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Samedi 31 mai 2003

IRAN
Téhéran appelle les musulmans à s'opposer à un gouvernement "US" à Bagdad agrandir la photo TEHERAN (AFP) - Le Guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei a appelé samedi les pays musulmans à s'opposer collectivement au projet "colonialiste" d'installer un gouvernement "américain" à Bagdad. "Comme tous les colonisateurs du XIXème siècle, les Etats-Unis essaient d'imposer un gouverneur américain en Irak", a déclaré l'ayatollah Khamenei lors d'un entretien avec le secrétaire général de l'Organisation de la conférence islamique (OCI), Abdelwahed Belkeziz, selon la télévision d'Etat iranienne. "Les pays musulmans doivent mettre de côté leurs différends sur des questions subalternes et s'opposer collectivement à ce projet", a-t-il ajouté au moment où les Américains dénoncent les ingérences, voire les manoeuvres iraniennes chez son voisin irakien, autre pays majoritairement chiite. Ces incriminations ne sont pas les seules des Américains à l'encontre de Téhéran : ils l'accusent également, de manière accrue depuis quelques semaines, de donner refuge à des membres du réseau terroriste Al-Qaïda, de chercher à posséder l'arme atomique et d'entraver la paix entre Israéliens et Palestiniens. "Le monde musulman doit refuser tout gouvernement qui n'aurait pas été élu par les Irakiens eux-mêmes et s'en tenir à ce refus", a exhorté l'ayatollah Khamenei. "Le principal objectif de ces impudents dans la région, c'est d'attenter à l'islam parce que l'adhésion des hommes et de leur pays à l'islam fait barrage à la domination des exploiteurs sur les pays musulmans", a-t-il ajouté, dénonçant les velléités hégémoniques des Etats-Unis et d'Israël sur le Proche-Orient. "Les nations musulmanes n'ont pas d'autre choix que de résister aux ennemis de l'islam et cette résistance n'est possible que si les pays musulmans s'unissent", a-t-il insisté. Parmi les innombrables mises en garde américaines aux Iraniens ces derniers jours, le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld avait prévenu mardi que les Etats-Unis combattraient "fermement" tout projet de "refaire l'Irak à l'image de l'Iran". Il a renchéri jeudi en affirmant que l'Iran tentait d'organiser l'opposition aux forces américano-britanniques en Irak, par des émissions radiophoniques et l'infiltration de Gardiens de la révolution, membres de l'armée idéologique de la République islamique. Le lendemain, la radio de la coalition américano-britannique s'est alarmée de l'entrée en Irak "d'intégristes sous commandement étranger" avec "des intentions agressives". Ces informations coïncident avec celles de la presse américaine selon lesquelles le Pentagone envisagerait de fomenter un soulèvement populaire en Iran pour déstabiliser le régime islamique ou de soutenir les Moudjahidine du peuple, opposants iraniens réfugiés pour une grande part en Irak et combattant par les armes les dirigeants religieux de Téhéran. Le ministre iranien des Affaires étrangères Kamal Kharazi a "ri" vendredi des accusations d'ingérence dans les affaires irakiennes. Lui aussi a accusé les Américains de vouloir "priver les Irakiens de leur droit le plus élémentaire, qui est de décider eux-mêmes de leur avenir" et de vouloir "installer un gouvernement américain" à Bagdad.

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-31 12:49:04
Permalien ETATS-UNIS, IRAN, IRAK


Lundi 26 mai 2003

IRAN
Les Etats-Unis veulent déstabiliser le régime des mollahs


(AFP.)
[26 mai 2003]

Les Etats-Unis ont cessé tout contact avec l'Iran et envisagent des actions, publiques et secrètes, pour déstabiliser le gouvernement de Téhéran, selon le Washington Post.

La stratégie vis-à-vis de l'Iran sera discutée jeudi lors d'une réunion de hauts responsables du gouvernement américain, ajoute le journal dans son édition d'hier. Le Pentagone propose de fomenter un soulèvement populaire pour faire tomber le gouvernement iranien, et le département d'Etat pourrait accepter cette approche si l'Iran ne prend pas d'ici à mardi des mesures contre le réseau terroriste al-Qaida, précise le quotidien.

L'Iran a mis fin à ses relations avec les Etats-Unis en 1979 après la révolution islamique et a été décrit comme l'un des trois pays de l'«axe du Mal» avec la Corée du Nord et l'Irak par le président George W. Bush. Le programme nucléaire iranien inquiète aussi les analystes du gouvernement américain. Pourtant, Washington et Téhéran ont maintenu des contacts discrets avant et pendant la guerre d'Irak, dernièrement lors d'une réunion secrète à Genève le 3 mai, dont l'existence a été confirmée par des responsables américains. Selon le «Washington Post», une nouvelle stratégie est en préparation

Washington a cependant annulé une nouvelle rencontre de ce type après les attentats du 12 mai en Arabie saoudite, selon le Washington Post, à la suite de renseignements montrant que des agents d'al-Qaida réfugiés en Iran étaient impliqués dans la préparation de ces attentats qui ont fait 34 morts, y compris 9 membres de commandos suicides.

L'Iran dément donner asile aux terroristes, mais un responsable gouvernemental américain cité par le journal affirme qu'une dizaine d'agents d'al-Qaida se cachent dans le nord-est de l'Iran, une région isolée sur laquelle il admet que Téhéran n'a que peu de contrôle.

Par ailleurs, après une démarche similaire de 116 opposants, 127 députés iraniens en ont appelé samedi directement au guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, pour qu'il mette fin à la résistance des conservateurs aux réformes, afin de préserver la République islamique. «S'il faut boire un poison, il faut le faire avant que l'indépendance et l'intégrité territoriale ne soient menacées, une attitude aussi sage et courageuse serait récompensée par la nation comme l'a été celle de l'imam Khomeyni», écrivent les 127 parlementaires dans cette lettre ouverte, très véhémente contre les conservateurs et plutôt directe à l'adresse du guide dont les conservateurs se réclament.

La lettre fait référence à la décision, «aussi amère que de boire un verre de poison», prise en 1988 par l'imam Khomeyni, prédécesseur de l'ayatollah Khamenei, d'accepter la résolution 598 de l'ONU proposant un cessez-le-feu avec l'Irak. Pour les signataires, il s'agit de sortir le pays de «la période peut-être la plus délicate de l'histoire récente de l'Iran». «Il reste peu de temps, la plupart des gens sont mécontents et déçus, la plupart des intellectuels se taisent ou émigrent, toutes les réserves financières quittent le pays, encerclé de toutes parts par les forces étrangères», s'alarment-ils. Ils invoquent la menace américaine et les projets de Washington de «modifier la carte géopolitique de la région», mais dénoncent surtout avec virulence l'obstruction des conservateurs aux réformes, au moment où la tension politique va s'avivant.

IRAN Pour le chef de la diplomatie iranienne, les Etats-unis doivent «rapidement» remettre le pouvoir aux Irakiens
Kharazi : «L'Amérique ne tient pas ses promesses»
Chef de la diplomatie de Téhéran depuis l'élection du président réformateur Mohammad Khatami en 1997, Kamal Kharazi a répondu aux questions du Figaro lors de son récent passage à Paris.

Propos recueillis par Claude Lorieux et Pierre Rousselin
[26 mai 2003]

LE FIGARO. – Les Etats-Unis vous accusent pêle-mêle de violer le traité de non-prolifération nucléaire, d'accueillir des chefs d'al-Qaida, d'aider le Hezbollah libanais et de tirer les ficelles de la communauté chiite en Irak. Quelles concessions êtes-vous prêts à leur faire ?
Kamal KHARAZI. – Cela fait un demi-siècle que les Américains interviennent dans les affaires intérieures de l'Iran. Il n'est donc pas surprenant qu'ils nous mettent sans arrêt en accusation. Mais, comme ils poursuivent des objectifs purement politiques, voire politiciens, la raison et la logique n'ont pas grand-chose à voir dans ces controverses. Nous pouvons apporter des réponses à chacune de leurs accusations. Hélas, dans le climat d'animosité actuel, nos réponses ne permettent pas de résoudre les différends. Les Américains semblent oublier que l'Iran a un régime démocratique et une société civile, ce qui n'est pas le cas dans d'autres pays qui sont, eux, proches de Washington. A notre égard, leur attitude est simple : soit vous êtes avec nous, soit vous êtes contre nous. C'est dans cette logique qu'ils nous accusent.

L'après-guerre en Irak représente-t-il un terrain sur lequel l'Iran peut coopérer avec les Etats-Unis ?
Nous ne voulons pas nous ingérer dans les affaires de l'Irak. Mais nous sommes prêts à contribuer positivement à la stabilité de ce pays et de la région. Pour cela, un régime démocratique doit être instauré en Irak, qui exprime la volonté de l'ensemble des communautés. Nous sommes prêts à coopérer, dans ce but, avec le peuple irakien.

Entre l'ayatollah Baqer al-Hakim, qui vient de faire un retour triomphal, et Mouqtaba al-Sadr, qui se dit «porte-parole du peuple chiite», les chiites irakiens n'auraient t-ils pas trop de dirigeants ? Avez-vous un favori ?
Dans chaque société, il existe des tendances différentes. La communauté chiite d'Irak ne fait pas exception. Elle a amplement prouvé sa sagesse lors des récentes commémorations religieuses de Nadjaf et de Kerbala. La compétition est tout à fait naturelle. L'important est de créer une structure qui offre une représentation politique à l'ensemble du peuple irakien.

Comment exclure que, dans un an, les Américains rapatrient l'essentiel de leurs forces d'Irak et que, largement majoritaires, les chiites s'imposent alors à Bagdad ? Ils auront le champ libre !
Il est clair que les chiites joueront un rôle important dans l'Irak de demain, aux côtés des sunnites et des Kurdes. Le régime baasiste les a, depuis des années, privés de leurs droits fondamentaux. Aujourd'hui, ce sont les Etats-Unis qui privent l'ensemble des communautés irakiennes de leurs droits fondamentaux. Si les Américains ne remettent pas rapidement le pouvoir aux Irakiens, ils auront des problèmes. Il est à craindre que ces problèmes ne servent de prétexte pour prolonger leur présence en Irak. Le dossier irakien doit être confié à l'ONU, afin que soit formé d'abord un gouvernement provisoire, puis un gouvernement permanent.

La question irakienne justifie-t-elle un développement des contacts irano-américains ?
Nous avons eu des contacts avec les Américains à propos de l'Afghanistan et nous en avons aujourd'hui à propos de l'Irak. Ils ne peuvent aboutir que s'ils ont lieu dans un climat d'équité et dans un esprit de coopération. Or, les Américains font des promesses mais ne les tiennent pas.

Au Liban, acceptez-vous de faire pression sur le Hezbollah, comme vous le demande le président Bush ?
Les Etats-Unis cherchent à contrôler le Liban. La présence du Hezbollah empêche Israël d'attaquer une fois de plus le Liban. Il ne faut pas oublier que c'est un parti libanais et une force au service du Liban.

Et que Téhéran aide militairement ?
Nous soutenons le Hezbollah politiquement mais pas militairement.

A Beyrouth, le président Khatami a tenu sur la question du Hezbollah des propos jugés plutôt modérés...
Le gouvernement iranien défend les valeurs auxquelles croit le peuple iranien. Nous ne sommes pas des aventuriers. Pour nous, la stabilité de la région importe beaucoup. A la différence des Etats-Unis, nous considérons que c'est Israël qui est à l'origine de l'instabilité de la région. Malheureusement, l'Europe n'a pas les moyens de faire pression sur Israël.

Vous reflétez l'attitude du président de la République. Mais le Hezbollah relève du guide, l'ayatollah Khamenei. Qui croire ? Qui parle au nom de l'Iran ?
Je ne pense pas que la complexité d'un peuple soit un handicap. La société iranienne ne s'exprime pas d'une seule voix. La presse, l'Assemblée et les autres organes en témoignent. Le problème est que vous devez essayer de comprendre ces complexités !

Cent seize politiciens, religieux et intellectuels viennent d'écrire que, sans réformes, la République islamique risque de subir le même sort que l'Afghanistan des talibans et l'Irak de Saddam Hussein. Le guide, l'ayatollah Khamenei, recevra-t-il ces pétitionnaires ?
Dans notre système, la voix des contestataires se fait entendre. Une démarche comme celle des 116 pétitionnaires attirera certainement l'attention du guide.

Les Etats-Unis accusent l'Iran d'héberger des membres d'al-Qaida et notamment l'un des organisateurs de l'attentat de Riad en Arabie saoudite. Que répondez-vous ?
Avant le 11 septembre 2001, al-Qaida était déjà une menace pour nous. Elle l'est toujours. Il n'y a aucune raison pour que nous aidions cette organisation. Nos frontières avec l'Afghanistan et le Pakistan sont si longues qu'un certain nombre de membres d'al-Qaida ont cherché à se réfugier en Iran. Nous en avons arrêté beaucoup et en avons extradé vers leurs pays d'origine. La lutte contre le terrorisme doit se faire dans l'égalité et la réciprocité. Il n'existe pas de bon terrorisme et de mauvais terrorisme. On ne peut combattre le terrorisme antiaméricain sans combattre aussi le terrorisme anti-iranien.

Depuis que les Américains ont désarmé les Moudjahidin du peuple en Irak, des responsables de ce mouvement d'opposition armée à Téhéran se seraient réfugiés en France. Votre réaction ?
Il s'agit en effet d'un problème complexe pour la France. Les Moudjahidin figurent sur la liste des organisations terroristes établie par l'Union européenne. la France ne peut donc pas leur donner l'asile politique.

L'Iran est-il la prochaine cible de Washington ?
Nous sommes déjà la cible des Etats-Unis. Ce n'est pas nouveau. Ils nous soumettent à toutes sortes de pressions depuis la révolution et depuis que nous avons dit non à Washington. Cela ne signifie pas pour autant que nous redoutons une attaque américaine.


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-26 12:00:15
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Mercredi 21 mai 2003

IRAN

Iran: Khatami fixe aux conservateurs les limites de

l'acceptable

Photo
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TEHERAN (AFP) - Le président Mohammad Khatami a fixé ses limites aux conservateurs iraniens mercredi en les prévenant qu'il n'accepterait pas d'être traité par eux comme un "citoyen ordinaire", au moment où la classe politique parle beaucoup d'un retrait des réformateurs du pouvoir.

M. Khatami a ainsi jugé "inacceptable" la réécriture proposée par les conservateurs d'un de ses projets de loi contestant leur emprise sur les instruments du pouvoir.

Les modifications prônées par le Conseil des gardiens de la Constitution au projet de loi permettant au président d'intervenir dans les affaires de la justice "limitent tellement mon autorité qu'à certains égards celle-ci devient moindre que celle d'un citoyen ordinaire, et cela est dans tous les cas inacceptable pour moi", a déclaré le président tout en colère contenue, conformément à son style de religieux policé.

Le président, dont le camp dénonce une obstruction systématique des conservateurs à la libéralisation depuis sa première élection triomphale en 1997, vient de voir coup sur coup rejeter par le Conseil des gardiens de la Constitution deux textes de loi présentés comme ses va-tout dans une partie politique de nouveau tendue.

"Je respecte le travail de supervision du Conseil", chargé de veiller à la conformité des lois avec la loi fondamentale et la loi islamique, "j'ai confiance en lui, mais je ne crois pas que supervision signifie gardiennage", a lâché le président, étonnamment cinglant, à sa sortie du conseil des ministres.

Or ces deux projets contenaient "le minimum requis pour gérer les affaires de l'Etat", a dit M. Khatami, laissant entendre que la tâche des réformateurs pourrait devenir impossible s'ils n'entraient pas en vigueur. En particulier, sans le texte l'autorisant à suspendre une décision de justice qu'il jugerait contraire à la Constitution, "travailler deviendrait très difficile".

Ce projet de réforme vise directement la justice, bastion des conservateurs, coupable aux yeux du président d'entraver la libéralisation en condamnant constamment les réformateurs et en ordonnant la fermeture de leurs journaux.

Le second texte, réformant la loi électorale, empêcherait le Conseil des gardiens de rejeter à nouveau massivement les candidatures réformatrices aux prochaines élections.

Depuis début avril, les deux projets, adoptés par le parlement à majorité réformatrice, ont été rejetés par le Conseil qui les a renvoyés devant les députés avec ses propositions d'amendement.

Lorsque les projets avaient été soumis aux députés, les proches de M. Khatami avaient brandi la menace de sa démission en cas de blocage.

M. Khatami n'a pas envisagé explicitement une telle éventualité mercredi. Plusieurs députés ont évoqué ces derniers jours leur propre retrait. "J'espère que nous n'en arriverons pas là", s'est contenté de commenter M. Khatami.

Le porte-parole de son gouvernement, Abdollah Ramezanzadeh, a assuré mardi soir que "la question d'une démission (de M. Khatami) ne se pose pas".

Reste à savoir quel effet produiront les paroles du président, prononcées dans une période de crispation politique, encore accrue par le surcroît de pressions américaines sur l'Iran depuis la guerre en Irak.

Ainsi 116 opposants et réformateurs iraniens ont publié mardi un brûlot dénonçant "l'instrumentalisation" des principes religieux par une partie du pouvoir et réclamant des réformes radicales sans lesquelles le régime islamique connaîtra, disent-ils, le même sort que Saddam Hussein et les talibans.

Parmi les signataires figure le dissident Hachem Aghajari, condamné à mort en novembre pour blasphème. Son sort avait cristallisé la tension en novembre. Or la justice vient de réduire en appel de huit à trois ans son emprisonnement et a remplacé la flagellation par une amende. Avant de conclure à une volonté d'apaisement, il faudra savoir si elle maintient ou non la peine capitale. Mais elle n'a pas encore statué à ce propos.

Rubrique : Monde
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Dossier : Iran

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-21 13:05:00
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Mercredi 14 mai 2003

IRAN


Le Figaro, n° 18277
Mercredi 14 mai 2003, p. 3

INTERNATIONAL

LIBAN En visite à Beyrouth, alors que Washington demande le désarmement du Hezbollah soutenu par Téhéran
Le président iranien choisit la modération avec les États-Unis

Sibylle RIZK

Sur la route de l'aéroport, des calicots célèbrent le « front de résistance syro-libano-iranien ». Les menaces américaines contre le Hezbollah, figure emblématique de cette « résistance », qualifiée de « terroriste » par Washington, n'ont pas altéré la propagande bien huilée du parti de Dieu qui a décidé de montrer sa capacité de mobilisation à l'occasion de la première visite d'un président iranien à Beyrouth depuis la révolution islamique de 1979.

Des milliers de Libanais ont accueilli lundi Mohammad Khatami en agitant les étendards jaune et vert du Hezbollah et du mouvement Amal, l'autre parti représentatif de la communauté chiite du Liban. Les deux formations rivales ont organisé hier soir un gigantesque rassemblement populaire à la Cité sportive de Beyrouth en hommage au président iranien qui a, par contraste, adopté un ton plutôt modéré envers Washington. « Nous ne voulons pas participer à une escalade dans la région », a-t-il dit, se proposant même de collaborer à la création d'une démocratie en Irak.

L'atmosphère festive et le visage serein de Khatami, toujours souriant, cachent une certaine inquiétude de Téhéran, obligée de revoir sa stratégie régionale depuis que les États-Unis ont décidé de « remodeler » le Moyen-Orient. L'Iran et la Syrie, voisines de l'Irak, doivent désormais compter avec une présence militaire américaine massive à leurs frontières. Parmi les exigences américaines, figure principalement le démantèlement du Hezbollah libanais, financé et armé par l'Iran, et allié de la Syrie.

Le parti de Dieu est né des mouvements radicaux islamistes qui ont émergé au Liban après l'invasion israélienne de 1982. Des centaines de gardiens de la Révolution iranienne se sont alors installés dans la vallée de la Békaa pour entraîner et former les membres du Hezbollah qui prenait ses instructions directement à Téhéran. Depuis la fin de la guerre du Liban, le parti chiite s'est davantage intégré à la société libanaise et s'est rapproché de la Syrie, pour des raisons de stratégie régionale. Avec la fin de l'occupation israélienne, en mai 2000, il a toutefois perdu sa légitimité de résistant, ce qui rend les exigences américaines difficiles à contrarier.

La nouvelle donne régionale et le ton conciliant du président iranien signifient-ils que Téhéran a accepté de sacrifier le Hezbollah sur l'autel du rapprochement avec Washington ? Rien ne permet pour l'instant de l'affirmer comme le font certains commentateurs libanais. D'autant que Mohammad Khatami n'est pas entièrement maître de la décision, le dossier du Hezbollah étant plutôt entre les mains des conservateurs du régime iranien et notamment du guide suprême de la révolution, l'ayatollah Ali Khamenei.

Peu a filtré des discussions entre le président Khatami et son homologue libanais, Émile Lahoud, si ce n'est le traditionnel discours officiel sur la « coopération et la coordination » entre le Liban et l'Iran. En tout état de cause, c'est à Damas, où il se rend aujourd'hui, que le président iranien abordera la question du Hezbollah avec son homologue syrien, Bachar el-Assad, qu'il rencontre pour la deuxième fois en deux mois.

Dans un communiqué de la présidence libanaise, Mohammed Khatami rejette « les menaces américaines nulles et non avenues, réitérant son appui à la résistance légitime de tous les peuples ». Ces menaces, qui « visent aussi l'Iran », ont pour objectif « de servir les intérêts de l'entité sioniste (Israël) au détriment d'autres peuples de la région », a de son côté déclaré le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, après avoir rencontré le président iranien à son hôtel. A l'issue d'entretiens avec Mohammad Khatami, le premier ministre Rafic Hariri a cependant assuré que « ni l'Iran, ni la Syrie, ni le Liban ne cherchent la confrontation » avec les États-Unis.

Entre la défense de ses intérêts et la nécessité d'éviter d'attirer les foudres américaines, la marge de manoeuvre de l'Iran est étroite. Fidèle à son image d'homme d'ouverture, Mohammad Khatami a soigneusement évité toute attaque frontale de Washington, pour qui l'Iran appartient à « l'axe du Mal », choisissant plutôt de prôner le dialogue des cultures et des civilisations dont il a posé le Liban en modèle. Le président iranien a ainsi rencontré le patriarche maronite, le cardinal Nasrallah Sfeir, et appelé à l'établissement d'un ordre mondial régi par « l'éthique et le savoir » pour mettre fin « au monde des ténèbres ».

Encadré(s) :

Khamenei refuse une normalisation avec Washington

Le Guide suprême iranien, Ali Khamenei, a rejeté toute reprise des relations avec les Etats-Unis, en affirmant que cela reviendrait à « se rendre à l'ennemi ». « Ces derniers jours, certains parlent de la nécessité de ne pas laisser passer l'opportunité » de renouer le dialogue ; « est-ce que se rendre à l'ennemi, c'est ne pas laisser passer l'opportunité ? », a demandé l'ayatollah Khamenei dans un discours, lundi soir. Le Guide répondait à une lettre de 153 députés réformateurs prônant une normalisation des relations avec le reste de la communauté internationale pour que leur pays ne subisse pas le même sort que l'Irak. Ils appelaient à transformer en « opportunité » les « menaces » pesant sur l'Iran. « Se rendre à l'ennemi n'est pas la solution, cela ne ferait que renforcer son moral, ses exigences et son aventurisme », a tranché Ali Khamenei. Les députés réformateurs se sont inquiétés d'une situation « critique », invoquant l'action conjuguée de « la menace (américaine) arrivée jusqu'à nos frontières » et de la coupure entre la population et le pouvoir. Le Guide leur a signifié qu'ils faisaient le jeu des Américains et servaient des projets militaires qu'il prête au « Grand Satan » : « Certains éléments, consciemment ou inconsciemment, aident l'ennemi et créent les conditions matérielles d'une action militaire ou semi-militaire » des Américains.

Illustration(s) :

Des milliers de Libanais ont accueilli lundi dans une ambiance festive le président iranien, Mohammad Khatami, qui affichait un visage serein malgré les incertitudes créées par la présence américaine en Irak.

(Photo Dalati Nohra/AP.)

Catégorie : Politique nationale et internationale
Sujet(s) uniforme(s) : Frontières et territoires; Politique extérieure et relations internationales
Sujet(s) - Le Figaro : POLITIQUE; RELATIONS EXTERIEURES; DIPLOMATIE; TERRORISME; RELIGION; INTEGRISME; ISLAM; HEZBOLLAH; MOHAMMAD KHATAMI; ALI KHAMENEI
Lieu(x) géographique(s) - Le Figaro : ETATS-UNIS; IRAN; LIBAN; SYRIE
Type(s) d'article : ARTICLE; PHOTO
Taille : Moyen, 688 mots

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Doc. : 20030514LF18277301


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-14 10:19:30
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Lundi 12 mai 2003

IRAN
Discussions secrètes américano-iraniennes LE CAIRE (AP) - Les Etats-Unis et l'Iran ont organisé plusieurs rencontres secrètes à Genève pour tenter de résoudre les tensions entre les deux pays, a révélé lundi un haut responsable américain qui a requis l'anonymat, confirmant des informations de presse. Selon lui, ces réunions sous l'égide des Nations unies portaient sur de nombreuses questions et notamment l'après-guerre en Irak, Washington souhaitant notamment empêcher l'Iran d'essayer d'influer sur la composition du futur gouvernement de Bagdad. Le secrétaire d'Etat américain Colin Powell a déclaré à l'issue d'un déplacement au Caire que la Maison Blanche s'opposait à l'instauration d'un régime fondamentaliste chiite, dont elle estime qu'il ne serait pas dans l'intérêt du peuple irakien. Le ministre de la Défense Donald Rumsfeld avait dit la même chose quelques semaines plus tôt. Selon le quotidien "USA Today" paru lundi, Téhéran réfléchirait à la possibilité de rétablir des relations diplomatiques avec Washington pour la première fois depuis 1979. Le son de cloche est un peu différent en Iran où l'agence IRNA cite un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Hamid Reza Asefi, selon qui ces discussions n'ont porté que sur l'Afghanistan et se sont déroulées à l'ambassade de Suisse à Téhéran et pas à Genève. AP

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-12 10:29:27
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Lundi 28 avril 2003

IRAN
Le pro-américanisme des Iraniens inquiète Téhéran LE MONDE | 24.04.03 | 13h27 • MIS A JOUR LE 25.04.03 | 11h02 La "vox populi" réclame un changement de régime "avec l'aide des marines". Téhéran de notre envoyée spéciale Les gouvernants iraniens sont inquiets : inquiets de la présence américaine à leurs portes, à l'est comme à l'ouest, inquiets de l'invasion de l'Irak "avec si peu de résistance populaire", inquiets du renversement rapide du régime de Bagdad, inquiets de la marginalisation de l'ONU, inquiets de la désillusion totale du peuple iranien qui, depuis le début de la crise irakienne, se traduit par un pro-américanisme acharné de la population... mais, surtout, inquiets de la vox populi, qui réclame "un changement de régime avec l'aide des marines américains". Cette revendication est prise assez au sérieux dans les cercles politiques pour que la reprise des relations avec l'Amérique - tabou vieux de vingt-quatre ans - soit désormais à l'ordre du jour à Téhéran. Ces relations avaient été rompues à la veille de l'établissement de la République islamique et de la prise en otage de 55 diplomates américains, en 1979. C'est Ali Akbar Hachémi Rafsandjani, ancien président iranien et homme clé du régime, qui a brisé le tabou. Dans un long entretien à un hebdomadaire iranien, publié samedi 12 avril, M. Rafsandjani a proposé l'organisation d'un référendum au sujet de la reprise des relations avec l'Amérique. Selon la revue Rahbor (Stratégie), M. Rafsandjani estime qu'une solution pour résoudre "la crise" entre l'Iran et l'Amérique serait de "tenir un référendum afin de savoir ce qu'en pense la société iranienne - à condition, aurait-il ajouté, que le Majlis (Parlement), le Guide suprême, soient d'accord, ce qui est le cas habituellement". "LIGNE ROUGE" Les réactions n'ont pas tardé. Le lendemain, le quotidien conservateur Keyhan a accusé l'ancien président d'avoir franchi "la ligne rouge". Une ligne qui a valu récemment la prison à des dirigeants d'un institut de sondage pour avoir montré que les Iraniens sont massivement en faveur d'une reprise des relations avec les Etats-Unis. Rejetant comme "irréaliste" l'idée d'un référendum sur les relations avec l'Amérique, les réformateurs proposent que la question soit examinée par les dirigeants du régime "sans qu'une seconde ne soit perdue". Pour Behzad Nabavi, une des "voix crédibles" des réformateurs, les relations avec Washington sont devenues "une affaire de sécurité nationale". Dans un rare entretien, M. Nabavi, conseiller proche du président Khatami, a déclaré au Monde que la stratégie américaine dans la région "ne s'arrête sûrement pas aux portes de Bagdad". Il existe à Washington, affirme-t-il, "un projet Iran" qui est en train d'être exécuté et qui "n'est pas nécessairement militaire". Dans son bureau du vieux palais de marbre, dans le sud de Téhéran, qui abrite le Majlis, dont il assure la vice-présidence, M. Nabavi parle de son inquiétude face aux Américains. "Evidemment, j'ai peur ! s'exclame-t-il. Qui n'aurait pas peur d'une Amérique armée jusqu'aux dents et qui a démontré en Irak son absence totale de respect pour la souveraineté des Etats ? Oui, j'ai peur. Les Américains peuvent apparemment tout faire ; peu importe l'ONU ou même l'opinion publique occidentale." "Le seul argument encore quelque peu acceptable aux yeux des intellectuels occidentaux justifiant une action hostile contre un pays, dit encore M. Nabavi, est l'instauration de la démocratie." C'est pour cela, selon lui, "que la meilleure défense de l'Iran contre les Américains serait de renforcer sa démocratie pour les priver de leurs arguments". Interrogé sur des voix appelant à "l'ingérence américaine", M. Nabavi déclare : "Il est évident que cela est de notre faute. Le fait que des gens préfèrent l'invasion étrangère à la vie en République islamique n'est que le signe de notre échec. Nous n'avons pas pu réaliser les aspirations démocratiques du peuple et il est normal qu'il soit déçu". "Si l'on admet, enchaîne-t-il, que les Irakiens se réjouissent de la fin de Saddam Hussein, on doit aussi penser à la possibilité que peut-être, ici aussi, les Iraniens feraient la fête à la fin de la République islamique." "POURQUOI PAS NOUS ?" Si les réformateurs ont été beaucoup affaiblis par la décision de l'administration Bush de mettre l'Iran sur la liste des pays de l'"axe du Mal", beaucoup pensent que la "peur de l'Amérique" peut "être une fenêtre d'opportunité face à l'aile dure du régime, qui empêche le processus démocratique". Les "durs, dit un membre du camp des réformateurs, ont très peur. Ils sont prêts à faire des concessions ; ils savent que nous avons encore beaucoup plus de crédibilité qu'eux". Mais pour un architecte iranien qui demande instamment l'anonymat, "il n'y a désormais plus aucune différence entre réformateurs et conservateurs". Exaspéré par la "corruption profonde" du régime, il veut sa fin. "C'est simple, nous dit-il, nous ne voulons plus de la République islamique. Il aura fallu presque un quart de siècle pour que nous nous rendions compte que la révolution s'est soldée par un échec." Il demande, comme beaucoup, "l'aide américaine pour un changement de régime". L'argument rencontre un large écho. "Les Afghans et les Irakiens ont bien été débarrassés de dictatures, dit un cinéaste. Pourquoi pas nous ?" S'il arrive à l'homme de la rue d'évoquer l'arrivée des marines, les intellectuels ne prévoient pas une ingérence militaire, mais "une ingérence plutôt politique". Même "ras-le-bol" chez les étudiants. Le mouvement des étudiants s'est retiré des organisations réformatrices. Un de ses membres, sous couvert de l'anonymat, avertit les Américains de "ne pas serrer la main du régime". Celui-ci ne veut parler de la reprise des relations que "parce qu'il a peur des Américains. L'anti-américanisme, ajoute cet étudiant, est le fonds de commerce du régime". Le président de la commission des affaires étrangères du Majlis, Mohsen Mirdamadi, ne croit pas aux menaces militaires américaines. "Un processus démocratique a été enclenché en Iran, dit-il. Un processus soutenu, peut-être plus par l'opinion publique mondiale que par l'opinion en Iran, mais qui empêchera toute ingérence militaire américaine dans notre pays. Il sera notre meilleure défense contre l'Amérique." Ce qui, en revanche, l'inquiète est la "déception évidente" des Iraniens face aux réformateurs. La non-participation aux élections législatives de février - à Téhéran, seulement 12 % des électeurs ont voté - a été vécue par beaucoup, à Téhéran, comme "la fin de la période de grâce des réformateurs". Afsané Bassir Pour -------------------------------------------------------------------------------- Washington met en garde l'Iran Les Etats-Unis n'accepteront "aucune interférence extérieure" dans l'établissement d'un gouvernement démocratique en Irak, a prévenu Ari Fleischer, porte-parole de la Maison Blanche, mercredi 23 avril. Washington réagissait aux informations publiées par le New York Times qui affirme que Téhéran aurait envoyé des agents auprès des chiites irakiens, sous couvert de pèlerinage à Kerbala, dans le but de promouvoir des leaders chiites pro-iraniens et favoriser l'installation d'un gouvernement islamique en Irak. Le quotidien, qui cite des responsables anonymes de l'administration américaine, précise que ces agents font partie de la brigade Al-Badr (chiites irakiens armés installés en Iran). M. Fleischer, qui a refusé de confirmer ces informations, a fait part de la "préoccupation" de Washington à ce sujet et indiqué que l'administration américaine en avait informé les autorités iraniennes. -------------------------------------------------------------------------------- Manifestation à Kerbala, en Irak L'Irak n'a pas besoin du général américain Jay Garner à la tête de son administration provisoire, a affirmé, mercredi 23 avril, un responsable du principal groupe d'opposition chiite irakienne. "Nous ne pensons pas que la présence de Garner soit nécessaire", a déclaré Abdel Aziz Hakim, numéro deux du Conseil suprême de la révolution islamique en Irak (CSRII), à Kerbala, la ville sainte chiite, située au sud de Bagdad. Le pèlerinage à Kerbala, accompli sans incident par des centaines de milliers de chiites, "prouve que les Irakiens sont capables de gérer leurs propres affaires", a-t-il dit. Une nouvelle manifestation, à Kerbala, mercredi, a rassemblé 3 000 personnes au cri de "Non à un gouvernement américain, non à (Ahmed) Chalabi", chef du Congrès national irakien (CNI) parrainé par Washington. Une pancarte disait, en anglais, "Non à tous les Chalabi !". - (AFP.) • ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 25.04.03

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-04-28 11:37:51
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Samedi 26 avril 2003

IRAN
IRAK George W. Bush et Donald Rumsfeld ont dénoncé vendredi toute ingérence de Téhéran dans les affaires irakiennes George W. Bush et Donald Rumsfeld ont dénoncé vendredi toute ingérence de Téhéran dans les affaires irakiennes. (Photo AFP) Les Etats-Unis lancent un avertissement à l'Iran [26 avril 2003] Washington espère qu'il n'y aura aucune ingérence de Téhéran en Irak. «Nous espérons que l'Iran permettra à l'Irak de se développer en une société stable et en paix», a déclaré jeudi le président américain dans une interview à la chaîne de télévision NBC. Interrogé sur une éventuelle action militaire américaine contre l'Iran en cas de refus de sa part à se conformer à cette demande, George W. Bush a répondu par la négative. «Nous attendons juste d'eux qu'ils coopèrent et nous travaillerons avec le reste du monde pour les encourager» dans ce sens, a-t-il dit. Les Etats-Unis ne permettront pas l'instauration d'un régime pro-iranien en Irak. La mise en garde a également été lancée, vendredi, par le secrétaire américain à la Défense, Donald Rumsfeld qui a déclaré qu'«une minorité faisant beaucoup de bruit, clamant de transformer l'Irak à l'image de l'Iran, ne sera pas admise» à la tête de l'Etat. Bush : la présence militaire américaine en Irak pourrait durer deux ans. «La mission n'est pas achevée. Il y a toujours des dangers et des défis», a déclaré le président américain jeudi lors d'un discours à Lima (Ohio). Dans une interview à la chaîne NBC, le chef de la Maison-Blanche a estimé que la présence militaire étrangère en Irak pourrait durer deux ans. L'essentiel, «c'est que les bases pour la démocratie sont désormais en train de se mettre en place», a-t-il ajouté. Par ailleurs, Saddam Hussein pourrait avoir été tué dans les premiers raids sur Bagdad, selon George W. Bush. «Nous sommes en train d'essayer de vérifier cela avant toute déclaration», a-t-il conclu. Colin Powell appelle la Syrie à coopérer avec Washington. «J'attends du côté syrien une coopération. Je me rends en Syrie pour discuter de toutes les questions concernant le soutien au terrorisme et les frontières avec l'Irak», a déclaré le secrétaire d'État américain dans une interview publiée vendredi par le journal arabe Al-Hayat. «Nous ne voulons pas que la Syrie soit un refuge pour les dirigeants en fuite du régime de Saddam Hussein (...) mais je ne vois aucune raison pour lancer un avertissement» à Damas, a-t-il ajouté. Discret dîner franco-germano-britannique pour reprendre le dialogue sur l'Irak. Les ministres des Affaires étrangères français, allemand et britannique et le haut représentant de l'UE pour la politique étrangère Javier Solana ont discrètement dîné ensemble jeudi soir à Bruxelles, marquant ainsi leur désir de réconciliation après les déchirements de la crise irakienne. Les quatre hommes se sont livrés à un «tour d'horizon de la situation internationale» en abordant en priorité le dossier irakien et la situation au Proche-Orient, a-t-on indiqué de sources diplomatiques. La commission des droits de l'homme adopte une résolution sur l'Irak. Les 53 Etats membres de la commission des droits de l'homme de l'ONU ont adopté vendredi une résolution sur l'Irak qui prolonge d'un an le mandat d'un rapporteur de l'ONU chargé de surveiller la situation des droits de l'homme dans le pays. La résolution, parrainée par les États-Unis et l'Union européenne, demande à la communauté internationale «de faire face d'urgence aux énormes besoins humanitaires de la population irakienne».

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-04-26 13:30:09
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Mercredi 2 avril 2003

IRAN


AFP Général
International, mercredi 2 avril 2003

Les conservateurs rejettent un projet de loi crucial de Khatami (PAPIER GENERAL)

Laurent LOZANO

TEHERAN (AFP) - Les conservateurs iraniens ont dénié à Mohammad Khatami le droit de contester leurs pouvoirs, en invoquant la Constitution et la charia pour rejeter un des deux projets de loi sur lesquels le président réformateur fonde ses ultimes espoirs de changement.

Le Conseil de surveillance, gardien de la loi fondamentale et de la loi coranique, a rejeté mardi soir, comme prévu, un texte modifiant la loi électorale et restreignant le champ d'intervention de ce même Conseil de surveillance sur les candidatures aux élections, a rapporté l'agence officielle Irna mercredi.

Le Conseil, organe institutionnel fondamental aux mains des conservateurs, a signifié aux réformateurs qu'il n'entendait pas lâcher une bribe de ses pouvoirs en disant qu'il "doit être la seule autorité à juger de la régularité des élections".

Par ailleurs, le projet de loi déposé en septembre par le président Khatami et approuvé depuis par le parlement réformateur contenait 39 contradictions à la Constitution et sept aux principes de l'islam, a-t-il déclaré.

Ce projet ainsi qu'un autre visant la justice, autre bastion des conservateurs, ont été présentés jusque chez les partisans de M. Khatami comme le va-tout du président dans l'âpre partie qui l'oppose aux conservateurs.

Pour les réformateurs, le Conseil de surveillance est un des instruments essentiels de l'obstruction des conservateurs au changement depuis la première élection triomphale de M. Khatami en 1997. Le Conseil fait en effet un usage massif, et totalement arbitraire selon les réformateurs, de son droit de censure des candidatures. Et les conservateurs ont d'ores et déjà assuré que les candidats réformateurs aux législatives de 2004 devraient passer à nouveau sous les fourches caudines du Conseil.

Aussi le refus d'une remise en cause de ses prérogatives, "insulte au sang des martyrs" selon les conservateurs, était-il tout sauf inattendu.

Le Conseil a déclaré qu'il était seul habilité à juger de la légalité des consultations électorales, mais aussi qu'il était, pour les candidats désavoués, l'instance de recours contre ses propres décisions. Il a insisté sur son "droit d'approbation" (et donc de désapprobation) des candidats et sur le fait qu'il pouvait l'exercer à tout moment, même pour annuler une élection.

Selon le Conseil, le projet Khatami transgresse la charia parce qu'il stipule seulement qu'un candidat doit être musulman et non plus qu'il doit "prouver" qu'il est pratiquant musulman et qu'il est loyal à la République islamique.

Le Conseil de surveillance refuse aussi que disparaisse de la loi électorale l'interdiction de concourir faite aux partisans des partis interdits ou à ceux qui ont été liés au régime monarchique.

Le texte doit à présent revenir pour amendement devant le Parlement. Celui-ci décidera de prendre en compte ou non les objections du Conseil. Si les désaccords persistent, le projet se retrouvera devant le Conseil de discernement, autre organe aux mains des conservateurs.

Le Conseil de discernement, dirigé par l'ancien président Ali Akbar Hachemi Rafsandjani, a récemment arbitré en défaveur des députés un litige entre le Parlement et le Conseil de surveillance sur le budget de ce dernier.

La confrontation faciale annoncée depuis des mois semblait alors arrivée lorsque les députés ont annoncé qu'ils bloqueraient le travail du Parlement. Le lendemain cependant, un compromis était trouvé.

L'accueil fait à la décision du Conseil de surveillance est cependant d'autant plus attendu que les réformateurs ont essuyé une cuisante défaite aux municipales du 28 février et qu'une réaction semble s'imposer avant les législatives.

Le rejet du projet Khatami a été annoncé mercredi dans le climat de torpeur politique suscité par les fêtes de la nouvelle année iranienne et la guerre en Irak. Le Parlement ne devrait pas siéger avant plusieurs jours.

lal/sba

Catégorie : Politique nationale et internationale
Sujet(s) uniforme(s) : Lois et règlements
Sujet(s) - AFP Général : Iran; politique; Khatami; Irak
Heure de publication : 12:16 GMT
Taille : Moyen, 455 mots

© 2003 AFP. Tous droits réservés.

Doc. : 20030402AF0FRS635_092_141656


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-04-02 11:29:11
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Dimanche 16 mars 2003

IRAN
Les USA projettent une "guerre informatique" contre l'Iran (responsable)

TEHERAN, 15 mars (AFP) - Un haut responsable iranien a accusé les Etats-Unis de vouloir lancer contre son pays une "guerre informatique" destinée à saper l'unité nationale, après en avoir fini avec le régime en Irak.

"Le gouvernement américain projette une guerre informatique contre l'Iran après l'Irak. Il s'agirait d'anéantir la foi des gens, de modifier leur comportement, d'attenter à notre unité nationale et d'oblitérer l'identité nationale et religieuse de notre peuple", affirme Hassan Rohani, secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale, cité samedi par la presse.

Les dirigeants iraniens accusent régulièrement les Américains d'utiliser internet et la télévision pour déstabiliser le régime islamique.

"Les Américains se trompent lourdement car, au cas où ils l'emporteraient en Irak, l'Iran se dressera, invincible, contre eux", a ajouté l'hodjatoleslam Rohani selon lequel Washington "se fait des illusions en choisissant l'Iran pour prochaine cible".

La crainte d'un encerclement par l'influence américaine est un sujet de préoccupation majeure de l'Iran avant une possible attaque contre l'Irak.

Le président américain George W. Bush a renouvelé jeudi les sanctions imposées en 1995 et empêchant les ressortissants américains de se livrer à des transactions pétrolières avec l'Iran.

Le décret américain cite à nouveau les menaces qui ont valu à l'Iran de se retrouver sur "l'axe du mal" avec l'Irak et la Corée du nord: "le soutien au terrorisme international, les efforts pour saper le processus de paix au Proche-Orient et l'acquisition d'armes de destruction massive ainsi que des moyens de les utiliser".


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-03-16 12:16:15
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Dimanche 16 février 2003

TEHERAN
Téhéran dit avoir arrêté 500 membres d'Al-Qaïda


[dimanche 16 février 2003 - 15h38 heure de Paris]

© AFP
Le ministre iranien des Affaires étrangères Kamal Kharazi, le 9 décembre 2002 à Beyrouth
© AFP/Archives Ramzi Haidar
TEHERAN (AFP) - Téhéran s'est défendu dimanche contre les accusations de la CIA en affirmant avoir arrêté plus de 500 membres d'Al-Qaïda sur son territoire et ne posséder aucune arme de destruction massive.

L'Iran a "peut être arrêté plus de 500 membres d'Al-Qaïda" depuis septembre 2001 et les a tous expulsés vers leur pays d'origine, a indiqué lors d'une conférence de presse le ministre iranien des Affaires étrangères Kamal Kharazi.

"Nous sommes parfaitement transparents et nous ne possédons aucune arme de destruction massive dans la mesure où elle ne nous assurerait aucune sécurité, c'est la raison pour laquelle nous voulons qu'il n'y ait aucune arme de destruction massive au Proche-Orient", a-t-il aussi assuré une semaine après que l'Iran eut annoncé qu'il produirait son propre combustible nucléaire pour ses centrales civiles.

Cette annonce a conforté la suspicion américaine à l'encontre de l'Iran.

Le directeur de la Centrale de renseignement américaine (CIA) George Tenet a encore accusé l'Iran le 11 février de poursuivre un programme nucléaire militaire, s'inquiétant qu'à terme les Etats-Unis puissent se trouver sous la menace de missiles intercontinentaux iraniens. Il a aussi fait état de la présence du réseau terroriste Al-Qaïda en Iran.

L'Iran ne sera "jamais un sanctuaire pour les membres d'Al-Qaïda", a répliqué M. Kharazi dimanche. "La politique actuelle de l'Iran vis-à-vis des gens soupçonnés de relation avec Al-Qaïda est de les arrêter et de les expulser vers leur pays d'origine", a-t-il ajouté.

Signe de la détermination proclamée par l'Iran à lutter contre le réseau terroriste, le chiffre des arrestations est passé à 500 alors que les autorités avançaient jusqu'alors celui de 250.

M. Kharazi a aussi qualifié de "sans fondement" des informations de la presse saoudienne selon lesquelles un fils d'Oussama ben Laden, Saad, auquel son père aurait confié le commandement d'Al-Qaïda selon ses propres dires, avait été repéré en Iran.

Il a de nouveau réclamé des Etats-Unis des "preuves" de ce qu'ils avancent.

Il a réaffirmé la vocation "pacifique" des activités nucléaires de l'Iran, toutes "sous la surveillance directe de l'Agence internationale de l'énergie atomique" (AIEA).

Une visite du directeur général de l'AIEA Mohamed ElBaradei est prévue les 22 et 23 février en Iran où il doit se rendre sur les sites d'Arak et Natanz, soupçonnés par les Etats-Unis de servir à un programme nucléaire militaire.

Evoquant la crise irakienne, il a affirmé que "le monde entier (devait) s'opposer à l'unilatéralisme américain", tout en précisant: "cela ne signifie pas que nous soutenions le régime de Saddam".

Il a invoqué la mobilisation de millions de personnes samedi dans le monde pour dire que, "si les Etats-Unis sont de vrais défenseurs de la démocratie, ils devraient écouter les voix qui s'élèvent contre la guerre".

"Nous espérons avoir un sommet extraordinaire de l'Organisation de la conférence islamique en mars pour former un front uni contre l'escalade de la crise", a-t-il dit.



ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-02-16 12:03:48
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INTERNATIONAL par ERIC JL BRETON - IRAN