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Dimanche 11 mai 2003

COTE D'IVOIRE

Couvre-feu levé en Côte d'Ivoire

 

 
 

ABIDJAN (AFP) - Le gouvernement ivoirien a levé samedi, par décret, le couvre-feu entré en vigueur en Côte d'Ivoire après l'insurrection du 19 septembre 2002, a annoncé la télévision d'Etat à Abidjan.

Ce couvre-feu s'appliquait de 00h00 à 06h00 (locale et GMT) sur l'ensemble du territoire depuis le 21 mars. Auparavant, à Abidjan et dans les zones sous contrôle gouvernemental, le couvre-feu s'appliquait de 22h00 à 06h00, à l'exception de certaines "zones de guerre", dans l'ouest du pays notamment, où il pouvait commencer dès 18h00 pour s'achever à 08h00, selon les cas.

Ce couvre-feu, qui avait pendant plusieurs semaines débuté à Abidjan dès 19h00, avait fortement perturbé la vie quotidienne et les activités économiques, notamment les transports publics et les activités du port d'Abidjan, un des plus importants d'Afrique de l'ouest.

Par ailleurs, un convoi ferroviaire, qui a quitté Abidjan samedi matin pour tester la ligne de chemin de fer reliant la Côte d'Ivoire au Burkina Faso, est arrivé à 18h40 (locale et GMT) à Bouaké, le quartier général de la rébellion, a constaté l'AFP. La ligne ferroviaire est interrompue depuis le début de la crise ivoirienne, le 19 septembre 2002.

Ce convoi technique, chargé de tester la voie ferrée sur la partie ivoirienne du trajet, est composé de trois locomotives desolidarisées, d'un plateau roulant où se tiennent des légionnaires français, et d'un wagon de marchandises où ont également pris place des soldats français et de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'ouest (CEDEAO). Le train avait quitté la localité de Yapo, près d'Abidjan, à 09h30 samedi matin et le voyage s'est bien passé, selon certains des 52 passagers interrogés à leur arrivée à Bouaké où le train a été accueilli par une délégation rebelle.

Parmi les passagers, outre les techniciens de la Société internationale de transport africain par rail (Sitarail) qui gère les 1.150 km de rails entre Abidjan et Ouagadougou, se trouvaient 15 soldats français de l'Opération Licorne, 11 de la force de paix de la CEDEAO, trois représentants des Forces armées nationales de Côte d'Ivoire (FANCI, loyaalistes) et trois représentants de la rébellion. Le train Abidjan-Ouagadougou, qui circulait quotidiennement avant la crise, représentait le principal débouché pour certains pays enclavés comme le Niger, le Mali et le Burkina Faso, mais également le moyen de transport le moins coûteux pour les industriels ivoiriens exportant vers l'hinterland.

Rubrique : Monde
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Dossier : Côte d'Ivoire

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-11 11:28:18
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Vendredi 2 mai 2003

COTE D'IVOIRE
Semaine du jeudi 1 mai 2003 - n°2008 - Monde

Côte d’Ivoire

Ce danger qui vient de l’Ouest


La situation en Côte d’Ivoire est loin d’être revenue à la normale, sept mois après le début de l’insurrection qui a abouti de fait à une partition du pays. Ni guerre ni paix, dans l’ancienne vitrine de la France en Afrique de l’Ouest règne une atmosphère étrange qui voit en même temps des affrontements se poursuivre dans l’ouest du pays et les représentants du pouvoir présidentiel de Laurent Gbagbo s’asseoir aux côtés des leaders de la rébellion au sein du même gouvernement de réconciliation nationale. Une situation quasi schizophrénique qu’au ministère français des Affaires étrangères on résume ainsi: «Dans la foulée des accords signés à Marcoussis en janvier, la situation se normalise. Lentement au regard des normes occidentales, mais tout à fait normalement au regard des normes africaines.» Au Quai-d’Orsay, on compare la situation ivoirienne, sept mois après le début de la crise, avec celle qui prévaut dans le dialogue inter-congolais cinq ans après le début des affrontements armés en République démocratique du Congo. Une façon de remarquer que la médiation française dans la crise ivoirienne n’a pas si bien réussi. Pour le moment.
Aspect positif de cette situation contrastée: la mise en place du gouvernement de réconciliation décidée à Marcoussis est désormais effective. Jeudi dernier, à Abidjan, les ministres rebelles se sont assis aux côtés de Laurent Gbagbo pour le deuxième conseil des ministres tenu dans la capitale économique. Laurent Gbagbo a finalement accepté de transférer, comme les accords de Marcoussis le stipulaient, une partie significative de ses pouvoirs au Premier ministre, Seydou Diarra. Certes, il a émis une réserve en ne confiant ces pouvoirs que pour six mois, renouvelables, mais la France ne veut voir dans cette réserve qu’une façon de «sauver la face» devant ses supporters les plus acharnés, les «jeunes patriotes».
Il reste encore à désigner les ministres de la Défense et de l’Intérieur, postes que réclament les rebelles. Ce sera là certainement encore un point de friction que pourraient attiser les partisans de la solution militaire, dans les deux camps.
L’aspect inquiétant, c’est la rapide dégradation de la situation dans l’Ouest où les combattants libériens semblent avoir échappé au contrôle de ceux qui les avaient appelés à leurs côtés: les rebelles dans un premier temps, l’armée loyaliste de Gbagbo ensuite. Les populations civiles fuient, terrorisées, les villes de l’Ouest que se disputent les factions libériennes rivales ayant exporté en Côte d’Ivoire leurs massacres, vols et viols.
Une des premières tâches du gouvernement de réconciliation sera donc de ramener la paix dans cette région. Une opération qui pourrait être rapidement menée de façon conjointe entre armée loyaliste, rebelles, militaires français et soldats de la Miceci, la force d’interposition ouest-africaine. Mais il y a urgence: les jusqu’au-boutistes de tout bord pourraient profiter des désordres de l’Ouest pour embraser de nouveau tout le pays.
Robert Marmoz


Robert Marmoz

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-02 11:16:02
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Vendredi 21 mars 2003

HUMANITAIRES

Assassinats

d'humanitaires



jeudi 20 mars 2003


 
 
 

 

uatre volontaires de la Croix-Rouge de Côte-d'Ivoire, portés disparus depuis janvier à Toulepleu (ouest), ont été retrouvés morts, a annoncé, hier, le Comité international de la Croix-Rouge, à Genève. Selon les premiers témoignages recueillis, les quatre employés locaux auraient été enlevés dans l'exercice de leurs fonctions par des éléments armés. Le CICR, qui s'est dit «profondément choqué par la mort de ces quatre volontaires», a demandé que «la lumière soit faite dans les meilleurs délais sur les circonstances de ce drame afin que toutes les garanties de sécurité soient rétablies et permettent ainsi au personnel de la Croix-Rouge de répondre de nouveau aux besoins urgents de la population vivant dans la région».


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-03-21 12:52:22
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Mardi 11 mars 2003

COTE D'IVOIRE
Seydou Diarra doit former
son gouvernement sous 48h
Un "Conseil national de sécurité" se tenait mardi soir à Yamoussoukro, la capitale administrative de Côte d'Ivoire.

 
Seydou Diarra (AP)
 
Un "Conseil national de sécurité" ivoirien, dont la création a été décidée samedi à Accra et qui doit désigner les deux personnalités qui dirigeront les départements de l'Intérieur et de la Défense, a débuté mardi vers 16h50 locales (17h50 à Paris) à Yamoussoukro, la capitale administrative, en présence du président Laurent Gbagbo assis à la même table que les représentants de la rébellion.
"Le président de la République a décidé que le nouveau gouvernement sera annoncé jeudi à Yamoussoukro", capitale administrative du pays, avait déclaré à la presse le nouveau Premier ministre Seydou Diarra lundi après que Laurent Gbagbo lui eût délégué de larges pouvoirs, pour six mois renouvelables.
Seydou Diarra doit former son gouvernement de réconciliation nationale le 13 mars, selon un décret présidentiel.
Les différents portefeuilles du gouvernement de réconciliation ivoirien ont été répartis samedi à l'issue d'une table ronde à Accra entre les rebelles et les sept grandes forces politiques du pays.
Le Front populaire ivoirien (FPI, au pouvoir), dont Affi N'Guessan est le président, "aura 10 ministères dans le nouveau gouvernement".
Les trois mouvements rebelles obtiennent au total neuf portefeuilles, dont deux ministères d'Etat (Communication et Administration territoriale) pour le Mouvement patriotique de Côte d'Ivoire (MPCI, principale et plus ancienne rébellion), tandis que le principal parti d'opposition, le Rassemblement des Républicains (RDR) d'Alassane Ouattara, et le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI, ancien parti unique) auront chacun sept départements.

Délégation

Dans le décret signé par le président lundi soir en vertu de l'article 53 de la Constitution, Laurent Gbagbo a délégué certains de ses pouvoirs au Premier ministre dans 16 domaines bien précis et "pour une durée de six mois renouvelable".
Parmi les domaines de compétence concernés figurent notamment le désarmement des forces rebelles, le rétablissement de l'intégrité territoriale et de l'autorité de l'Etat sur l'ensemble du territoire, la refondation et la restructuration des forces de défense et de sécurité, l'élaboration d'un projet de loi spéciale de naturalisation, la préparation des échéances électorales et l'élaboration des propositions de réforme électorale ainsi que le projet d'amendement de la loi sur le foncier rural.
Seydou Diarra se voit également confier la responsabilité de renforcer le contrôle sur la "neutralité et l'indépendance" des médias, de promouvoir les droits de l'homme et de "lutter contre l'impunité".
Il aura également en charge "les mesures de redressement économiques et la recherche du concours de la communauté internationale au processus de redressement économique".
Le nouveau Premier ministre devra par ailleurs s'occuper de la libération des prisonniers de guerre, ainsi que préparer l'amnistie des militaires détenus pour atteinte à la sûreté de l'Etat.


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-03-11 12:30:26
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Mercredi 26 février 2003

AMNESTY
COTE D'IVOIRE

Exactions : Amnesty
accuse les rebelles

Selon l'association, des "éléments armés" du MPCI ont abattu le 6 octobre plus de 60 gendarmes et plus de 50 de leurs enfants. Le MPCI surpris.

 
Un groupe de rebelles près d'une carcasse d'un tank de l'armée nationale ivoirienne (AP)
 
Dans un rapport détaillé dévoilé mercredi, Amnesty International affirme qu'une soixantaine de gendarmes invoiriens et une cinquantaine de leurs enfants ont été abattus le 6 octobre par des rebelles du Mouvement Patriotique de Côte d'Ivoire (MPCI).
L'organisation de défense des droits de l'Homme écrit dans son texte intitulé "Côte d'Ivoire, une suite de crimes impunis" que toutes ces personnes ont été conduites de leur caserne où flottait pourtant un drapeau blanc jusqu'à un camp militaire où elles ont été froidement abattues par des "éléments armés du MPCI".

Le MPCI surpris

"Pour leur part, les autorités du MPCI ont reconnu que des gendarmes avaient été tués au début du mois d'octobre 2002, tout en affirmant que ces gendarmes étaient morts lors de combats" entre forces gouvernementales et rebelles, selon Amnesty. Le mouvement rebelle lui a fait part le 10 février de sa "surprise sur de nombreux points du rapport".
Le porte-parole du mouvement rebelle ivoirien MPCI, Sidi Konaté, s'est de son côté déclaré, mercredi, "complètement surpris" par le rapport d'Amnesty. "Je suis complètement surpris. Si Amnesty l'a dit, je pense qu'ils auront l'occasion de nous apporter des preuves", a-t-il affirmé à RTL. "L'heure n'est pas à la polémique, s'il y a des clarifications à faire nous allons le faire en toute responsabilité", a-t-il ajouté.

Effacer les traces

Ce sont des "témoignages directs" - recueillis par des délégués de l'organisation "auprès de quelques-uns des survivants au cours d'une mission d'enquête menée dans la zone tenue par le MPCI en décembre 2002" - qui ont permis à Amnesty d'établir les circonstances de ce massacre.
"Les gendarmes arrêtés le 6 octobre 2002 à l'état-major de la 3è légion de gendarmerie de Bouaké n'ont pas été tués lors de combats. La plupart d'entre eux ont été abattus de sang froid par des éléments armés du MPCI alors qu'ils étaient détenus avec une cinquantaine de leurs enfants et quelques civils dans la prison du camp militaire du 3è bataillon d'infanterie de Bouaké", affirme Amnesty qui publie en annexe une liste de noms "non exhaustive des victimes du massacre de Bouaké".
Dans son rapport, l'organisation indique que certains des survivants "ont été contraints de transporter les cadavres et de les enterrer dans des fosses collectives" et ont dû par la suite "laver les traces de sang qui maculaient les murs". "Cependant toute trace de ce massacre n'a pas été effacée puisque la délégation d'Amnesty International a pu voir de nombreux impacts de balles qui ont littéralement troué des pans de murs de la prison".

Rapport onusien

Dans un autre rapport réalisé par l'ONU après une enquête du 23 au 29 décembre 2002, il est écrit que "la mission a appris de sources qui semblaient fiables que des douzaines de gendarmes avaient été exécutés à Bouaké au début du conflit".
Le 6 octobre, Bouaké, la deuxième ville du pays aux mains du MPCI depuis le début du soulèvement militaire du 19 septembre contre le régime du président Laurent Gbagbo, avait été le théatre d'une contre-offensive des forces régulières ivoiriennes qui avaient réussi à y pénétrer brièvement.


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-02-26 13:04:01
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Mercredi 5 février 2003

COTE D'IVOIRE
Abidjan (Côte d'Ivoire) DE L'UN DE NOS ENVOYES SPECIAUX



Côte d'Ivoire Le drôle de jeu des Américains


ALORS que les Ivoiriens sont suspendus aux lèvres de leur président Laurent Gbagbo, qui pourrait parler aujourd'hui au soir d'une nouvelle marche, organisée cette fois par les syndicats, les Américains, absents de la scène depuis plusieurs semaines, viennent de faire leur entrée en deux temps. Pour commencer, vendredi dernier, ils demandent à Gbagbo d'appliquer sans retard les accords de Marcoussis. Enfin, avant-hier, par la voix d'Ari Fleisher, porte-parole de la Maison-Blanche, ils atténuent leur recommandation en espérant « de la souplesse dans l'application des accords ». Mais applaudissent.... « les efforts du président Chirac pour amener toutes les parties à une solution pacifique ». Les Etats-Unis, qui sont obnubilés par leur guerre contre l'Irak, ne sont donc pas totalement indifférents à la Côte d'Ivoire. Il est vrai que ce pays, avec le Nigeria, est l'un des plus riches d'Afrique de l'Ouest, et qu'il accueille quelques multinationales américaines (ADM, Cargill, Vanco...) implantées dans l'exploitation du cacao, du pétrole ou du gaz. Un petit goût de revanche. Au lendemain du coup d'Etat manqué, le 19 septembre dernier, le dossier ivoirien avait été examiné avec des yeux ronds par la diplomatie américaine, qui, en règle générale, ne s'intéresse qu'aux pays africains soupçonnés d'héberger des... réseaux Al-Qaïda. Résultat : la crise avait été confiée à un obscur fonctionnaire. Mais, aujourd'hui, c'est différent. D'autant plus différent que la France veut contrecarrer les desseins américains en Irak et paraît empêtrée dans l'affaire ivoirienne. Officiellement, le discours de Washington ne change pas : « On veut la paix en Côte d'Ivoire, on est là pour aider les Français. » En coulisse, la vérité est tout autre : les Américains, avec une certaine délectation, ne font pas grand-chose pour aider leur allié à sortir de ce bourbier. Histoire de rendre à Paris la monnaie de sa pièce. Un attentisme payant. Même s'ils ont des troupes au Ghana voisin, les Etats-Unis n'ont pas l'intention d'intervenir sur le plan militaire. En revanche, ils disposent de moyens de pression très sûrs par l'intermédaire de pays amis comme le Ghana ou le Nigeria. Ces deux Etats anglophones, qui, au début de la crise, avaient proposé à Gbagbo leur aide, redoublent depuis quelques jours d'activité. Cela ne veut pas dire, pour autant, qu'ils recherchent une solution rapide. Car le temps joue pour les Américains. Ces derniers, en ne disant rien ou presque, profitent, en effet, du dépit anti-français qui gagne la population ivoirienne. Samedi, les manifestants ont crié « USA... USA » et ont conspué Chirac et Villepin. Les inquiétudes de Bush. D'abord économique, la Côte d'Ivoire est un pays riche. Et il y a du pétrole dans le golf de Guinée. La valse-hésitation de la France, qui, après avoir insisté sur la « légitimité du régime ivoirien », a fini par concéder aux rebelles la Défense et l'Intérieur, inquiète les Américains. Ils redoutent une redistribution des cartes en leur défaveur. Ensuite politiques, les récentes collusions du Liberia et du Burkina Faso avec des émissaires d'Al-Qaïda, dénoncées récemment par les services occidentaux, les confortent dans la menace terroriste. Car le Liberia et le Burkina Faso sont justement les deux pays que le gouvernement d'Abidjan accuse d'avoir encouragé la rébellion. Le Conseil de sécurité de l'ONU a approuvé hier le déploiement en Côte d'Ivoire de forces militaires appartenant à la France et à la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), les autorisant à recourir à la force. Il les « autorise » à « assurer, sans préjudice des responsabilités du gouvernement de réconciliation nationale, la protection des civils immédiatement menacés de violences physiques à l'intérieur de leurs zones d'opérations et en fonction de leurs moyens ».

Philippe Duval


Le Parisien, mercredi 05 février 2003

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-02-05 12:49:58
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Mercredi 5 février 2003

COTE D'IVOIRE
COTE D'IVOIRE

Gbagbo et les escadrons
de la mort

Selon les Nations unies, les partisans du président ivoirien sont impliqués dans les exactions commises fin décembre par les escadrons de la mort.

 
Laurent Gbagbo (AP)
 
Un rapport de la mission des Nations unies en Côte d'Ivoire fin décembre met en cause les partisans du président Laurent Gbagbo dans des violences, et notamment dans les exactions commises par des "escadrons de la mort".
Le chef de la diplomatie française Dominique de Villepin pourrait évoquer ce document mercredi avec le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan, en marge du débat sur l'Irak au Conseil de sécurité, selon La Croix dans son édition du jour.
"Les escadrons de la mort en Côte d'Ivoire seraient constitués d'éléments proches du gouvernement, de la garde présidentielle et d'une milice tribale de l'ethnie -bété- du président Laurent Gabgbo", écrivent les enquêteurs qui se sont rendus sur place du 23 au 29 décembre avant d'envoyer leurs conclusions au Conseil de sécurité de l'ONU il y a une semaine.

Escadrons

Les enquêteurs écrivent que "des noms ont été communiqués" en ce qui concerne les escadrons de la mort opérant à Abidjan qui, avec "des milices constituées d'éléments autonomes, sèment la terreur et procèdent à des exécutions et des enlèvement de personnes".
En outre, poursuivent les auteurs, "selon diverses sources d'information, de nombreuses exécutions seraient également commises dans la forêt du Banco à Abidjan, (où) des corps de personnes exécutées ont été retrouvées. Cette forêt serait à présent sous la surveillance de l'armée nationale. Les escadrons de la mort bien organisées disposeraient de listes de personnes à exécuter. Ces affirmations ont été confirmées par plusieurs témoins"

Une nouvelle "liste noire"

Selon La Croix, une nouvelle "liste noire" circulait à Abidjan lundi, comportant notamment "les noms de l'épouse et des enfants du Premier ministre du gouvernement de réconciliation nationale, Seydou Diarra".
Toujours d'après le quotidien, "des informations connues des plus hautes autorités françaises mettent en accusation le 'premier cercle' " de Laurent Gbagbo: "en premier lieu, le capitaine Seka Yapo, un gendarme qui fait partie de la garde de Simone Gbagbo", l'épouse du président; "l'un des responsables de la sécurité personnelle" du chef de l'Etat, Patrice Bahi, serait "spécialement chargé, selon de nombreux témoignages, de l'élimination des personnes moins connues et des civils gênants".
Quant aux rebelles du Mouvement patriotique de Côte d'Ivoire (MPCI, qui contrôle le nord), il auraient creusé plusieurs fosses communes dans leur fief de Bouaké (centre) mais, "depuis l'arrivée des troupes françaises (le 23 septembre), on ne dénote plus d'exactions".

Traitement orienté de l'information

De son côté, Toussaint Alain, conseiller de Laurent Gbagbo, a accusé mercredi le quotidien La Croix d'avoir diffusé des informations "tronquées".
Le conseiller du président souligne dans un communiqué que ce document est déjà tombé dans le domaine public et qu'il est disponible sur internet. Il ajoute ensuite que La Croix s'est fondé sur "un document tronqué, et donc sorti de son contexte".
Dans son édition daté de mercredi, le journal citait les conclusions du rapport – qu'il qualifiait de secret – et affirmait l'avoir consulté "dans son intégralité".
"Ni le chef de l'Etat ivoirien, ni son entourage lointain ou proche n'ont été interrogés par La Croix. Il s'agit là d'un intégrisme anti-Gbagbo qui répond à un traitement orienté de l'information défiant toutes les conventions et règles déontologiques", dénonce-t-il dans un communiqué. (avec AP)


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-02-05 10:04:19
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INTERNATIONAL par ERIC JL BRETON - COTE D\'IVOIRE