et le droit pour quelques ouvriers de travailler" en Israël, a-t-il ajouté en allusion aux "allègements" promis jeudi soir par l'Etat hébreu. Cette déclaration intervient alors qu'un kamikaze palestinien a trouvé la mort vendredi avant l'aube dans la bande de Gaza en tentant de s'infiltrer en territoire israélien, près du passage frontalier de Sufa. Trois heures Durant la rencontre de près de trois heures, Ariel Sharon a dit à Mahmoud Abbas qu'en signe de bonne volonté, il allait unilatéralement lever d'ici samedi le bouclage de la Cisjordanie, en place depuis deux semaines, et permettre à certains Palestiniens d'aller travailler en Israël. L'Etat hébreu va aussi assouplir certains barrages routiers autour des villes palestiniennes et prévoit de libérer certains prisonniers, ont rapporté des responsables israéliens et palestiniens. Parmi ces prisonniers se trouveraient Khaled Abu Sukar, le plus vieux Palestinien détenu par les Israéliens, et Tayseer Khaled, un membre du comité dirigeant de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP). Mettre un terme au terrorisme Ariel Sharon a exigé que Mahmoud Abbas "agisse avec fermeté pour mettre un terme au terrorisme (...), démanteler les organisations terroristes, arrêter les terroristes, confisquer les armes illégales, empêcher l'incitation au terrorisme et créer une atmosphère de paix", selon un communiqué des services du Premier ministre israélien. En contrepartie, Israël retirera ses troupes de certaines régions de la Cisjordanie et de la Bande de Gaza et permettra aux Palestiniens d'y assurer la sécurité, poursuit le communiqué. Si les Palestiniens mettent fin au terrorisme, Israël commencera les négociations qui permettront d'établir "un Etat palestinien provisoire et ensuite un Etat permanent", a déclaré M. Sharon à M. Abbas, selon le communiqué. "Le redéploiement des troupes dépend du combat incessant contre le terrorisme", a souligné Raanan Gissin, un conseiller d'Ariel Sharon. Le ministre palestinien des Affaires étrangères Nabil Shaath a expliqué que l'Autorité palestinienne serait prête à assurer la sécurité dans ces régions "après avoir conclu un accord de cessez-le-feu avec le Hamas et les autres groupes palestiniens. A présent, nous allons faire de notre mieux pour décrocher cet accord (...) et je suis optimiste". Cependant, dans un communiqué faxé à l'Associated Press à Gaza, les Brigades des martyrs d'Al-Aqsa, liées au Fatah, affirment qu'elles continueront le combat "en tout temps et en tout lieu tant que les occupants prennent nos terres, que nos prisonniers sont toujours en prison et que nos réfugiés vivent loin de chez eux". (avec AP)

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-30 10:59:38
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Jeudi 29 mai 2003

CONFLITS
George Bush s'implique davantage dans le conflit israélo-palestinien LE MONDE | 28.05.03 | 13h07 • MIS A JOUR LE 28.05.03 | 18h05 Deux rencontres sont prévues au Proche-Orient après le G8. Washington de notre correspondant Le voyage que George Bush va faire, à partir du 30 mai, en Pologne, puis en Russie et en France, pour le sommet du G8, sera le cinquième qu'il fera en Europe, mais il se prolongera par sa première visite au Proche-Orient. Le président américain George W. Bush participera à deux sommets au Proche-Orient la semaine prochaine, l'un avec des dirigeants arabes en Egypte, l'autre en Jordanie avec le roi jordanien et, si possible, avec les premiers ministres israélien et palestinien, a annoncé mercredi la Maison Blanche. "Le président se rendra à Charm-el-Cheikh en Egypte pour des rencontres avec des dirigeants arabes le 3 juin. Il se rendra ensuite en Jordanie le 4 juin pour une rencontre avec le roi Abdallah de Jordanie et pour des rencontres, si les conditions le permettent, avec les premiers ministres israélien et palestinien Ariel Sharon et (Mahmoud) Abbas", a déclaré le porte-parole adjoint de la Maison Blanche, Scott McClellan. Il est resté vague sur ces conditions. "Nous voulons être sûrs que l'environnement sera favorable à des conversations productives et à des progrès", a-t-il dit. "Nous nous attendons pour le moment à ce que le sommet ait lieu", a-t-il toutefois affirmé. "Le sommet aura lieu avec le premier ministre Sharon et le premier ministre Abbas", a souligné Scott McClellan mercredi, écartant toute possible participation de M. Arafat. Pour un président qui, dans les premiers mois de son mandat, regardait à distance le conflit entre les Israéliens et les Palestiniens, le changement est spectaculaire. A quoi tient-il ? "Nous sommes arrivés à un moment qui peut être très prometteur", a dit Ari Fleischer, porte-parole de M. Bush. Il en est ainsi, a-t-il expliqué, "parce que les Palestiniens ont un nouveau dirigeant, résolu à faire des réformes", et parce que M. Sharon "a accepté la "feuille de route" et une solution consistant en deux Etats". En quoi la démarche de M. Bush diffère-t-elle, maintenant, de celle de son prédécesseur, Bill Clinton, auquel il avait reproché d'avoir engagé son crédit et celui des Etats-Unis, il y a trois ans, dans la recherche d'un règlement de paix ? "La plus grande différence est que Yasser Arafat n'est pas partie aux discussions en cours, a affirmé M. Fleischer. C'est Yasser Arafat qui a fait le plus -en 2000-pour détruire la perspective d'un accord, lequel était tout près d'être atteint." Toujours est-il que des discussions entre M. Sharon et M. Abbas doivent avoir lieu jeudi 29 mai. Ce sera la deuxième rencontre entre les deux hommes, et la première depuis l'acceptation circonstanciée par le gou- vernement israélien de la "feuille de route". A l'évidence, M. Bush entend imposer cette rencontre bilatérale avant un sommet éventuel, sous sa présidence, dans une semaine. Le pilotage de cette nouvelle tentative de solution pacifique par M. Bush est flagrant à travers le rôle joué par Condoleezza Rice et par ses collaborateurs au Conseil national de sécurité. Son numéro deux, Stephen Hadley, et le responsable du Proche-Orient, Elliott Abrams, sont à la manœuvre. Ils avaient précédé, en Israël, le secrétaire d'Etat, Colin Powell, qui se préparait à occuper le devant de la scène et qui est réduit, pour le moment, à un rôle quasi muet. En faisant en sorte d'avoir pour interlocuteur, non pas M. Powell, mais M. Bush, M. Sharon a obtenu que la mise en œuvre de la "feuille de route" soit reconnue, d'emblée, comme un enjeu de politique intérieure américaine. Le porte-parole de la Maison Blanche a indiqué la prudence et les limites de l'engagement de M. Bush en déclarant que ce dernier "veut vraiment explorer si, cette fois, la paix peut être établie". Le président, a dit encore M. Fleischer, "est déterminé à regarder si c'est le bon moment pour obtenir des deux parties qu'elles aillent de l'avant". Au début de son mandat, M. Bush estimait que les Etats-Unis ne pouvaient imposer la paix, aujourd'hui il agit comme si elle était possible. Patrick Jarreau -------------------------------------------------------------------------------- Rencontre Abbas-Sharon Le premier ministre palestinien Mahmoud Abbas a annoncé mercredi qu'il rencontrerait jeudi son homologue israélien Ariel Sharon, alors que la Maison Blanche confirmait la participation du président Bush à deux sommets dans la région, les 3 et 4 juin. A Ramallah, où il a rencontré la ministre des affaires étrangères espagnole, Ana Palacio, M. Abbas a indiqué qu'il rencontrerait jeudi M. Sharon "pour discuter de l'application de la feuille de route". Cette rencontre aura lieu "jeudi après-midi à Jérusalem", a précisé à l'AFP le ministre palestinien de l'information, Nabil Amr. Côté israélien, cette rencontre n'avait toujours pas été confirmée mercredi en fin d'après-midi. -------------------------------------------------------------------------------- Territoires "occupés" ou "disputés" Ariel Sharon a tenté, mardi 27 mai, de revenir sur les propos tenus la veille devant les députés du Likoud au cours desquels il avait utilisé pour la première fois le terme d'"occupation" à propos de la présence israélienne dans les territoires palestiniens. M. Sharon a rappelé que la position officielle israélienne est de parler de territoires "disputés" et non "occupés". D'autre part, dans son premier entretien accordé à un journal israélien, Haaretz, depuis son accession au poste de premier ministre, Mahmoud Abbas (alias Abou Mazen) a déclaré, mardi 27 mai, que les Etats-Unis lui avaient assuré ne pas tenir compte des réserves israéliennes à la "feuille de route". Il a également précisé : "Il m'est difficile d'expliquer à mes compatriotes que nous avons un nouveau gouvernement, que nous menons des négociations avec les Israéliens et que, dans le même temps, notre président-Yasser Arafat- est isolé dans la Mouqata'a", à Ramallah. - (Corresp.) • ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 29.05.03

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-29 13:28:57
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Mercredi 28 mai 2003

SHARON
Pour la première fois, le premier ministre a employé le terme d'«occupation» des territoires palestiniens Sharon fait tomber un tabou israélien Jérusalem : Marc Henry [28 mai 2003] «Occupation» : jusqu'à présent le mot était banni par les dirigeants israéliens. Mais Ariel Sharon a fait tomber le tabou. «Maintenir 3,5 millions de Palestiniens sous occupation, c'est terrible, cela ne pourra pas continuer éternellement», a lancé le premier ministre devant le groupe parlementaire du Likoud, son parti. Ces propos, jusqu'à présent l'apanage de la frange la plus à gauche du Parti travailliste, ont provoqué un véritable choc. Signe des temps : des responsables du ministère des Affaires étrangères se sont réunis d'urgence hier pour savoir si le mot «occupation» que les diplomates avaient interdiction d'employer pouvait maintenant faire partie du vocabulaire des représentants israéliens à l'étranger. En attendant une décision, Elyakim Rubinstein, le conseiller juridique du gouvernement, s'est mis de la partie. Selon lui, le recours au mot «occupation» est «susceptible de porter atteinte aux intérêts israéliens dans le monde». Ce terme a également déclenché une minifronde au sein du Likoud. Une dizaine de députés sur 40 du grand parti de la droite ont dénoncé vertement celui qui les a pourtant menés à une victoire électorale écrasante au début de l'année. «Ce mot est faux, les véritables occupants, ce sont les Palestiniens», s'est ainsi exclamé Uzi Landau, ministre du Likoud. Très embarrassé, Silvan Shalom, le chef de la diplomatie, a préféré esquiver l'obstacle. «Chacun choisit comme il l'entend sa propre terminologie», s'est borné à expliquer le ministre des Affaires étrangères. Ces réactions à fleur de peau ont poussé Ariel Sharon a faire en partie machine arrière. Il a ainsi affirmé hier qu'il avait employé le mot «occupation dans le sens juridique et non pas comme les gens ont l'habitude de l'utiliser». Une explication alambiquée qui n'est pas à la hauteur de la confusion créée. Ariel Sharon a en effet brouillé des pistes. Le recours au terme kibouch' («occupation» en Hébreu) dans une conversation privée ou un débat public permettait immédiatement de classer sans trop de risque d'erreur celui qui l'utilisait comme faisant partie du «camp de la paix», tandis que ceux qui évitaient comme la peste cette formule avaient toutes les chances d'appartenir au «camp national» de la droite et des colons. Toute la question est de savoir si cette révolution sémantique reflète un réel changement d'Ariel Sharon. Une partie des médias, échaudée par les volte-face passées du premier ministre, reste sceptique. Les radios et la télévision n'ont pas manqué de puiser dans leurs archives pour retrouver de vieilles interviews ou images et rappeler un parcours idéologique parfois sinueux. «Le véritable test ne joue pas avec des mots, mais dans les faits. Ariel Sharon aura prouvé qu'il ne s'agit pas de paroles en l'air lorsqu'il ordonnera par exemple le démantèlement de colonies israéliennes dans les territoires palestiniens, comme le prévoit la feuille de route», souligne Emmanuel Rozen, commentateur politique d'une chaîne de télévision privée. Mais encore faut-il que cette fameuse «feuille de route», un plan de paix international prévoyant la création d'un Etat palestinien par étapes d'ici à 2005, commence à être appliquée. Or quelques ratés se sont d'ores et déjà produits. La nouvelle rencontre prévue aujourd'hui à Jérusalem entre Ariel Sharon et Mahmoud Abbas, le premier ministre palestinien, partisan de l'arrêt des violences, a été reportée. Le temps presse pourtant. George W. Bush, qui a fait de la «feuille de route» sa chasse gardée, veut organiser un sommet avec Ariel Sharon et Mahmoud Abbas la semaine prochaine, sans doute en Jordanie, pour tout mettre sur les rails. La rencontre Sharon-Abbas, après l'adoption dimanche, par le gouvernement israélien, de la «feuille de route», est censée servir de lever de rideau.

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-28 13:45:42
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Lundi 26 mai 2003

ISRAEL
INTERNATIONAL Alors que les Américains se félicitent de l'approbation conditionnelle de la «feuille de route» par le gouvernement israélien
Une occasion de paix à saisir


PAR SHIMON PERES *
[26 mai 2003]

Le dévoilement de la «feuille de route», après la récente formation du nouveau gouvernement palestinien, était destiné à raviver le processus de paix et à sortir le conflit avec les Palestiniens de son impasse. C'est une étape positive à elle seule, mais le document ne possède pas en lui-même une puissance d'impulsion suffisante. L'intention de la «feuille de route» était de définir le tracé des routes le long desquelles les deux parties pourraient voyager, mais cela ne peut remplacer le carburant de motivation nécessaire pour entreprendre ce voyage. Pour éviter que cette feuille de route ne devienne moribonde avant même qu'elle n'ait une chance de donner le feu vert à un processus de paix, les deux parties doivent officiellement en accepter le principe. Elles peuvent, bien entendu, y ajouter des commentaires. Mais en aucun cas ces commentaires ne doivent se transformer en préalables – ce qui équivaudrait en gros à négocier les négociations elles-mêmes. De plus, les questions qui n'ont guère de chances d'être résolues – comme le «droit de retour» palestinien – doivent être retirées du programme de la feuille de route. La position israélienne sur ce thème est sans équivoque et soutenue par la totalité du spectre politique israélien. Si des millions de réfugiés palestiniens sont autorisés à revenir en Israël, cela compromettra les fondements même d'un Etat juif. Un État juif suppose une majorité juive. Et Israël ne se suicidera pas politiquement en renonçant à ce droit. Le droit de retour palestinien devra se réaliser à l'intérieur des frontières d'un État palestinien. Je suis bien conscient que les Palestiniens n'accepteront pas publiquement cette position. Sur ce sujet, nous devons par conséquent nous accorder sur notre désaccord, sans permettre que cette divergence n'interfère avec la feuille de route. Il faut prendre des mesures pour construire la confiance. Le gouvernement palestinien doit sans retard appliquer un plan pour démanteler et désarmer les différentes milices opérant sur le sol israélien et conforter les mesures de sécurité sous son unique autorité.

Si ce mode d'action n'est pas renforcé, le Hamas et le Djihad islamique dicteront l'agenda palestinien et déjoueront les tentatives de progression de la paix. Un gouvernement peut être démocratique ou non, mais un pays décousu par une autorité morcelée ne peut survivre. Le gouvernement israélien doit mettre en oeuvre les promesses faites non seulement lors de sa récente élection, mais aussi lors de son dernier exercice, lorsqu'il assura qu'il cesserait de faire croître les implantations. Cette résolution avait été débattue à la Knesset et approuvée, ce qui lui a donné un caractère d'obligation légale. La même promesse à été engagée auprès des Etats-Unis et doit être remplie. Depuis que cet engagement a été pris, plusieurs centaines d'installations et d'avant-postes ont été créés et doivent être démantelés. Les soi-disant «douloureuses concessions» sur lesquelles s'est engagé Sharon ne peuvent remplacer l'épreuve des faits. Parallèlement, tous les acteurs du Quartette – les Etats-Unis en tête, Israël et les Palestiniens – doivent s'entendre, dès le début de ce processus de paix renouvelé, sur une trajectoire à double voie : il faut combattre la terreur comme s'il n'y avait aucune négociation et engager les négociations comme s'il n'y avait pas de lutte contre la terreur.

Si l'un des termes dépend de l'autre, il est douteux que le processus démarre un jour. Si les négociations sont repoussées jusqu'à ce que la lutte contre la terreur produise des résultats formels, elles auront toutes les chances d'être indéfiniment ajournées. Nous avons été soumis à de telles conditions par le passé (comme les «six jours de calme» posés comme préalables aux négociations, et dont il fut prouvé qu'ils étaient intenables) qu'il est obligatoire que la lutte contre la terreur commence immédiatement, mais, à ce stade, le critère de performance importe davantage que les résultats eux-mêmes. A juste titre, Israël appelle à 100% d'efforts, quand bien même cet effort ne produirait pas au départ 100% de résultats. Combattre la terreur n'est pas un présent offert à Israël par les Palestiniens. Un État palestinien terroriste – ou même semi-terroriste – n'a aucune chance de voir le jour. Un tel État ne répond à aucune nécessité, et personne n'assumera jamais son existence. Personne ne pourra par conséquent contribuer à l'établissement d'un tel État, à moins qu'il ne soit parfaitement clair que le gouvernement palestinien officiel soit un pion entre les mains d'un gang de milices armées hostiles à la paix. Pour leur propre salut, et dans l'intérêt de leur avenir, les Palestiniens doivent prouver qu'ils ne combattent pas seulement l'occupation territoriale mais aussi terroriste. D'autre part, les négociations politiques s'avèrent une mesure nécessaire, non seulement pour les Palestiniens, mais aussi pour les Israéliens. Israël ferait une erreur si elle se limitait à combattre les terroristes sans combattre la terreur, c'est-à-dire les mobiles de la terreur. Le peuple palestinien ne s'engagera pleinement à combattre la terreur que lorsqu'il deviendra clair que son extinction sera plus rentable que sa perpétuation. Dans le monde arabe, l'Egypte et la Jordanie ont déjà compris qu'ils ont gagné beaucoup plus autour de la table de négociations que sur le champ de bataille. Par conséquent, il est manifestement du propre intérêt d'Israël de créer un horizon politique qui inclurait la fin de l'occupation, de donner son accord sur les frontières sur la base des résolutions onusiennes 242 et 338, et l'établissement d'un État palestinien démilitarisé, alors viable et indépendant.

L'image de Yasser Arafat auprès des Israéliens est négative. Et de nouveaux espoirs s'attachent à la nomination d'Abu Mazen au poste de premier ministre. La lutte entre Arafat et Abu Mazen est présentée par les médias comme une affaire de pouvoir exécutif. Cette manière de voir est quelque peu théorique, dans la mesure où c'est Israël qui exerce pour le moment un contrôle considérable sur la sécurité. Ainsi, la vraie confrontation entre Arafat et Abu Mazen dépasse l'opinion publique palestinienne. Arafat peut être perçu comme déterminé à mettre un terme à l'occupation et à établir un État palestinien. Abu Mazen doit donc prouver qu'il peut tenir bon sans recourir à la violence. La cause palestinienne progressera bien plus rapidement par le dialogue diplomatique, et nous devons clairement faire savoir que nous ne désirons pas «utiliser» Abu Mazen mais plutôt chercher à le conforter dans son rôle de leader élu par le peuple palestinien. Si Abu Mazen doit être snobé par Arafat et Israël, il aura les mains liées et peinera à se libérer de ces contraintes.

Après l'Irak, une exceptionnelle occasion stratégique de construire la paix a émergé au Moyen-Orient. Les modifications fondamentales établies sur les frontières du nord et de l'est d'Israël, résultant de la victoire de la coalition en Irak, et combinées avec la nomination d'un nouveau gouvernement palestinien, quoique encore fragile, a créé une nouvelle situation.

Le président Bush a d'ores et déjà ajouté une nouvelle dimension économique à cet aménagement en proposant que le Moyen-Orient devienne une zone de libre-échange, et un Moyen-Orient ouvert sera un nouveau Moyen-Orient. Ajoutons à cela que les Palestiniens disposent maintenant d'un homme sérieux en la personne du premier ministre, un homme estimant que l'intifada compromet la cause palestinienne. On compte par ailleurs dans son équipe le ministre des Finances Salaam Fayyad, qui a déjà mis de l'ordre dans le système économique palestinien, et le ministre de l'Intérieur Mohammed Dahlan, qui a le pouvoir de reprendre le contrôle d'une situation actuellement chaotique, due à l'endémie des milices. La combinaison de tous ces facteurs augure d'un bon début, en dépit des obstacles qui ne manqueront pas de surgir à l'avenir. En aucun cas les vieilles tactiques ne doivent étouffer la nouvelle stratégie. Nous ne devons pas manquer, une fois de plus, la rare opportunité qui nous est à présent offerte. Il nous a toujours été difficile de nous dégager d'une situation intensément complexe, et ce ne sera pas non plus aisé cette fois-ci. Mais, à la différence du passé, les chances de la paix semblent aujourd'hui éclipser l'angoisse de la guerre.

* Ancien ministre des Affaires étrangères et premier ministre d'Israël (traduit par Marie-Laure Germon.) (c) 2003, Global Viewpoint. Distributed by Tribune Media Services International.



ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-26 12:04:14
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Dimanche 25 mai 2003

ISRAEL
PROCHE-ORIENT

La "feuille de route"
approuvée par Israël

Le plan de paix pour le Proche-Orient a été approuvé par le gouvernement israélien d'Ariel Sharon. En revanche, hors de question pour l'Etat hébreu d'un droit au retour des réfugiés palestiniens.

 
Ariel Sharon drapeau (AP)
 
Le gouvernement israélien a approuvé la "feuille de route" prévoyant la création d'un Etat palestinien d'ici 2005.
Selon Yosef Paritzky, ministre chargé des infrastructures, la décision a été prise par 12 voix contre sept et quatre abstentions. Le cabinet a également voté une motion, qui a été adoptée à une écrasante majorité, rejetant à l'avance tout droit au retour des réfugiés palestiniens, a-t-on indiqué de même source.
C'est la première fois qu'Israël approuve formellement l'idée de voir instaurer à terme un Etat arabe en Cisjordanie et à Gaza.
Auparavant, la radio avait affirmé que le Premier ministre avait expliqué à ses ministres durant la réunion que la "feuille de route" était à ses yeux un "moindre mal".
"Moi non plus je n'apprécie pas la 'feuille de route' mais elle est un moindre mal", a déclaré M. Sharon, en réponse aux critiques de l'aile la plus nationaliste de son gouvernement.
Il a écarté la possibilité qu'une acceptation par Israël de la "feuille de route" débouche sur la création d'un Etat palestinien "dès les prochains mois", en réponse aux craintes exprimées à ce sujet par l'un des ministres.

Likoud

Israël s'est toujours opposé à un retour des réfugiés qui sont aujourd'hui avec leurs descendants 3,7 millions, considérant qu'un tel retour remettrait en question le caractère juif de l'Etat.
M. Sharon a également assuré lors du conseil des ministres que les 14 réserves émises par Israël à propos de la "feuille de route" constituent "une ligne infranchissable" et que "rien de rien ne sera décidé sans l'aval d'Israël".
Avant le début de la réunion du cabinet, M. Sharon s'est entretenu avec les ministres de son parti, le Likoud, pour tenter de les convaincre de soutenir la "feuille de route".
Il a mis en garde à cette occasion contre les graves conséquences qu'aurait sur le plan économique un refus israélien d'adopter la "feuille de route", vu le risque de perpétuer le conflit avec les Palestiniens et de se brouiller avec son allié américain.
Un vote devait intervenir dans la journée à l'issue de discussions qui ont débuté à 10h00 (07h00 GMT).

Majorité

Les commentateurs des différents médias estimaient que M. Sharon devrait obtenir une majorité, mais celle-ci pourrait être mince.
Vendredi, M. Sharon avait annoncé qu'il était prêt à accepter la "feuille de route" et qu'il la soumettrait à l'approbation du gouvernement, après que la Maison Blanche eut affirmé partager les préoccupations d'Israël sur ce plan.
Elaborée par les Etats-Unis, l'Onu, la Russie et l'Union européenne, la "feuille de route", qui a été remise officiellement aux protagonistes le 30 avril et que les Palestiniens ont déjà acceptée sans conditions, prévoit l'arrêt total des violences de l'Intifada, le gel de la colonisation israélienne des territoires occupés et la création d'un Etat palestinien d'ici à 2005.


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-25 12:04:32
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Vendredi 9 mai 2003

SHARON ET LA SYRIE
PROCHE-ORIENT

Sharon fait un geste
vers la paix avec la Syrie

Le Premier ministre israélien se dit prêt à reprendre les négociations de paix avec Damas sans poser de conditions a priori. "Nous apporterons nos demandes, ils apporteront leurs demandes, et nous discuterons des solutions".

 
Ariel Sharon (AP)
 
Le Premier ministre israélien Ariel Sharon a déclaré jeudi qu'il était prêt à reprendre les négociations de paix avec la Syrie sans poser de conditions a priori.
"Nous apporterons nos demandes, ils apporteront leurs demandes, et nous discuterons des solutions", a-t-il déclaré à Israel TV.

Plateau du Golan

Les négociations de paix israélo-syriennes achoppent sur le problème du plateau du Golan, dont Israël s'est emparé en 1967. M. Sharon, interviewé dans sa ferme du sud d'Israël, n'a pas souhaité dire s'il était prêt ou non à rendre tout ou partie du plateau du Golan en échange de la paix.
M. Sharon a par ailleurs salué le Premier ministre palestinien Mahmoud Abbas, disant qu'il pouvait être un "partenaire" dans les négociations de paix.
Israël demande l'arrêt des violences avant toute reprise des négociations de paix israélo-palestiniennes, mais M. Sharon a cependant annoncé qu'une rencontre avec son homologue palestinien allait être planifiée.
(AP)


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-09 11:19:16
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Mardi 29 avril 2003

LIBAN
Montée d'un chantage israélien contre le Liban

Beyrouth (Liban),

correspondance particulière.

Le journal libanais As-Safir a publié, le samedi 26 avril 2003, un article intitulé " Nous n'éliminons pas la possibilité d'une guerre préventive au Liban ", dans lequel Hilmî Moussa cite deux interviews faites avec deux généraux israéliens.

Dans la première de ces interviews, faite par Radio Israël, le commandant israélien des armées de terre, Yeftâh Ran Tal, appelle le gouvernement Sharon à saisir l'opportunité pour " éliminer le danger existant sur la frontière nord ". Il explique que l'élimination du danger irakien ouvre devant Israël " de nouvelles possibilités, surtout que la situation actuelle nous permet de prendre des risques ". Il a aussi expliqué que l'armée israélienne a commencé à tirer des leçons des opérations réussies de l'armée américaine en Irak.

L'article ajoute que le général Ben Genetz, commandant du front nord dans l'armée israélienne (c'est-à-dire le front avec le Liban), a été plus explicite à ce sujet dans la longue interview qu'il a accordée au journal Maariv, puisqu'il a parlé d'un changement de la situation dans la région, à la suite de la victoire américaine contre l'Irak et " le terrorisme international ".

Genetz a insisté sur le fait que " le Liban est le port essentiel par où débarquent les organisations terroristes ; aucun État dans le monde n'est pareil à ce pays. Comment cela se terminera-t-il ? Cela dépend d'eux, de la Syrie, de l'Iran et du Liban, ils peuvent choisir entre le bien et le mal ". Il ajoute, un peu plus loin : " Tout ce que les Américains ont utilisé dans leur guerre en Irak, nous le possédons... dans le sens militaire du terme. Nous avons la possibilité de faire ce que les Américains ont fait. Il est vrai que nous ne mésestimons pas les Syriens, mais nous savons qu'ils ne sont pas des idiots et qu'ils savent bien tirer les conséquences de ce qui s'est passé. "

Après avoir parlé " du droit " d'Israël dans les eaux du fleuve libanais Al-Wazzânî, le général israélien termine en disant qu'il s'attend à des changements stratégiques en Syrie, vu que ce pays " ne peut pas poursuivre sur la voie du terrorisme ; cependant, une escalade militaire est possible et je n'élimine aucune possibilité : nous sommes actuellement dans une période de méditation et je ne dirai rien de plus ", surtout que le 11 septembre a constitué le début de la troisième guerre mondiale et " cette guerre a créé les règles nouvelles qui seront mises à exécution en Syrie comme en Irak ; et ces règles ne pourraient être appliquées tant qu'il y a des organisations palestiniennes à Damas " !

D'un autre côté, le général Aharon Zaîvi, chef des renseignements israéliens, a considéré dans une interview accordée à la chaîne de télévision 10 que " le programme nucléaire iranien constitue le danger imminent contre l'existence de l'État d'Israël " ! Il a ajouté que les " pressions des pays arabes, et de l'Égypte en particulier, doivent se poursuivre sur la Syrie ".

Marie Nassif-Debs


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-04-29 12:19:28
Permalien SHARON, ISRAEL


Dimanche 16 février 2003

ISRAEL
PROCHE-ORIENT

Israël accueille 20.000
juifs éthiopiens

Le gouvernement Sharon accepte l'immigration des juifs d'Ethiopie au titre du "droit au retour".

Le ministère israélien de l'Intérieur a annoncé dimanche que le gouvernement a donné à l'unanimité son feu vert à l'immigration en Israël de quelque 20.000 Ethiopiens d'origine juive.
La décision du gouvernement porte sur l'immigration de 17.000 Falachmoras, des juifs éthiopiens convertis de force au christianisme au siècle dernier et celle de 3.000 Fallashas, éthiopiens d'origine juive, disséminés dans des villages de l'intérieur de l'Ethiopie.
Des émissaires du ministère de l'Intérieur et des représentants du rabbinat devraient bientôt se rendre en Ethiopie pour mettre en place le dispositif de départ pour Israël de ces immigrants.
Les juifs d'Ethiopie ont vécu séparés pendant des siècles des autres communautés juives de la diaspora. Le rabbinat israélien a tardivement reconnu leur judéité et deux ponts aériens, en 1984 et 1991, ont permis leur émigration en Israël où ils sont quelques 80.000, dont plusieurs centaines dans des colonies en Cisjordanie.
Ces Ethiopiens sont regroupés à Addis Abeba et dans la province du Gondar (nord-ouest). Ils assurent que le "droit au retour" qui permet à tout juif dans le monde de s'installer en Israël s'applique à leur communauté.

Fossé

En 2000, Israël a accueilli 2.246 immigrants d'Ethiopie, en 2001, 3.298 et en 2002, 2.693, selon des chiffres du ministère de l'Intégration.
Cette communauté essentiellement rurale a dû franchir un énorme fossé culturel et a connu une intégration difficile dans la société israélienne en dépit d'une aide massive. Elle souffre notamment du chômage et de préjugés raciaux.
La Ligue arabe avait accusé dimanche dernier Israël de se préparer à accueillir 22.000 juifs d'Ethiopie pour les installer dans les colonies de la bande de Gaza et de Cisjordanie.


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-02-16 12:06:12
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INTERNATIONAL par ERIC JL BRETON - ISRAEL