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Mardi 27 mai 2003

RELATIONS FRANCO-AMERICAINES
France/Etats-Unis
Félix, l'Américain qui veut aider Chirac
Félix Rohatyn a été ambassadeur des Etats-Unis à Paris de 1997-2001.   (AFP/DERRICK CEYRAC.)

COMMENT REDRESSER l'image de la France aux Etats-Unis, terriblement dégradée depuis l'affrontement irakien ? A Paris, nombreux sont ceux, au gouvernement, dans les milieux d'affaires ou... à l'état-major de l'UMP, qui planchent sur la question. Car, malgré la visite de Colin Powell la semaine dernière (et avant le sommet du G 8 avec George Bush lundi prochain), le contentieux est loin d'être réglé : la Maison-Blanche n'a pas vraiment pardonné. Preuve que le sujet demeure sensible : après la fameuse lettre ouverte adressée par l'ambassadeur français à Washington, Jean-David Levitte, au gouvernement et aux médias américains pour dénoncer une « campagne organisée » contre la France, Jacques Chirac en personne se dit « attristé » par ces attaques. Dans une interview publiée hier par le « Financial Times » britannique, le chef de l'Etat ajoute cependant qu'elles émanent d'un « petit groupe » de gens à Washington, qui « ne l'empêchent pas de dormir ». Plus inquiets, les patrons du Medef, eux, déplorent un climat mauvais pour les affaires.
« Guerre d'opinion » Pour réagir, certains ont suggéré une « politique pro-active ». Concrètement, il s'agit de lancer une « guerre d'opinion », « d'occuper les médias ». Mais, pour cela, il faut des relais de poids dans l'« establishment » américain. « L'ambassadeur Levitte a beau multiplier les interviews, explique un ancien diplomate du Quai, cela reste infinitésimal par rapport à la masse d'accusations et de fausses rumeurs propagées tous les jours. » Mais voici la bonne nouvelle : la France aurait trouvé son « champion », en la personne de Félix Rohatyn, ex-ambassadeur des Etats-Unis à Paris (1997-2001), francophile et même francophone pour avoir suivi une partie de sa scolarité à Paris, où sa famille fuyait les nazis. Il n'empêche : Rohatyn n'avait pas caché son étonnement face à la position « ultra » affichée dans l'Hexagone. Cela dit, conscient des dégâts dans l'opinion américaine, il serait prêt à aider les Français, au gré de colloques, interviews, rencontres dans les cercles influents. Ses atouts ? Outre ses talents de diplomate, ce septuagénaire jouit d'une réputation flatteuse dans les milieux économiques. Cet ex-patron de la banque Lazard aux Etats-Unis (toujours administrateur de Suez) fut, dans les années 1970, l'artisan du sauvetage de la ville de New York, menacée de naufrage financier. Enfin, bien qu e l'homme soit démocrate proche de Clinton, il n'en a pas moins l'oreille des Républicains, qui apprécient en lui un businessman prospère à la tête de son cabinet new-yorkais, Rohatyn Associates. Et Paris, qui prépare un vaste plan médiatique, espère voir se lever demain d'autres Rohatyn...

Henri Vernet

Le Parisien , mardi 27 mai 2003

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-27 12:29:21
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Vendredi 23 mai 2003

FRANCE-ETATS-UNIS

France - Etats-Unis :
le début du dégel


Colin Powell et Dominique de Villepin (AP)


Colin Powell a rencontré Dominique de Villepin, en marge d'une réunion des ministres du G8, qui doit préparer le sommet d'Evian.
 l'article

 Le Conseil de sécurité lève les sanctions contre l'Irak  Le détail des sanctions levées par l'Onu  Irak : plainte contre les Britanniques devant la CPI  Revue de presse  Commentaire "Les bouches s'ouvrent", par Jean-Marcel Bouguereau

 

La France s'inquiète du ressentiment américain
A dix jours du sommet des pays les plus industrialisés (G8) à Evian, les relations franco-américaines, mises à mal par le contentieux sur la guerre en Irak, s'améliorent, mais des tensions persistent. M. Chirac a téléphoné à
M. Bush, jeudi, une conversation qualifiée de "productive" par la Maison Blanche. Colin Powell, le secrétaire d'Etat, qui était à Paris jeudi, a déclaré que la brouille franco-américaine sur l'Irak n'avait été "un moment agréable pour personne".

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-05-23 12:42:35
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Dimanche 27 avril 2003

CHINE
La France manifeste son soutien à la Chine
Dernière mise à jour : 25-04-2003 | 18:30

Jean-Pierre Raffarin en Chine. Photos AFP.


Le Premier ministre a manifesté le soutien de la France à la Chine en s'y rendant comme prévu malgré l'épidémie de pneumopathie atypique. "Dans la situation difficile que connaît aujourd'hui la Chine face à cette épidémie, nous pensons que nous sommes tous concernés et que nous devons tous faire un effort", a-t-il déclaré à son homologue Wen Jiabao. Celui-ci a exprimé sa reconnaissance : "Votre visite témoigne de l'amitié du peuple français à l'égard du peuple chinois". 

Jean-Pierre Raffarin a appelé à refuser la psychose. "La psychose n'est pas une méthode de Gouvernement!", a-t-il souligné à cet égard. Ajoutant le geste à la parole, le Premier ministre n'a pas porté de masque. 

Il est accompagné par François Loos, ministre délégué au Commerce Extérieur, auprès du ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie, Dominique Bussereau, secrétaire d'Etat aux Transports et à la Mer, auprès du ministre de l'Equipement, des Transports, du Logement, du Tourisme et de la Mer et Renaud Muselier, secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères.

Poursuivre le partenariat global

 A l'occasion de ce voyage, le Premier ministre a participé à des entretiens qui s'inscrivent dans le partenariat global existant depuis 1997. Lors de ses prochains entretiens, il  examinera avec ses interlocuteurs les principaux dossiers internationaux.

Cette visite a contribué à renforcer les relations diplomatiques et les liens d'affaires entre la France et la Chine. Elle a, en effet, abouti à la signature de plusieurs contrats d'affaires :

  Vente de 30 Airbus A320 et A330 à cinq compagnies chinoises. Le montant est estimé à 1,7 milliards d'euros, dont 700 millions pour la part française ;
  Alstom a signé un contrat d'environ 65 millions d'euros pour la construction d'une centrale thermiques dans la province du Sichuan (sud-ouest) ;
  Le Crédit Lyonnais a signé un accord de joint-venture pour la création d'une maison de courtage.

La France a parallèlement transmis une liste d'une quinzaine de dissidents dont elle souhaite la libération.


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-04-27 10:56:05
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Jeudi 24 avril 2003

irak
Le chef de la diplomatie américaine ne se contente pas du nouveau «pragmatisme» de Paris, qui réagit avec sérénité
Les faucons imposent leur ligne à Washington


Washington : de notre correspondant Jean-Jacques Mevel
[24 avril 2003]

Si la diplomatie française comptait sur sa dernière offre à l'ONU pour amadouer la Maison-Blanche, c'est, semble-t-il, raté : Colin Powell, figure la plus conciliante de l'équipe Bush, s'est empressé d'annoncer que le nouveau «pragmatisme» parisien ne l'empêchera pas de revoir en baisse ses relations avec la France.

Le secrétaire d'État a pesé son vocabulaire. Sur la chaîne publique PBS, il n'a pas parlé d'une punition contre Paris, à la différence de l'entourage du président. Il n'entend pas non plus lui faire «payer le prix» de sa défiance d'avant-guerre, ainsi que le souhaitent les durs du Pentagone. Mais pressé sur la question de savoir si Washington en tire les conséquences, il a clairement répondu «oui» : le veto antiguerre brandi par Jacques Chirac «nous conduira à regarder tous les aspects de notre relation avec la France», dit-il.

Le choix des mots est moins significatif que la chronologie. Colin Powell a été le premier à réagir à la suspension proposée des sanctions contre l'Irak, une offre diplomatique que Paris présente comme un geste d'apaisement. Washington, visiblement, n'est pas près de se laisser séduire. Mercredi soir, le secrétaire d'État s'exprimait quelques heures après une séance de travail à la Maison-Blanche, précisément consacrée aux «conséquences» qui guettent la France. Officiellement, rien n'a été décidé. Mais il paraît déjà évident que Jacques Chirac devra faire plus de la moitié du chemin s'il entend calmer l'agacement de George W. Bush.

Le Pentagone a déjà décidé de réduire sa présence au Salon aéronautique du Bourget, à la mi-juin, invoquant un calendrier d'expositions trop chargé. La mauvaise humeur est palpable derrière cette excuse de dernière minute. Sous la pression des avionneurs militaires américains, Donald Rumsfeld a désamorcé le boycott en bonne et due forme réclamé par quelques voix enflammées sur le Capitole.

Mais au Bourget, il se fera représenter par un simple colonel, plutôt que par le secrétaire à l'US Air Force comme le veut la tradition.

Au-delà de ce premier signal, tout dépendra de la docilité attendue de Paris et du poids exercé par les revanchards de l'équipe Bush, à commencer par le vice-président Dick Cheney. La Maison-Blanche, par intérêt commercial bien compris, a discrètement torpillé plusieurs projets de sanctions économiques mitonnés au Congrès contre Paris. Le handicap imposé aux entreprises françaises sur le marché de la reconstruction irakienne devrait rester l'exception.

Le règlement de comptes s'annonce en revanche délibéré sur les chapitres politiques et diplomatiques. Les États-Unis ne peuvent pas faire taire Jacques Chirac, mais ils ont les moyens pratiques de réduire l'influence de Paris sur les affaires du monde. La gestion américaine de l'après-Saddam, le contournement de la France à l'Otan sur le dossier turc et la zizanie européenne sur l'Irak préfigurent le possible.

La bouderie peut aussi conduire Washington à réduire les invitations à ses rendez-vous, qu'il s'agisse de la Fête de l'Indépendance le 4 juillet ou, plus grave, des conférences internationales que le président américain viendrait à parrainer. Après l'Irak, le règlement politique du dossier israélo-palestinien sera sans doute un test : Paris à vrai dire n'y partage déjà plus qu'un strapontin avec le reste de l'Union européenne.

En attendant de statuer impérialement sur le rôle futur de la France, l'équipe Bush a décidé d'opposer l'indifférence à ce qui émane de la «Vieille Europe». La levée des sanctions de l'ONU contre l'Irak, proposée mardi par Paris, était une (bonne) surprise, même si elle reste provisoire : Washington, seul maître à Bagdad, pourrait ainsi lancer la reconstruction tout de suite, sans contrainte héritée du passé.

La réponse américaine est pourtant restée plutôt fraîche. Avant Colin Powell, le département d'État n'y a vu que «le début d'une prise de conscience d'une situation nouvelle» pour Paris. A l'opposé du président français, l'ambassadeur John Negroponte s'est empressé de priver le Conseil de sécurité et les Nations unies «de tout rôle dans le désarmement de l'Irak, au présent comme dans un avenir prévisible».

Une bonne part de relations publiques entre dans cet acharnement à disqualifier la France qui est un bouc émissaire d'autant plus commode à l'échec diplomatique des États-Unis qu'elle se serait marginalisée. Si Paris pose au défenseur de l'ONU après avoir mené le «camp de la paix», Washington n'y veut voir que l'arrogance antiaméricaine d'une puissance en déclin.

Sous cet angle, Jacques Chirac porte la faute essentielle, celle du discrédit de l'ONU. «A ce moment très difficile, je ne crois pas que la France a joué un rôle utile», dit Colin Powell. La seconde résolution du Conseil de sécurité, restée mort-née juste avant la guerre, ne manquait pas de soutien, insiste-t-il. Elle s'est simplement heurtée «au veto certain de la France et à celui probable de la Russie».

Dans la rétribution postirakienne, Paris est aussi une cible sans grand frais. Washington ne veut pas se fâcher durablement avec l'Allemagne, première puissance européenne et traditionnellement atlantiste. Les États-Unis ne peuvent pas non plus se mettre à dos Vladimir Poutine : ils ont besoin de lui pour régler le dossier nord-coréen et pour gérer une Asie centrale toujours instable. Selon une formule à succès, la Maison-Blanche ignorera donc l'Allemagne, pardonnera à la Russie et punira la France.

Un élément personnel entre enfin dans l'équation : il y a peu d'atomes crochus entre George W. Bush, businessman texan, et Jacques Chirac, technocrate poli par 35 ans de politique nationale. Dès leurs premières rencontres, l'Américain laissa filtrer qu'il trouvait le Français «pompeux». Durant la crise irakienne, ils ne se sont pas parlé pendant 66 jours d'affilée. Lorsque le contact a été renoué, la semaine dernière au téléphone, la Maison-Blanche a décrit un échange «professionnel», comme si la fonction rapprochait seule les deux hommes.

Leur prochaine rencontre est fixée au 1er juin à Evian, où le président français accueillera le sommet annuel des sept grands pays industrialisés. Washington confirme le rendez-vous, mais ne garantit pas l'ambiance.




ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-04-24 12:31:28
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Mercredi 23 avril 2003

IRAK

Powell va appeler Villepin
pour parler "sanctions"


Dominique de Villepin (AP)

Washington compte punir Paris pour son opposition à la guerre contre l'Irak.
- A l'ONU, la France est pour une suspension des sanctions contre l'Irak, les USA pour une levée pure et simple.
- Une nouvelle manifestation a réuni des milliers de pélerins dans la ville sainte chiite de Kerbala.
- Selon Geoff Hoon, Saddam Hussein est toujours en Irak.
 l'article

 Heure par heure  La France propose la suspension des sanctions  Le pèlerinage de Kerbala  Revue de presse  Les Carnets de Bagdad de Jean-Paul Mari et les commentaires des journalistes de l'Obs  Les forces américaines renforcent leur présence à Mossoul  La guerre en photos  Pour mieux comprendre les événements  Interview "Les chiites ont trois raisons d'en vouloir aux Etats-Unis", par Josette Alia (Nouvel Observateur)  Débat L'Irak

Le «oui» de Powell aux sanctions contre la France
Le secrétaire d'Etat américain Colin Powell a affirmé ce matin que la France aurait à subir des conséquences pour son opposition à Washington sur la guerre contre l'Irak, tandis que des centaines de milliers de chiites irakiens achevaient aujourd'hui dans la ville sainte de Kerbala (centre) deux... > L'article

A lire également
 • 
En pages spéciales : L'ONU regagne le devant de la scène
 • France veut suspendre les sanctions contre Bagdad
 • Un député travailliste accusé de collusion avec l'Irak
 • La Syrie n'est plus terre d'asile pour les dignitaires du régime
 • Reportages : Au Kurdistan irakien, Garner plaide pour un gouvernement multiculturel
 • La révolution en marche des chiites irakiens
 • Éditorial : Irak : l'alerte chiite, par Pierre Rousselin

 

Irak
Les luttes de pouvoir chez les religieux chiites

Démonstration de force des Irakiens de confession chiite.
L'aspiration d'une communauté pauvre et opprimée sous Saddam Hussein à ne plus s'en laisser compter et à prendre les rênes du pouvoir est l'objet de toutes les attentions de plusieurs chefs de file de courants religieux en concurrence.
Beyrouth (Liban),
envoyé spécial.
Alors qu'à Karbala (sud de l'Irak) des centaines de milliers de pèlerins chiites commémorent le martyre de l'imam Hussein, petit-fils de Mahomet tué (...)


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-04-23 12:45:08
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Samedi 19 avril 2003

ETTAS-UNIS

La guerre de Bush
Le partage annoncé du pétrole et de l'eau

George W. Bush entend accélérer la mise en place d'une gestion américaine de l'Irak.

Parmi les grands objectifs de Washington figure le contrôle du pétrole et des ressources en eau, vitale dans cette région.

Beyrouth (Liban),

correspondance particulière.

Il paraît de plus en plus clair que le plan prévu par l'administration américaine pour le Moyen-Orient ne se limite pas à la seule conquête de l'Irak. La Syrie, le Liban et, bien entendu, le peuple palestinien sont, eux aussi, concernés par ce plan qui, d'après les explications données par certains milieux dirigeants proches des États-Unis dans les pays du Golfe arabique, vise à en finir avec toutes les données politiques établies lors de la période de la guerre froide. Ce qui se traduit en clair par la volonté des États-Unis d'éliminer tous ceux qui, au Moyen-Orient, avaient dit " non ", d'une manière ou d'une autre, à la présence américaine ou qui avaient refusé de donner leur aval au plan de paix préconisé par George Bush père lors du congrès de Madrid qui fit suite à la " seconde guerre du Golfe ", appelée " Tempête du désert ".

En effet, les déclarations de George W. Bush et de son équipe à la suite de l'entrée des troupes américaines dans Bagdad sont très significatives à cet égard. Elles se résument dans trois objectifs qui n'ont rien à voir avec le problème des armes irakiennes de destruction massive qui, comme tout le monde le sait, ont joué le rôle d'alibi pour permettre à l'administration américaine de mener à bien sa campagne.

Le premier de ces objectifs concerne le pétrole et les autres sources d'énergie, dont l'eau. Les Américains ont annoncé que le pétrole coulera de nouveau, et très prochainement, à travers l'oléoduc qui rejoignait avant 1958 le port de Haïfa et qui fut fermé par Abdul Karim Kassem. Ils ajoutent que la production (qui sera sans nul doute privatisée très prochainement et concédée aux sociétés américaines ayant monnayé la campagne électorale de G. W. Bush) arrivera, à la fin de l'année 2003, à 9 millions de barils par jour. Ce qui, avec la présence américaine dans les autres pays du Golfe et en Afrique, mettra le monopole de cette denrée nécessaire entre les mains des grands groupes américains, d'une part, et relancera, d'autre part, les grandes sociétés productrices d'armes qui ont permis la victoire de la coalition.

Quant à l'eau, une ou deux sociétés américaines en auraient la concession, toujours d'après les amis des Américains dans la région ; elles ouvreraient dans le sens d'un partage à trois : l'Irak, la Turquie et Israël.

Le second objectif concerne le gouvernement " américain " provisoire qui dirigerait l'Irak durant sept mois ou sept ans ou plus. Sur ce plan-là, l'administration Bush a été très loquace, tant sur les personnes choisies, et qui appartiennent presque tous au milieu de la CIA ou des gradés du Pentagone, que sur le différend qui oppose Pearl et Wolfowitz au secrétaire d'État aux Affaires étrangères Colin Powell.

Le troisième objectif concerne, et cela est le plus important, l'étape suivante. En effet, les Américains ne sont pas venus en masse uniquement pour l'Irak. Ils pensent qu'ils doivent régler deux autres problèmes que posent la Syrie et le Liban dans la région ; des responsables américains de haut niveau (dont certains sont au Pentagone) nous l'ont fait savoir : ils parlent, tantôt, de l'aide militaire procurée par la Syrie au régime de Saddam Hussein, tantôt des tentatives de la Syrie de posséder des armes de destruction massive. Et, si nous ajoutons à ces menaces celles proférées par Vincent Battle, ambassadeur américain au Liban, qui voudrait que l'État libanais désarme le Hezbollah (ou, sinon " c'est nous qui le ferons ", a-t-il dit), nous dirons que la possibilité d'une agression contre la Syrie ou le Liban, ou les deux à la fois, n'est pas à éliminer, surtout si nous ajoutons aux menaces américaines celles proférées par Sharon contre le Liban et les violations quotidiennes des avions israéliens de son territoire.

Reste le problème palestinien. Pendant les trois semaines précédentes, le monde n'a pas fait très attention à l'escalade des actes criminels commis par Israël dans les territoires palestiniens : massacres, dynamitages de maisons, nouvelles arrestations, plasticage d'une école près de Jénine etc. Il est probable que ces actes criminels iront augmentant dans les jours à venir.

Que feront les grandes puissances et, surtout, que fera l'ONU : sortira-t-elle de sa léthargie ou bien est-elle vraiment morte, comme l'a annoncé Richard Pearl en souriant d'aise ?

Marie Nassif-Debs


ericjeanloicbreton | 1 commentaire | 2003-04-19 13:03:51
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Lundi 14 avril 2003

CHIRAC A SAINT PETERSBOURG
CONFERENCE DE PRESSE CONJOINTE DE MONSIEUR JACQUES CHIRAC PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DE MONSIEUR VLADIMIR POUTINE PRESIDENT DE LA FEDERATION DE RUSSIE ET DE MONSIEUR GERHARD SCHROEDER CHANCELIER DE LA REPUBLIQUE FEDERALE D'ALLEMAGNE SAINT-PETERSBOURG - RUSSIE VENDREDI 11 AVRIL 2003 LE PRESIDENT POUTINE - Bonjour, Mesdames, Messieurs. Nous venons de terminer une réunion France-Allemagne-Russie au plus haut niveau. Comme vous le savez, ceci n'est pas le premier sommet de ce genre. En mars 1999, les leaders des trois pays se sont déjà réunis à Moscou. Le fait que nous nous réunissions à nouveau n'est pas un effet du hasard. C'est une nécessité objective conditionnée par le grand niveau des relations bilatérales et de la prise de conscience de nos responsabilités pour la situation en Europe et dans le monde entier. A la veille du sommet Russie-Union européenne à Saint-Pétersbourg le 31 mai prochain, c'est très important pour nous de discuter la préparation de cet événement extraordinaire, de vérifier l'état de toutes les questions relatives à notre coopération avec l'Union européenne. Nous allons tout faire pour rendre ce sommet non seulement historique de par ses les participants mais aussi par la nature des décisions qui vont être prises. Nous avons beaucoup parlé aujourd'hui de l'architecture de sécurité internationale. Et, dans ce contexte, nous avons souligné la fonction unique de l'ONU en tant que principal mécanisme régulateur dans les relations internationales. Une opinion partagée a été énoncée que ce n'est pas possible d'atteindre ces objectifs sans une coopération à l'intérieur de l'espace transatlantique et euro-atlantique. Et, bien évidemment, dans le cadre de ces discussions, nous avons parlé de la crise iraquienne. La position de notre pays sur ce plan reste inchangée. Aujourd'hui, les tâches prioritaires pour nous sont bien évidemment le passage vers le rétablissement de bases plus paisibles dans ce pays, la solution des questions humanitaires. Et nous estimons que tous ces problèmes, toutes ces questions peuvent être réglées et doivent être réglées dans le respect du rôle central de l'ONU. Nous avons dit notre opinion commune que la situation en Iraq ne devait pas faire perdre de vue la nécessité des efforts internationaux en vue de surmonter d'autres conflits régionaux. Nous avons évoqué le conflit israélo-palestinien et la progression vers le règlement définitif au Proche-Orient. Nous avons discuté de la perspective d'une feuille de route que vous connaissez. Nous avons discuté du problème de la péninsule de Corée, de la situation de la Corée du nord. Bien évidemment, nous avons évoqué d'autres questions d'intérêt mutuel y compris l'aspect bilatéral Russie-Allemagne, Russie-France. Au total, nous sommes optimistes pour ce qui est de la perspective de nos relations bilatérales avec la France et l'Allemagne. L'intérêt de Moscou, Paris et Berlin est de développer leurs relations traditionnelles et anciennes, qui ne sont pas fonction de la conjoncture politique, et nous sommes persuadés que le développement de ces relations a une grande importance pour le renforcement de la stabilité européenne et internationale. Merci. LE PRESIDENT - Mesdames et Messieurs, je voudrais d'abord souligner le plaisir que j'ai de me retrouver ici à Saint-Pétersbourg avec le Président POUTINE et le Chancelier SCHROEDER. C'est vrai que notre dernière réunion à trois avait eu lieu à Bor, à côté de Moscou, et j'en avais d'ailleurs gardé un excellent souvenir. Cette rencontre nous a permis d'évoquer la situation internationale. Sur l'Iraq, il existe depuis le début de la crise, vous le savez, une étroite concertation entre nos trois pays. Avec la chute de la dictature de Saddam HUSSEIN, nous allons entrer dans une nouvelle phase. Notre objectif à tous, je crois, doit être de créer les conditions qui rendront au peuple iraquien sa dignité et la maîtrise de son destin. Dans l'immédiat, comme vient de le dire le Président POUTINE, la priorité de la communauté internationale doit être de venir en aide au peuple iraquien. C'est pourquoi il faut acheminer au plus vite l'aide humanitaire dont la population a besoin dans tous les domaines, à commencer bien entendu par les hôpitaux. Dès que possible, et après la phase nécessaire de sécurisation, il faut engager la reconstruction politique, administrative, institutionnelle, sociale, économique de l'Iraq. Et c'est une tâche immense. Il appartiendra, selon nous, aux Nations Unies d'y jouer un rôle central. Seules les Nations Unies ont la légitimité nécessaire. Elles seront efficaces car elles ont l'expérience depuis longtemps de la gestion des sorties de crise. Elles seules, les Nations Unies, peuvent apporter au peuple iraquien la garantie que son intégrité, sa souveraineté, son identité seront pleinement reconnues et respectées. Elles seules peuvent donner toutes ses chances à la construction d'un ordre régional stable et pacifique. En tous les cas, c'est aujourd'hui le combat de la France. Double combat, humanitaire dans l'immédiat et politique pour la gestion de la sortie de cette crise et la reconstruction de l'Iraq. En ce qui concerne la France, nous sommes naturellement, dans ce cadre, celui des Nations Unies, prêts à prendre toutes nos responsabilités. Nous avons évoqué le problème du Proche-Orient. Vous savez que nous attendons avec impatience la publication annoncée de la feuille de route du Quartet. Nous avons déjà plus de trois mois de retard. Nous pensons qu'il est maintenant tout à fait urgent d'engager, par cette publication, un processus de retour à la paix dans cette région du monde. Nous avons également examiné les moyens de renforcer le partenariat entre la Russie et l'Union européenne, et ceci à la veille de la réunion du sommet Union européenne-Russie qui se tiendra ici-même à Saint-Pétersbourg dans quelques semaines. Avec l'Allemagne, nous sommes très désireux d'aller de l'avant et nous avons d'ailleurs fait, les Allemands et nous, des propositions concrètes à nos partenaires de l'Union européenne pour renforcer la coopération entre l'union européenne et la Russie. Au-delà de l'actualité immédiate, qui comportait aussi une réflexion sur le problème de la Corée du nord, au-delà de ces problèmes, la relation bilatérale, que nous avons également évoquée avec le Président POUTINE, est excellente entre la France et la Russie. Nous avons des domaines privilégiés de concertation et de coopération, qui sont le domaine aéronautique et spatial et aussi le domaine de l'énergie. Nous avons évoqué la préparation du sommet d'Evian, qui sera important, et nous avons dit, le Chancelier et moi, au Président POUTINE combien nous souhaitions que la Russie ratifie le plus rapidement possible, comme elle l'a décidé, le protocole de Kyoto. Voilà quelques-uns uns des sujets que nous avons évoqués. Il y en avait d'autres mais j'ai voulu ne pas être trop long. LE CHANCELIER SCHROEDER - La journée d'aujourd'hui prouve combien la situation internationale peut avoir une influence sur une rencontre bilatérale d'un caractère tout à fait normal et ordinaire. Je me permets de vous rappeler qu'à l'origine, il était prévu que nous nous rencontrions ici dans le cadre du dialogue de Saint-Pétersbourg, ce qui d'ailleurs a été fait. Mais il est évident que la situation internationale passe au premier rang de nos délibérations. Il est aussi heureux pour moi que le Président français ait pu participer à cette rencontre, notamment parce que le débat sur la situation internationale s'avère impératif entre nous. Permettez-moi aussi de dire que le dialogue de Saint-Pétersbourg entre la Russie et l'Allemagne a une fois de plus montré la qualité excellente des relations entre les deux pays. C'est à dessein que nous avons dit que, très probablement depuis cent ans, les relations entre la Russie et l'Allemagne n'ont jamais été aussi bonnes qu'elles le sont à l'heure actuelle. Et, après les expériences fâcheuses de guerres sanglantes au cours du dernier siècle, en effet, cela était loin d'être une évidence. Dans le cadre de ce dialogue de Saint-Pétersbourg, nous avons constaté qu'il s'agit non seulement de relations entre gouvernements qui entretiennent des liens amicaux entre eux, ou entre ceux qui sont à leur tête, mais qu'il s'agit aussi de relations qui touchent à la vie quotidienne des citoyens de nos deux pays et qui sont ancrées dans le coeur des hommes et des femmes en Allemagne et en Russie. C'est pourquoi je m'en félicite tout particulièrement. Naturellement, nous avons parlé des relations bilatérales mais également des relations entre l'Union européenne et la Russie. Vous n'êtes pas sans savoir que la coopération entre la France et l'Allemagne au sein de l'Union européenne a toujours une qualité particulière et continuera à l'avoir à l'avenir. J'ouvre une parenthèse en disant que, lorsque cette coopération n'était pas étroite, ce sont justement nos partenaires de l'Union européenne qui nous ont critiqués. Parfois, on est étonné de voir que lorsque les relations sont particulièrement étroites, l'on se fait critiquer également. Mais la vie est comme cela, que voulez- vous ! La vie politique est comme cela, parfois. En tout cas, cette coopération entre la France et l'Allemagne, sans pour autant vouloir exclure qui que ce soit au sein de l'Union européenne, est un facteur important en vue de ce processus que nous voulons renforcer, c'est-à-dire la stratégie entre l'Union européenne et la Russie, pour qu'elle ne soit pas seulement théorique mais qu'elle devienne une réalité au sein de la société, de l'économie, de la politique. Ceci est de l'intérêt des deux parties. C'est notre intérêt qu'une coopération plus étroite, un partenariat stratégique entre l'Union européenne et la Russie se développent. Naturellement, nous avons parlé de l'Iraq. Je serai très bref car je voudrais souscrire à ce que viennent de dire les deux Présidents. Il s'agit maintenant de pouvoir mettre une fin définitive à la guerre. Toute journée qui permettra de terminer cette guerre plus tôt que prévu est une meilleure journée que dans le sens inverse, car on évitera des victimes aussi bien parmi la population civile que parmi les militaires engagés dans cette guerre. Deuxièmement, nous devons arriver à ce qu'une catastrophe humanitaire soit évitée, c'est-à-dire que nous devons en arriver à ce que les individus, les hommes, les femmes, les enfants puissent avoir les moyens d'être alimentés en eau et en nourriture. Je crois que la résolution du Conseil de sécurité en offre une très bonne base. L'Allemagne, à l'instar des autres, l'a déjà dit. Elle va faire preuve d'un effort important lorsqu'il s'agira de financer l'aide humanitaire sur la base des résolutions des Nations Unies. En plus, il incombera aux alliés, et ceci à la lumière des images que nous voyons à la télévision en ce qui concerne les pillages et autres choses, de ne ménager aucun effort pour rétablir l'ordre dans le pays pour éviter tout autre pillage. Puis, il s'agira de l'organisation du processus de reconstruction. Je ne vous dévoile pas un secret, nous l'avons dit sans cesse, l'Allemagne également entend jouer un rôle central dans ce processus, dans le cadre des Nations Unies. La reconstruction, permettez-moi de le dire ainsi, doit se faire sous le toit des Nations Unies. Quant aux détails, on pourra voir après, on devra en parler avec les alliés mais il faut que le toit soit bien défini, et ceci en tenant compte de l'expérience riche des Nations Unies dans ce type de processus, qui leur donne une fonction légitime à laquelle il a été fait allusion déjà. C'est pourquoi il importe, à mon avis, qu'au cours de ce processus, on fasse le nécessaire pour qu'après la chute de la dictature dans ce pays, le peuple iraquien soit en mesure de mener une vie qu'il pourra déterminer lui-même, de vivre en paix et je dirais que ceci doit unir tout le monde, non seulement ceux qui sont présents ce soir ici. Il importe pour moi que l'on voie très clairement que, sur cette toile de fond, tout débat qui voudrait que nous, hommes politiques, nous aurions fait une mutation, que nous serions devenus des forgerons d'un mouvement "anti je ne sais quoi", est loin d'être justifié. Il s'agit pour nous d'apporter notre aide dans une situation très difficile, de faire le nécessaire absolu. QUESTION - On a l'impression que les forces d'occupation en Iraq ont oublié leurs responsabilités dans le pays. Les pilleurs, la catastrophe humanitaire, l'anarchie. Comment voyez-vous cela ? Est-ce que l'action militaire a abouti en Iraq ? LE PRESIDENT POUTINE - Je me permettrai de commencer, si mes collèges sont d'accord. La première partie de la question concerne la responsabilité des forces d'occupation pour la situation en Iraq. Nous ne sommes pas réunis ici pour critiquer les actions d'occupation. Notre position concernant ce problème n'a pas changé. Je ne crois pas que les membres de la coalition anti-iraquienne ont oublié leurs responsabilités. Par contre, je crois qu'ils font tout pour prévenir la catastrophe humanitaire. D'autre part, la chaîne des problèmes est telle que, résoudre ce problème, ils sont incapables de le faire. C'est la réalité. Ils le savent. Ils ont signé la résolution de l'ONU adoptée il n'y a pas longtemps. D'après la Convention de Genève, ils sont responsables pour la situation dans le pays. Nous, on pense que tout va être fait. En ce qui concerne les buts, est-ce que les buts de cette action militaire ont abouti ? Mais il ne peut y avoir qu'un seul but : le désarmement de l'Iraq, la recherche des armes de destruction massive. Comme nous le savons, rien n'a été trouvé. Même aux derniers moments de sa lutte pour la survie, le régime iraquien n'a pas utilisé ses moyens. Nous ne savons pas : est-ce qu'ils existaient, existent ou pas, ces moyens de destruction massive ? Mais si, dans le dernier moment de son existence, il n'a pas utilisé ces moyens, c'est le témoignage de ce qu'ils n'existent pas ou qu'ils sont dans un état où ils ne peuvent pas être utilisés. Alors là, la question se pose de l'utilité de cette action. Quel problème voulait-on résoudre ? Voilà en ce qui concerne la question principale, la question du désarmement de l'Iraq. S'agissant de la question des armes de destruction massive, je crois que l'on n'a pas atteint les buts. C'était même impossible de le faire sans les experts de l'Organisation des Nations Unies. Tôt ou tard, ceci devra être fait parce que les découvertes des forces de l'Alliance ne peuvent pas être reconnues comme légitimes. A leur place, j'aurais trouvé quelque chose. Déjà, c'est étrange qu'ils n'aient rien trouvé. Si quelque chose doit être trouvé, seuls les inspecteurs, les experts des Nations Unies peuvent dire d'où proviennent ces armes. LE CHANCELIER SCHROEDER - Tout d'abord, je voudrais dire que c'est une victoire militaire ou que cela deviendra une victoire militaire, aucun doute ne peut être permis. Il importera maintenant de faire de cette victoire militaire un bénéfice pour le peuple iraquien et pour toute la région et, à partir de là, pour la politique internationale. Voilà le devoir qui est le nôtre. A la lumière de ce devoir, je me passerai de parler du passé. Mais je parlerai plutôt avec d'autres sur les possibilités qui existent pour faire d'une victoire militaire un bénéfice durable pour le peuple iraquien et la région. Et c'est exactement de cela que nous avons parlé ce soir. Et ceci doit se faire le plus vite possible. Plus nous réaliserons ce point, plus la chance sera grande. Aide humanitaire pour le peuple iraquien dans les meilleurs délais, aussi vaste que possible, rétablissement de l'ordre dans le pays sous la responsabilité des alliés. Et, troisièmement, sous le toit des Nations Unies, il faudra donner l'aide et des perspectives en vue de la reconstruction d'un Iraq démocratique dont nous espérons qu'à l'avenir il connaîtra la prospérité. D'ailleurs, vu le potentiel énorme qui existe dans ce pays, je crois que cela est faisable. Et sur ces questions-là, également, c'est là-dessus que l'opinion publique et les hommes politiques de tous les pays devraient se mettre d'accord sur le fait que c'est cela la question-clé. LE PRESIDENT - Je suis tout à fait d'accord avec ce qui a été dit, d'abord par le Président POUTINE et ensuite par le Chancelier. Pour donner mon sentiment sur la question précise qui, si j'ai bien compris, a été posée et qui concernait l'ordre public et l'ordre humain, je voudrais dire que, conformément, d'ailleurs le Président POUTINE l'a évoqué, aux lois de la guerre et au droit international, c'est aux forces américaines et anglaises en tant que puissances occupantes que revient cette responsabilité de maintenir l'ordre et de créer les conditions permettant -c'est ce que nous demandons- d'acheminer l'aide humanitaire. C'est, dans cette phase actuelle et avant la phase de reconstruction, la responsabilité des puissances occupantes. QUESTION - En vous réunissant au sommet à trois, vous n'avez par l'impression de prolonger la fracture de la communauté internationale, de l'incarner ? LE PRESIDENT POUTINE - Non. nous ne le croyons pas. Ce n'est pas par hasard que j'ai dit que ce n'est pas la première rencontre en cette formation. En 1998, cette rencontre a déjà eu lieu. Il existe d'autres formes tripartites, France, Allemagne et Pologne, et je crois que la prochaine rencontre est prévue pour bientôt. Le but de notre rencontre n'est pas la division de la communauté internationale mais la recherche d'une voie de travail commun dans la construction d'une structure, de l'architecture de sécurité internationale acceptable pour tous au XXIe siècle. Notre rencontre a un caractère ouvert. Tout le monde la connaissait, d'autres collègues ont reçu des invitations. Naturellement, cela s'est fait dans des très brefs délais et ils n'ont pas pu venir. Nous avons l'intention de continuer à travailler dans ce format, et même dans un format plus large. LE CHANCELIER SCHROEDER - Je voudrais faire le commentaire suivant. Je ne comprends pas très bien pourquoi vous posez cette question. Car il y a des soupçons, beaucoup d'hypothèses, beaucoup de soupçons et de choses qui ont été dites. Qu'est-ce qu'on attend dans une situation difficile ? Qu'attendent les peuples que nous représentons, qu'est-ce qu'ils attendent des hommes qui font preuve de sens des responsabilités ? Ils n'attendent pas de nous qu'ils ne se rencontrent pas pour parler éventuellement des solutions aux crises. Mais ils attendent, à juste titre, que les hommes politiques se rencontrent, qu'ils apportent une contribution substantielle au débat et qu'ils montrent de quoi ils ont parlé. C'est tout à fait normal de l'attendre des hommes politiques. Ceux qui ne travaillent pas dans la politique mais dans la vie quotidienne, et je le comprends très bien, l'attendent de nous. Et c'est pourquoi je réponds dans l'esprit de ce qu'a dit Monsieur POUTINE. Cette rencontre d'aujourd'hui est en réaction naturellement à la situation internationale. Il était au début prévu de faire des consultations bilatérales mais la situation telle que nous l'avons aujourd'hui nous fait nous adapter à la situation internationale. Et tous ceux qui connaissent la politique comprennent très bien qu'il en soit ainsi. LE PRESIDENT - Nous sommes trois des pays qui, à l'origine de la crise, ont fait la même analyse et en ont tiré les mêmes conclusions, à savoir que le désarmement de l'Iraq était nécessaire mais qu'il pouvait être obtenu par des voies pacifiques. La situation est ce que vous savez et la guerre a eu lieu. Nous n'avons naturellement jamais douté de son issue. Et dans toute chose malheur est bon : nous nous sommes réjouis de la chute d'une dictature unanimement condamnée dans le monde. A partir de là, quel était notre désir de concertation, sur quoi reposait-il ? Sur une inquiétude et sur une conviction. Sur une inquiétude, c'est la situation dramatique dans laquelle se trouvent aujourd'hui un très, très grand nombre d'Iraquiens, qui nécessite une aide humanitaire le plus rapidement possible. Ce qui implique naturellement des conditions matérielles permettant son acheminement. Et nous voulions ensemble nous concerter sur ce que nous pouvons faire ou demander à nos amis pour accélérer à la fois la mise en oeuvre et l'acheminement de l'aide humanitaire. Cela, c'est essentiel. Vous admettrez qu'à soi tout seul, cela justifie une concertation entre trois nations importantes, pour essayer de contribuer ensemble à apporter une solution à ce problème dramatique et humain. Il n'y aurait eu que cela, c'était amplement justifié de répondre à l'invitation du Président POUTINE. Mais il y avait aussi une conviction, et l'affirmation d'une conviction : nous avons une vision commune du monde de demain, qui est une vision d'ailleurs très largement partagée par les peuples et par les pays du monde. Nous souhaitons que le monde de demain soit un monde multipolaire. Nous souhaitons que chacun de ces grands pôles, dont on voit bien que petit à petit ils s'organisent, ait des relations équilibrées pour garantir la paix et la démocratie. Cette vision du monde, cette conception qui est la nôtre exclut naturellement, l'unilatéralisme. C'est la raison pour laquelle nous sommes favorables à une Organisation des Nations Unies qui soit à la fois respectée, reconnue, efficace. S'il faut faire une réforme des Nations Unies, nous sommes tout à fait prêts, naturellement, à l'envisager. Mais ce qui est essentiel à nos yeux, c'est qu'il y ait une Organisation qui fasse respecter une loi internationale qui soit une loi de solidarité, de développement et de sécurité. Autrement dit une loi de paix et de démocratie. Et, donc, nous pensions qu'il n'était pas mauvais que trois pays qui ont eu une histoire mouvementée mais qui, aujourd'hui, ont appris à se respecter, à se connaître et à s'aimer, se réunissent, dans le cadre d'ailleurs d'une procédure traditionnelle. J'étais présent à la première réunion, en 1998 ou en 1999, à trois, dans la même formation. Et, à l'époque, nous avions pris la décision de poursuivre cette procédure informelle et transparente. C'est-à-dire que nous n'avons pas de secret. Nous disons, et tout à fait clairement et de façon transparente, ce que nous pensons. Nous avons pensé que c'était effectivement, aussi, l'un des moyens d'approfondir notre concertation sur notre vision du monde de demain. Voilà, je pense, des raisons qui justifient amplement le fait que trois chefs d'Etat ou de gouvernement se réunissent. LE PRESIDENT POUTINE - Vous savez, je me permettrai de rajouter juste deux mots. Naturellement, nous avons beaucoup parlé de l'Iraq. C'est naturel. Mais le problème de l'Iraq n'était pas le sujet unique de notre discussion, il y en avait beaucoup plus. Nous sommes préoccupés par la situation autour de la Corée du nord. Le conflit du Proche-Orient nous préoccupe. Nous avons pas mal de questions bilatérales à discuter. Et, en ce qui concerne les buts de l'opération, est-ce que l'opération a abouti ou non, je voudrais ajouter quand même deux mots. Nous ne devons pas oublier autour de quoi est apparu ce problème. Personne n'aimait le régime irakien, à part peut-être Saddam HUSSEIN, mais il ne s'agit pas de cela. Il s'agissait du désarmement de l'Iraq et, éventuellement, des armes de destruction massive, si elles existaient. Et personne ne doutait que les pays les plus puissants du monde ont la suprématie militaire sur un pays mal armé. Sur le maillot du collègue qui est à côté de vous, il y a le portrait du camarade " CHE ", l'un des représentants reconnus de la théorie de l'exportation de la révolution socialiste. Nous n'avons pas l'intention d'exporter la révolution capitaliste ou démocratique. Si on se le permettait, alors, on verrait une multitude de conflits et nous ne devons pas le permettre. Et quand je dis nous, je parle non seulement de ceux qui sont ici, je parle de l'opinion mondiale et aussi des représentants de la ligue anti-iraquienne. QUESTION - Vous avez dit tous les trois que le rôle central des Nations Unies devait exister quand il s'agira de reconstruire l'Iraq. Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne parlent d'un rôle vital. Donc il s'agit de deux choses différentes. D'un côté, il s'agit de l'aide humanitaire et, de l'autre côté, il s'agit de la reconstruction du pays, la reconstruction économique, où des intérêts économiques particuliers jouent, surtout dans le domaine de l'énergie. Comment faut-il l'entendre ? Les Américains n'ont pas eu besoin des Nations Unies pour la guerre. Est-ce qu'il se peut que maintenant ils aient besoin des Nations Unies pour la paix, pour l'humanitaire, et qu'ils continuent à reconstruire économiquement le pays ? LE PRESIDENT POUTINE - Vous savez qu'il s'agit d'un cas où les gens ont une conduite assez conséquente, et ceci allège un peu notre tâche parce qu'on comprend à peu près la vision et les actions de nos partenaires. Je crois que cette question est légitime. Malgré toute l'importance des questions économiques, avant tout, nous devons penser à la solution des problèmes de caractère humanitaire, des questions de normalisation de la vie publique en Iraq. Nous ne devons pas nous permettre de passer aux éléments du nouveau colonialisme. Nous devons tout faire pour que le destin de l'Iraq se retrouve dans les mains du peuple iraquien. Et, pour ceci, il existe des variantes, des solutions. Le Président CHIRAC a donné des exemples de solutions de ce genre dans l'histoire moderne. Le schéma est tout simple, comme dans le cas de l'Afghanistan : la conférence internationale sous l'égide de l'ONU, l'administration nationale provisoire qui doit préparer les élections démocratiques et tenir ces élections pour transmettre le destin de l'Iraq dans les mains du peuple iraquien. Mais, en première étape, l'administration d'occupation doit résoudre les questions humanitaires et les questions d'organisation de la vie publique. LE CHANCELIER SCHROEDER - Je n'aime pas qu'on essaie d'interpréter les différents termes. Il faut dans les entretiens avec les alliés d'un côté, les Nations Unies d'un autre côté, savoir exactement ce que signifient les termes. Se livrer à des débats théoriques là-dessus ne sert à rien, d'autant plus qu'en ce moment même, il s'agit essentiellement, il faut le dire, d'aider le peuple iraquien, de rétablir l'ordre et le calme et de faire en sorte que le processus de reconstruction, quels que soient les détails, se fasse sous le toit des Nations Unies. Par ailleurs, je me permets de signaler que, dès ce week-end, dès cette fin de semaine, il y a des entretiens auprès des institutions financières internationales, auprès de la Banque mondiale, du FMI, qui portent sur ces questions. Et les deux, aussi bien le Fonds monétaire international que la Banque mondiale, ont dit que, pour pouvoir s'engager, ils ont besoin d'un mandat des Nations Unies ou qu'ils aimeraient avoir ce mandat. LE PRESIDENT - Je suis tout à fait sur la même ligne que celle qui vient d'être présentée par le Président POUTINE et par le Chancelier SCHROEDER. Il y a la phase actuelle, elle relève de la responsabilité des troupes anglaises et américaines. Et puis, il y a la reconstruction, c'est vrai, politique, économique, administrative, sociale, de l'Iraq et donc la création d'une autorité de nature gouvernementale iraquienne. Cette autorité sera confrontée naturellement à un problème de légitimité et seules les Nations Unies, aujourd'hui, sont source de légitimité. C'est la loi internationale. Seules, elles ont l'autorité morale et l'expérience nécessaire pour donner une crédibilité à un processus de création ou de recréation d'un Etat. Les Nations Unies ont de surcroît une grande expérience, comme on l'a vu au Cambodge, au Timor, au Kosovo, en Sierra Léone, en Afghanistan. Et, donc, il y a tout lieu de leur faire confiance. Voilà pourquoi nous pensons qu'au-delà de la période de sécurisation, les Nations Unies doivent effectivement, en tant que seules porteuses de légitimité, avoir la charge de reconstruire l'Iraq. QUESTION - Il y avait des appels en ce qui concerne les dettes de ce pays. Qu'en pensez-vous ? Comment voyez-vous la procédure ? LE PRESIDENT POUTINE - En ce qui concerne les dettes, que peut-on dire ? Il y a ceux qui ont tiré, il y a ceux qui ont pillé, quelqu'un doit payer pour cela, c'est toujours comme cela. Mais, malgré l'ironie, je dois dire qu'en général cette question se pose. La Russie n'a rien contre une telle question. En ce qui concerne le volume total des dettes à la Russie des pays les plus pauvres, nous sommes à la troisième place après le Japon et, comparé au PNB, nous tenons la première place. Mais tout ceci se fait en consultation avec la Banque mondiale, avec le Club de Paris. Cela ne peut s'effectuer qu'au cours de négociations. Nous sommes prêts à tenir ces négociations en ce qui concerne la suite de cette question. Je ne peux pas le dire maintenant, mais il y a des procédures spéciales pour des pays de ce type. En ce qui concerne la reconstruction de l'Iraq, nous venons d'en parler, je ne crois pas qu'il faille se répéter. Je suis absolument d'accord avec ce que vient de dire le Président CHIRAC. LE CHANCELIER SCHROEDER - Je rejoins ce qu'a dit le Président POUTINE. L'enceinte où il faut parler des dettes, c'est le Club de Paris. Et il faut respecter une certaine procédure. Notamment, il faut être en présence d'un gouvernement légitime qui puisse adresser ses demandes au Club de Paris. Pour le moment, ceci n'est pas le cas, donc il ne sert à rien de parler de cette question sur la base de toutes ces déclarations, avec tout le respect que nous devons aux journaux, à la presse. Mais il faut être clair et net : il faut qu'un gouvernement légitime soit présent pour s'adresser, selon les procédures, au Club de Paris. Ensuite, on discutera de cette question et ce n'est pas avant que cela pourra se faire. LE PRESIDENT POUTINE - Je crois qu'en principe, cette question, on pourrait commencer à la discuter lors de la rencontre d'Evian, compte tenu de la situation spéciale. L'Iraq n'est pas le pays le plus pauvre du monde mais là, la situation est spéciale et souvent les Huit réagissaient. Et si la France, comme organisateur de la réunion des Huit, est d'accord, nous, nous sommes d'accord aussi. QUESTION - On a entendu, depuis quarante-huit heures, certains responsables de l'administration américaine laisser entendre qu'après l'Iraq, la Syrie pourrait être un pays dont le régime devrait être changé. Est-ce que c'est une perspective qui vous inquiète ou est-ce que la chute de la dictature pourrait, là-aussi, être une occasion de se réjouir ? LE PRESIDENT POUTINE - Je crois que j'ai beaucoup parlé de cette question, aujourd'hui, lors du dialogue du Forum de Saint-Pétersbourg. Le Chancelier en a parlé aussi. Le changement de régime dans tel ou tel pays doit être dicté par les impulsions de la vie politique du pays lui-même et, uniquement dans cette situation, les changements de caractère politique peuvent être stables, efficaces, répondre aux réalités historiques, à l'expérience de tel ou tel pays. Et je dois dire qu'il n'existe pas de modèle unique de démocratie. Même dans la communauté européenne, les principes sont les mêmes mais on ne peut pas avoir de modèle unique. Si on veut avoir un modèle unique, il faut polir les régimes de quelque 80% des pays du monde. Et, dans les cas les plus graves, ici où ailleurs, plus tôt ou plus tard, nous allons affonter des problèmes aussi difficiles que celui de l'Iraq. C'est un risque de conflit militaire incessant et c'est très dangereux. Il est plus productif de choisir une autre voie, la voie de la définition des principes de solution de situations de ce genre, agir de manière judicieuse. Et, sous la pression de tous les pays du monde, n'importe quel régime du monde peut se transformer, s'améliorer. Le choix de la guerre, c'est le pire des choix. LE CHANCELIER SCHROEDER - Je dirais que tout ce que vous venez de dire ne fait pas partie de la politique de l'administration des Etats-Unis. C'est pourquoi je ne m'engagerai pas dans une discussion là-dessus. En ce qui concerne le fond des choses, je crois que j'ai dit qu'en ce qui concerne les principes de la Charte des Nations Unies, nous faisons nôtres ces principes. Nous l'avons dit lorsque nous avons parlé du dossier de l'Iraq et de la guerre et nous maintenons notre position. LE PRESIDENT - Pour ma part, je ne vois pas d'autre situation de la même nature que celle de l'Iraq dans cette région et, donc, la question me semble sans fondement. Le seul problème de la région, c'est le problème israélo-palestinien, qui exige une véritable impulsion de la part de la communauté internationale pour engager les parties à revenir à la table de négociations et poursuivre un processus permettant d'arriver à la paix. Et ça, cela pose le problème que nous avons évoqué tout à l'heure, et sur lequel je ne reviens pas, de la publication de la feuille de route du Quartet qui, de mon point de vue, est extrêmement urgente. QUESTION - Monsieur le Président POUTINE, vous avez utilisé des mots très sévères quand vous avez parlé de nouveau colonialisme, de l'exportation du capitalisme. Est-ce que vous ne craignez pas que, lors de la rencontre entre l'Union européenne et la Russie, fin mai, certains invités ne viennent pas ? LE PRESIDENT POUTINE - Fin mai, nous avons une réunion prévue depuis longtemps, c'est le sommet entre la Russie et l'Union européenne. Tout simplement, à cause du tricentenaire de Saint-Pétersbourg, c'est un format un peu plus large et nous serons heureux de voir tout ceux que nous avons invités. En ce qui concerne l'essence de cette question, je ne crois pas que ce soit une question trop épineuse. La situation de l'Iraq doit être résolue le plus tôt possible sur la base de la Charte de l'ONU et sur la base de la pratique de l'ONU dans des situations de ce genre ces dernières années. Nous en avons déjà beaucoup parlé avec le Chancelier et le Président français. La pratique existe : plus tôt nous irons sur la voie prévue par le droit international, mieux ce sera. Et si nous retardons la solution de la question dans le cadre de l'ONU, cela va rappeler plutôt la situation coloniale. Là, il n'y a rien de particulier, rien de nouveau, je dois dire que je ne suis pas le seul qui pense de cette manière. Je vous remercie.

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-04-14 09:45:17
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Samedi 12 avril 2003

IRAK
Dominique de Villepin expose le projet de la France pour l'Irak et le conflit israélo-arabe LE MONDE | 12.04.03 | 14h33 • MIS A JOUR LE 12.04.03 | 15h38 L'intégralité du discours prononcé par Dominique de Villepin Prenant acte de la chute du régime irakien, le ministre français des affaires étrangères, Dominique de Villepin, a fait part de la vision que la France se fait de l'avenir dans un discours qu'il a prononcé samedi 12 avril à l'occasion de l'inauguration de l'exposition intitulée "Quand les sciences parlaient arabe" au Musée islamique du Caire. Après des entretiens avec les dirigeants égyptiens, le ministre devait se rendre en Syrie et en Arabie saoudite. A propos du conflit israélo-arabe, qui "alimente toutes les tensions, au Moyen-Orient et au-delà",il propose une démarche en cinq étapes, la première étant la publication, "dès maintenant", de la feuille de route du Quartet (Etats-Unis, UE, ONU et Russie). Israël et les Palestiniens devront "la mettre en œuvre sans délai, avec l'objectif d'un Etat palestinien en 2005". Dans un deuxième temps, Israéliens et Palestiniens doivent "réaffirmer publiquement le choix de la négociation et de la paix en commençant par déclarer ensemble une trêve". "Avec d'autres partenaires, la France serait prête à y participer par une présence sur le terrain", a-t-il ajouter, en suggérant de donner "aux électeurs, qui pourraient par un référendum -la possibilité de- réaffirmer ce choix de la paix". Troisième étape : "établir les conditions de la paix", en permettant aux services publics palestiniens d'exercer leurs responsabilités, au besoin avec un soutien "technique efficace". A cet égard, "la France souhaite que l'on réfléchisse sans a priori à une présence internationale qui se mettrait en place en accord avec les parties sans se substituer à leurs responsabilités souveraines". Dans un quatrième temps, pour "ouvrir les chemins de la paix", la France propose d'accueillir, "à l'issue de la première phase de la feuille de route, une conférence internationale" pour aider à conclure, "avec le soutien de la communauté internationale, une "paix des braves"". La proclamation de l'Etat palestinien aux "frontières provisoires" serait la cinquième étape de ce processus. La France, selon M. de Villepin, est disposée à "en tirer toutes les conséquences diplomatiques si l'application du plan du Quartet venait à prendre du retard". Quant à l'Irak, dont M. de Villepin n'ignore pas la place qu'il occupe dans l'histoire arabe, il a besoin de l'aide de tous, l'ONU devant jouer "un rôle central". Le chef de la diplomatie française évoque notamment trois idées : "rechercher et inventer ensemble des formules pour que les questions de la dette et des réparations pour dommages de guerre ne grèvent pas le développement du pays", associer tous les voisins de l'Irak à la réconciliation nationale, et mettre sur pied un "nouveau système de sécurité régionale (...) fondé sur des mesures de confiance et de non-agression, prenant notamment en compte le projet de zone exempte d'armes de destruction massive prôné par l'Egypte et mentionné dans la résolution 687 du Conseil de sécurité", résolution du cessez-le-feu après l'expulsion de l'armée irakienne du Koweït en 1991. • ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 13.04.03

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-04-12 10:11:16
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Vendredi 11 avril 2003

ACTUALITES DIPLOMATIQUES
Actualités diplomatiques du ministère des Affaires étrangères

Sommaire du point de presse d'une porte-parole du Quai d'Orsay du 10 avril 2003:

1 - IRAK
2 - FRANCE/ESPAGNE
3 - PROCHE-ORIENT/ARABIE SAOUDITE
4 - PARLEMENT EUROPEEN
5 - RENCONTRES POUR L'EUROPE
6 - BIENS PUBLICS MONDIAUX
7 - DEFENSE EUROPEENNE
8 - EUROPE

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1 - IRAK

''Au sujet de la situation en Irak, je vous rappelle le communiqué de la présidence de la République de ce jour :
Début de citation : ''La France, comme toutes les démocraties, se réjouit de la chute de la dictature de Saddam Hussein et souhaite la fin rapide et effective des combats.
Il est nécessaire maintenant de créer les conditions qui rendront au peuple irakien sa dignité dans la liberté retrouvée.
L'urgence est de permettre sans délai l'acheminement en Irak de l'aide humanitaire sous toutes ses formes. Dès que possible, après la phase nécessaire de sécurisation, l'Irak doit retrouver avec la légitimité donnée par les Nations Unies, sa pleine souveraineté dans une région stabilisée.''Fin de citation.
Je vous indique également la déclaration que vient de prononcer le ministre des Affaires étrangères à Sainte Maxime.
Début de citation : ''Avec la chute du régime de Saddam Hussein, c'est une page sombre qui se tourne. Et nous nous en réjouissons.
Nous sommes à un moment décisif de l'histoire de l'Irak et je veux croire à un nouvel espoir pour le peuple iraquien avec la fin de la dictature, un espoir de liberté et de développement.
Je pense aux souffrances qu'il a endurées et qu'il connaît encore à travers la guerre. La priorité aujourd'hui est de répondre à l'urgence humanitaire.
Je pense aussi aux peuples arabes, à leurs inquiétudes et à leurs sentiments mêlés souvent de frustration, d'injustice et d'humiliation.
Je souhaite que les combats s'achèvent le plus vite possible pour que l'Irak, avec l'appui de toute la communauté internationale, puisse s'atteler à sa reconstruction dans le respect de son unité, de son intégrité territoriale et de sa souveraineté.
Ensemble il faut maintenant construire la paix en Irak et cela passe pour la France par un rôle central des Nations unies. Ensemble il faut construire la paix dans toute la région et cela passe, aussi, par la recherche déterminée d'un règlement du conflit israélo-palestinien.'' Fin de citation.''

(Quelle est, selon vous, la légitimité et la légalité d'une administration civile et militaire américaine de l'Irak et celles du gouvernement irakien qui sera suscité par elle ?)
''Comme les autorités françaises l'ont indiqué dans leurs déclarations les plus récentes, toute légitimité passe nécessairement par les Nations-unies.''

(Les sérieuses réserves - pour ne pas dire plus - exprimées par la France au sujet de l'invasion de l'Irak sont-elles toujours valides à la lumière des derniers événements?)
''Nous avons été confrontés, lors des derniers mois, au choix de la guerre ou de la paix. Chacun a pris ses responsabilités en pleine conscience.
Aujourd'hui, se pose le choix de la paix. La France, fidèle à ses choix, estime pour sa part que la paix relève de la responsabilité collective.''

(L'ambassadeur d'Irak à l'Onu, Mohamed al-Douri aurait quitté New York pour Paris. Avez-vous confirmation de son arrivée en France?)
''A notre connaissance, M. Mohamed Al-Daouri ne ferait que transiter par la France.''

(L'ambassadeur de France à Bagdad doit-il rejoindre dans les prochains jours la capitale irakienne?)
''Le chef de la section des intérêts français en Irak a quitté Bagdad pour raison de sécurité. Son retour en poste n'est pas prévu dans l'immédiat.''

(Par ailleurs, est-il exact que le chargé d'affaires irakien à Paris doit être reçu aujourd'hui au Quai ?)
''Je n'en suis pas informée.''

2 - FRANCE/ESPAGNE

''Le ministre des Affaires étrangères, M. Dominique de Villepin, rencontrera demain vendredi 11 avril à Madrid son homologue espagnole, Mme Ana Palacio pour un déjeuner de travail.
Au cours de leur entretien, les ministres évoqueront les principaux dossiers internationaux, notamment la situation en Irak. Les ministres examineront également les questions européennes telles que celles de l'avenir institutionnel de l'Union et feront le point sur notre coopération bilatérale. ''

3 - PROCHE-ORIENT/ARABIE SAOUDITE

''Le ministre effectuera un déplacement du 11 au 13 avril en Egypte, en Syrie, au Liban et en Arabie Saoudite.
Cette visite s'inscrit dans le cadre de la concertation et de la coopération régulière que nous entretenons avec ces pays et intervient dans une période importante pour la région. Alors que la situation en Irak est évolutive et que nous sommes préoccupés par la situation humanitaire de la population, ce voyage a un quadruple objectif :
- écouter ce que nos interlocuteurs ont à nous dire sur l'Iraq, l'avenir de ce pays et de la région en général.
-exposer notre attachement aux principes de légalité internationale et de responsabilité collective, tout aussi pertinents hier que pour l'après guerre demain.
- réaffirmer l'urgence qui s'attache à relancer l'initiative sur la question palestinienne avec la publication prochaine de la feuille de route.
- entretenir en ce moment particulièrement important le dialogue politique auquel nous attachons un grand prix, qu'il s'agisse des questions internationales ou des sujets bilatéraux.
Le ministre se rendra le vendredi 11 avril en Egypte où il sera reçu par le président de la République, M. Hosni Moubarak, et aura des entretiens avec son homologue, M. Ahmed Maher. Il prononcera samedi au Caire un discours sur le monde méditerranéen et le Moyen- Orient qui exposera notre vision de la région et de l'avenir des relations que nous entretenons avec elle. Il rejoindra ensuite la Syrie, où il sera reçu par le président de la République, M. Bachar Al Assad et s'entretiendra avec son homologue syrien, M. Farouk Al Charaa. Il se rendra samedi soir au Liban où il sera reçu par le président de la République, M. Emile Lahoud, le président du Parlement, M. Nabih Berri et celui du conseil des ministres, M. Rafic Hariri. Il s'entretiendra également avec son homologue libanais, M. Mahmoud Hammoud. Le Ministre achèvera son voyage en Arabie Saoudite, où il devrait être reçu par le Roi Fahd et le Prince héritier Abdallah ainsi que par son homologue, le Prince Saoud Al Faysal.!
''

(Les mises en garde adressées à Damas par le secrétaire américain à la Défense Donald Rumsfeld vous paraissent-elles justifiées ? Préfigurent-elles, selon vous, un élargissement du conflit souhaité par une large fraction de l'opinion américaine ?)

''Je n'ai pas de commentaire particulier. Comme l'a indiqué le ministre, notre objectif reste bien celui de la paix et de la stabilité dans toute la région.''

4 - PARLEMENT EUROPEEN

Je vous rappelle notre communiqué du 9 avril par lequel Mme Noëlle Lenoir saisit le président Pat Cox pour que le Parlement européen respecte ses obligations institutionnelles à Strasbourg. Début de citation : ''Noëlle Lenoir, ministre française des affaires européennes, a fait part au président du Parlement européen, M. Pat Cox, de sa surprise et de sa profonde préoccupation, à la suite des votes intervenus le 9 avril réduisant à 10 le nombre de sessions plénières que ce Parlement tiendrait à Strasbourg en 2004, au lieu des 11 sessions résultant des traités et de la jurisprudence de la Cour de justice des Communautés européennes, en année électorale.
La ministre a demandé au président Pat Cox de bien vouloir réunir dès le 10 avril la Conférence des présidents du Parlement européen afin de rétablir sans délai le nombre de sessions plénières à Strasbourg conforme au droit en vigueur.
La ministre avait, le 5 mars dernier, appelé l'attention du Président Pat Cox et des Présidents de l'ensemble des groupes politiques de ce Parlement sur le caractère impératif des prescriptions en cause. Elle fait savoir aujourd'hui que le Gouvernement français prendra toutes dispositions pour que le droit applicable en la matière soit strictement respecté.
La ministre sera le 10 avril à Strasbourg afin d'installer le Comité de pilotage sur la valorisation de Strasbourg comme capitale européenne, dont le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin lui a confié la Présidence. Elle y évoquera à cette occasion les suites à donner aux votes du Parlement européen''.Fin de citation.

5 - RENCONTRES POUR L'EUROPE

''Mme Noëlle LENOIR, ministre déléguée aux Affaires européennes, se rendra vendredi 11 avril à Valenciennes dans le cadre de sa campagne '' Rencontres pour l'Europe ''.
Ces Rencontres pour l'Europe s'inscrivent dans la Campagne gouvernementale d'information souhaitée par le Premier ministre qui a confié à Noëlle Lenoir la mission d'aller à la rencontre des Français pour mener une campagne d'information sur le thème de l'élargissement de l'Europe.
A l'occasion de ce déplacement dont le thème central portera sur les fonds structurels européens, et afin d'associer les Français au grand débat public sur l'avenir de l'Europe, Mme Lenoir rencontrera des élus locaux, des chefs d'entreprises, ainsi que des étudiants.''

6 - BIENS PUBLICS MONDIAUX

''M. Pierre-André WILTZER, ministre délégué à la Coopération et à la Francophonie, a signé le mercredi 9 avril 2003 à Paris, avec M. Frank BELFRAGE, ambassadeur de Suède en France, un accord intergouvernemental par lequel les deux pays créent un Groupe de travail international sur les Biens publics mondiaux, qui avait été annoncé lors du sommet de Johannes bourg et dont le mandat s'achèvera le 31 décembre 2005.
Le Groupe de travail sera co-présidé par M.Ernesto ZEDILLO, ancien président du Mexique, aujourd'hui directeur du Centre d'études sur la mondialisation de l'Université de Yale aux Etats-Unis, et M. Tidjane THIAM, ancien ministre du Plan de Côte d'Ivoire, qui exerce aujourd'hui de responsabilités dans le secteur privé. Il sera composé d'une quinzaine de personnalités de haut rang, qui représenteront, par la diversité de leurs origines géographiques et professionnelles (responsables politiques, universitaires, représentants du secteur privé et de la société civile), l'ensemble des parties intéressées.
Les objectifs de ce groupe de travail seront : approfondir la réflexion sur les Biens publics mondiaux, d'un point de vue pratique et politique, chercher à définir les biens publics mondiaux ou régionaux essentiels dans une optique de développement durable et de lutte contre la pauvreté, analyser les conditions actuelles de production, de financement et de préservation, faire des propositions pour les améliorer, travailler de manière ouverte et transparente en associant l'ensemble des parties intéressées, et remettre un rapport de propositions concrètes en termes d'action politique.
La France contribuera au financement de ce groupe de travail.''

7 - DEFENSE EUROPEENNE

(La France est-elle favorable : 1/ à une clause de solidarité collective entre Européens, 2/ à une agence européenne de l'armement, 3/ à la création d'un Etat-major franco-belgo-germano-luxembourgeois dès le 1er mai 2004, 4/ à une agence chargée de coordonner les capacités militaires de ces quatre pays, 5/ à la création d'une force humanitaire quadripartite ?.)
''Sur vos deux premiers points, je vous renvoie à la contribution commune franco-allemande à la Convention pour l'avenir de l'Europe du 21 novembre dernier, qui aborde, entre autres, ces questions.
Pour le reste, attendons les discussions et les conclusions du sommet du 29 avril.''

8 - EUROPE

(Un compromis est-il possible avec Madrid sur la répartition des contrats du programme Galileo ou bien ce programme peut-il être engagé sans la participation de l'Espagne ?)
''Comme vous le savez, l'Espagne est un acteur historique et dynamique de la construction spatiale européenne.
Nous comprenons et apprécions la volonté espagnole d'être, sur le programme Galileo, l'une des nations les plus en pointe.
Les discussions se poursuivent actuellement sur la clef de répartition du financement et des programmes de Galileo.
La France espère que la résolution de la question des souscriptions au programme sera bientôt résolue afin que le développement de Galileo commence sans tarder davantage.''

- - - - - - - - - - - -
Pour consulter les points de presse précédents :
http://www.diplomatie.gouv.fr/actu/pointpresse.asp

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-04-11 11:04:13
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Jeudi 10 avril 2003

DIPLOMATIE


C’est l’Espagne qui

sauvera la France

de l’isolement !

"ABC", Madrid

Les relations franco-espagnoles n’étant pas gravement affectées par la crise irakienne, Madrid pourrait jouer les intermédiaires d’une réconciliation entre Paris et Washington, veut croire le quotidien conservateur "ABC".

L’Espagne et la France ont maintenu et continuent de maintenir des positions divergentes, mais non antagonistes, au sujet de la guerre en Irak. Cette discordance s’est répercutée sur le climat d’entente entre les deux pays, mais elle n’a pas ébranlé les bases solides sur lesquelles reposent leurs relations, ainsi que l’ont souligné Jacques Chirac et José María Aznar lors de leur dernière rencontre à Paris [le 26 février]. Les deux dirigeants ont réaffirmé leur volonté de lutter ensemble contre ETA, en accord avec la position commune adoptée par les Quinze pour harmoniser les législations et la lutte antiterroristes.

La France est la principale destination des exportations espagnoles (à hauteur de 20 %), et plus de 17 % de nos importations viennent de notre voisin du nord. Les produits agroalimentaires espagnols représentent 11 % du total des importations françaises, ce qui donne une idée de la bonne santé de nos relations commerciales. Plus de 500 entreprises espagnoles opèrent en France, dont les investissements directs dans notre pays, particulièrement importants ces vingt dernières années, ont abouti à la création de 1 200 filiales espagnoles de sociétés françaises, qui emploient plus de 200 000 personnes.

Les divergences entre Madrid et Paris à propos du conflit en Irak sont apparues très clairement dès l’avant-guerre. Ce qui les sépare, au-delà de la méthode à adopter pour faire respecter les résolutions de l’ONU par Saddam Hussein ou de l’interprétation de la résolution 1441 (autorisait-elle ou non l’usage de la force ?), c’est une conception différente de l’atlantisme en tant qu’instrument de la sécurité européenne dans le nouveau paysage stratégique défini par les Etats-Unis après le 11 septembre 2001.

La dure condamnation par la France de “l’unilatéralisme” des Etats-Unis, exprimée par son ministre des Affaires étrangères, Dominique de Villepin, a eu des répercussions négatives sur le consensus européen. Le gouvernement espagnol, contrairement à ce que Paris semble croire, n’entend pas que l’Europe se construise en tournant le dos aux Etats-Unis et n’accepte pas que l’axe franco-allemand s’érige en représentant de l’Union européenne ni se distancie du sud et de l’est du continent. Enfin, l’Espagne refuse que la France devienne la référence d’un modèle européen préférant s’aligner sur la Chine ou la Russie et faisant preuve d’agressivité vis-à-vis de Washington.

La position du gouvernement espagnol est partagée par un groupe de politiques et d’intellectuels français, plus influents que majoritaires, et, ce qui est important, issus d’horizons politiques différents : les philosophes André Glucksmann ou Pascal Bruckner, l’ex-ministre socialiste Bernard Kouchner ou le député Pierre Lellouche, qui a été pendant plusieurs années le conseiller diplomatique de Jacques Chirac, ont averti du danger que représente un affrontement franco-américain et critiqué “l’antiaméricanisme primaire” qui se dégage actuellement de certaines attitudes de la France.

Paris est appelé à jouer un rôle important dans l’après-guerre. Mais sa contribution au “jour d’après” - indispensable pour retrouver le consensus perdu et soigner les blessures - passe d’abord par la restauration de ses liens avec Washington. L’Espagne, qui aux côtés des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne a montré qu’elle était prête à se faire le porte-drapeau d’une nouvelle coalition atlantique, doit jouer un important rôle de médiateur. Le degré d’implication de notre pays dans le conflit irakien et la fermeté d’Aznar peuvent être d’une grande utilité pour dénouer, à l’aube d’un nouvel ordre mondial, cette insupportable situation de mésintelligence. Jacques Chirac doit être conscient qu’à un moment donné il ne pourra pas aller plus loin dans sa prise de distance avec les Etats-Unis et que la légalité internationale, symbolisée par les Nations unies et aujourd’hui mise à mal, doit être précisément rétablie sur les fondations de la reconstruction de l’Irak. Si la France veut participer à la reconstruction - et elle le doit -, elle devra également assumer sa part de responsabilité et renoncer à certaines idées maximalistes au nom d’une nouvelle et solide configuration des relations internationales.


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-04-10 11:03:42
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Mercredi 9 avril 2003

ACTUALITES DIPLOMATIQUES
[diplomatie-actualites] Point de presse du porte-parole du Quai d'Orsay du 08 avril 2003
Actualités diplomatiques du ministère des Affaires étrangères

Sommaire du point de presse du 8 avril 2003 :

1 - GRANDE-BRETAGNE/FRANCE
2 - DIALOGUE 5+5
3 - KOWEIT
4 - FRANCE/SUISSE/G8
5 - FRANCE/UKRAINE
6 - COLOMBIE
7 - CUBA
8 - PROCHE ORIENT
9 - HAITI
10 - SERBIE-ET-MONTENEGRO
11 - IRAK

______________________________________

1 - GRANDE-BRETAGNE/FRANCE

'' M. Jack Straw, ministre des Affaires étrangères du Royaume-Uni,
sera demain mercredi 9 avril à Paris, pour une courte visite de travail. Il
aura un petit-déjeuner de travail avec M. Dominique de Villepin à 8h. Les
deux ministres évoqueront naturellement l'ensemble du dossier irakien, le
Proche-Orient, les questions européennes et les relations bilatérales. ''

(Est-ce à sa demande qu'il vient ?)
'' Il a souhaité venir. ''

(Quelques mots sur Patricia Hewitt. Avez-vous une déclaration sur les
propos du ministre du Commerce britannique ?)
'' Ces propos du ministre du Commerce britannique, rapportés par la
presse, ne sont pas acceptables. Ils nous semblent contraires à la ligne
politique générale de son gouvernement et nous ont donc conduits à demander
des explications aux autorités britanniques. C'est ce que nous avons fait ce
matin. ''

2 - DIALOGUE 5+5

'' La France accueillera les mercredi 9 et jeudi 10 avril à
Sainte-Maxime la troisième rencontre des ministres des Affaires étrangères du
dialogue 5+5 (pour mémoire : Algérie, Espagne, France, Italie, Libye,
Malte, Maroc, Mauritanie, Portugal, Tunisie) depuis la relance de ce dialogue
à Lisbonne en janvier 2001. Cette réunion permettra de manifester la
solidarité active qui existe entre l'Europe du Sud et le Maghreb dans un
contexte international difficile.
La France est particulièrement attachée à cette enceinte de dialogue
politique informel entre les deux rives de la Méditerranée occidentale, dont
elle avait lancé l'idée dès le début des années 80. Cette enceinte se
distingue, de par son caractère géographique et informel, du processus de
Barcelone qui regroupe les 15 pays de l'Union européenne et 12 partenaires de
la rive Sud de la Méditerranée.
La réunion de Sainte-Maxime permettra d'évoquer de manière libre et
ouverte la situation internationale, en particulier le conflit en Iraq et le
Proche-Orient, ainsi que des questions d'intérêt commun, telles que la
sécurité et la stabilité en Méditerranée occidentale, l'intégration
économique régionale et la question des migrations et des échanges humains.
La discussion des ministres des Affaires étrangères sur le thème des
migrations et échanges humains, pour lequel nous ferons avec le Maroc des
propositions en vue d'une approche globale et équilibrée, s'inscrira dans la
lignée de la rencontre des ministres des Affaires sociales du 5+5 à Tunis en
octobre 2002.
Le ministre présidera les débats à Sainte-Maxime, auxquels
participera le secrétaire d'Etat, M. Renaud Muselier. Ils tiendront une
conférence de presse à l'issue des travaux.

(Qui ils ?)
'' Le ministre et M. Muselier. ''

(Y aura-t-il une déclaration à la fin des travaux ou une déclaration
conjointe ?)
'' Oui, en général, il y a des conclusions de la présidence, c'est
une réunion informelle. ''

(Donc pas de déclaration conjointe ?)
'' On verra sous quelle forme exacte les travaux du groupe 5+5 seront
reflétés à leur issue. ''

(Est-ce que la présence de tous les ministres des Affaires étrangères
est confirmée ?)
''Oui. ''

(Pouvez-vous nous donner des indications pratiques sur les horaires ?)
'' Cela commence le mercredi 9 dans l'après-midi. ''

(Est-ce que la séance inaugurale est publique ?)
''La presse peut assister à la séance inaugurale. ''

(Quelle importance aura l'Irak dans ces discussions ?)
'' On ne parlera pas que de l'Irak. On parlera aussi du Proche-Orient
et on parle aussi d'autres sujets d'intérêt commun.''

(Plusieurs ministres du Sud viennent ?)
'' A ma connaissance, oui. ''

(Où se tiendra la prochaine réunion sur la rive Sud ?)
'' Je ne sais pas exactement. Pas en Libye parce que la dernière
s'est tenue à Tripoli. Dans l'un des quatre autres pays. ''


3 - KOWEIT
(Il y a aujourd'hui le ministre des Affaires étrangères koweitien qui
vient à Paris. Est-ce que vous pouvez redire le programme et la rencontre
avec M. de Villepin ? L'heure, le sujet, un point de presse ?)
'' L'entretien portera essentiellement sur la question de l'Irak et
des relations bilatérales.''

(Le Koweit monte en ce moment une campagne importante pour la
recherche de 600 personnes qui ont disparu pendant la première guerre du
Golfe ou la deuxième. Vous a-t-on informés déjà de cette campagne et est-ce
que vous la soutenez ?)
'' Non, je ne suis pas informé de cette campagne particulièrement. Je
ne doute pas qu'on la soutienne. Vous savez l'importance que la France
accorde traditionnellement à la question des disparus de la première guerre
du Golfe. Question douloureuse s'il en est. ''

4 - FRANCE/SUISSE/G8


'' L'ambassadeur de France en Suisse, M. Jacques Rummelhardt et le
secrétaire d'Etat suisse aux Affaires étrangères, M. Franz von Daniken,
signent aujourd'hui, mardi 8 avril 2003, un accord entre la France et la
Suisse relatif à la coopération entre les deux Etats à l'occasion du G8 qui
se tiendra à Evian-les-Bains du 1er au 3 juin 2003.
L'accord concrétise et fixe le cadre juridique de la volonté des deux
Etats de coopérer, conformément à la longue tradition qui s'est instaurée
entre la France et la Suise, en vue d'assurer le bon déroulement du Sommet
d'Evian. Il est conçu comme un accord-cadre qui fixe les grandes lignes de la
coopération entre la Suisse et la France. Il tient compte à la fois de la
souveraineté des deux Etats et des accords bilatéraux en vigueur, en
particulier de l'Accord du 11 mai 1998. L'Accord sera applicable dès sa
signature. ''

5 - FRANCE/UKRAINE

''Le Secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères a reçu aujourd'hui M.
Serhii Tyhypko, gouverneur de la Banque nationale d'Ukraine, qui rencontrera
demain son homologue de la Banque de France, M. Trichet. MM. Muselier et
Tyhypko ont évoqué ensemble la situation économique et politique de
l'Ukraine, la crise en Irak, l'avenir des relations entre l'Union européenne
et l'Ukraine, ainsi que les relations bilatérales franco-ukrainiennes. ''


6 - COLOMBIE

'' La France condamne avec émotion l'assassinat hier du journaliste
colombien Emeterio Rivas. M. Rivas avait, semble-t-il, reçu des menaces
émanant des groupes armés illégaux agissant en Colombie. Sa mort s'inscrit,
malheureusement, dans la longue liste des journalistes victimes de la
violence politique dans ce pays. Nous exprimons notre solidarité avec les
membres de la presse colombienne et nous saluons le courage avec lequel ils
exercent leur métier. Le ministre, à Bogota en novembre dernier, avait évoqué
la situation tragique des journalistes en Colombie. ''

7 - CUBA
(Il y a eu des sentences de prison et autres contre des dissidents
cubains déjà émises hier. Quelle est la réaction de la France ?)
''J'ai réagi hier, déjà. ''

(Oui, mais maintenant, il y a un fait nouveau ?)
''Je n'ai pas de réaction nouvelle aujourd'hui. Il faut que je prenne
connaissance de ces éléments.''

8 - PROCHE ORIENT
(Hier, vous avez fait une déclaration ferme concernant Jérusalem-est
où vous avez regretté l'action israélienne. Avez-vous un écho des autorités
israéliennes et avez-vous fait passer un message à Israël par voie
diplomatique concernant l'appréciation de la chose ?)
'' Nous n'avons pas encore de réponse officielle des autorités
israéliennes, nous nous concertons sur cette question et nous vous
informerons des suites que notre démarche pourra impliquer. ''

9 - HAITI
(Hier, le président haïtien a demandé que la France paie des
réparations pour une somme de 5 milliards de dollars. Avez-vous un
commentaire ?)
'' Je précise que depuis le retour du président Aristide au pouvoir,
la communauté internationale a globalement alloué à Haïti près de deux
milliards d'Euros, dont plus de deux cent millions d'Euros d'aide française.
Malheureusement, en dépit de cet engagement massif, fort peu de résultats ont
été enregistrés en terme de développement. La mauvaise gouvernance, la
dégradation de la sécurité liée aux graves conflits politiques actuels sont
les principales raisons de la dérive sociale et économique du pays.
Malgré la crise politique en Haïti, la France est consciente de la
détresse du peuple haïtien et nous avons maintenu intégralement notre aide en
la réorientant vers des actions qui bénéficient directement à la population,
notamment à la paysannerie. La France regrette que l'attitude actuelle du
pouvoir haïtien ne permette pas de coopérer davantage. ''



(Vous faites un lien entre ces chiffres et les demandes haïtiennes ?)
'' Bien sûr que non. Vous savez que la communauté internationale,
lors des débats qui ont eu lieu à Durban il y a près de deux ans, n'a abouti
à aucune conclusion sur ce point. Les pays de l'Union européenne n'acceptent
pas ce genre de raisonnement, je me bornais simplement à rappeler que nous
n'avions pas de leçons à recevoir, particulièrement pas des autorités
haïtiennes actuelles, en matière d'aide au développement en Haïti. ''

10 - SERBIE-ET-MONTENEGRO
(Quelle a été la ventilation des aides françaises fournies à la
Yougoslavie ?)
''Sur la période 1999-2002, la Serbie et Monténégro a reçu 35,9
millions d'Euros d'aide bilatérale, dont 35,21 pour la Serbie et 0,38 pour le
Monténégro. Pour 2003, 5,8 millions d'Euros sont affectés. 5,37 pour la
Serbie et 0,43 pour le Monténégrin.
Pour la période 1999-2003, cela fait donc 41,69 millions d'Euros.
Nos priorités en Serbie et Monténégro portent sur l'instauration d'un
état de droit et le soutien aux réformes dans la perspective du rapprochement
européen de l'état commun. Je dispose également de la ventilation entre
Serbie et Monténégro année par année, de la ventilation de l'assistance
bilatérale poste par poste et d'une comparaison avec les principaux autres
donateurs. ''

11 - IRAK
(Avez-vous des commentaires sur les déclarations de MM. Blair et Bush
?)
'' Pas de commentaire. ''

(Avez-vous des commentaires de M. Kofi Annan sur le fait que tout le
monde est d'accord pour qu'il y ait une deuxième résolution de l'ONU
définissant son rôle dans l'après-guerre ?)
''Nous soutenons toujours le secrétaire général des Nations unies et
d'ailleurs comme vous le savez, il doit passer par Paris jeudi. ''

(A quelle heure ?)
'' Le programme exact vous sera présenté, je pense, cet après-midi. ''

(Travaillez-vous sur un texte possible concernant la deuxième
résolution ?)
'' Non pas pour l'instant. ''

(Est-ce que la situation tragique des journalistes à Bagdad mérite
une condamnation ?)
''Je présente mes condoléances aux familles des journalistes à tombés
en Irak au service de l'information et à leurs rédactions. Nous sommes
attachés à la sécurité des journalistes en zone de conflit. Vous connaissez
l'engagement de ce ministère et du ministère de la Défense aux côtés de
Reporters sans Frontières sur ce terrain. ''

(Lors de la réunion des trois ministres à Paris, le Français,
l'Allemand et le Russe, la semaine dernière, on se souvient que le ministre
russe a demandé l'arrêt des hostilités en Irak. Jusqu'à présent, la France ne
l'a pas demandé. Appuyez-vous cette demande ? cette question sera-t-elle
discutée avec le Secrétaire général de l'ONU ?)
''Je ne crois pas qu'il y ait lieu, parce que les termes utilisés ne
sont pas exactement les mêmes, de spéculer sur des divergences sur ce point.
Ce qui est ressorti de manière très claire de la réunion de vendredi, c'est
que nous partagions tous les trois la même approche. Et comme l'a dit le
ministre, nous souhaitons tous que cette guerre se termine le plus tôt
possible. Vous savez quelle est notre position sur ce sujet. ''

(Après la chute de Saddam Hussein, la France reconnaîtra-t-elle ce
nouveau gouvernement ?)
'' Il s'agit d'une question hypothétique. ''

(Reconnaîtrez-vous un gouvernement qui n'aura pas l'appui de l'ONU ?)
'' C'est à nouveau une question hypothétique. ''

(L'OMS, la Croix Rouge internationale et d'autres encore lancent des
cris d'alarmes sur la gravité de la situation humanitaire en Irak. Jusqu'à
maintenant, on fait la sourde oreille à l'application de la résolution 1472.
Quelle est votre position et que faites-vous pour la faire appliquer ?)
'' En quoi n'est-elle pas appliquée ? ''

(L'absence de couloirs humanitaires et le fait que les Américains
veuillent eux-mêmes faire appliquer le programme '' pétrole contre nourriture
''. Ce n'est pas à eux de faire et c'est une violation à la résolution 1472.)
'' Il y a deux choses : d'une part, les mesures pratiques et ces
mesures dépendent de la situation sur le terrain, de la sécurisation du
terrain. Plus tôt l'ensemble des agences de l'ONU pourront intervenir sur
l'ensemble du territoire irakien, mieux cela vaudra. De plus, concernant
l'interprétation à donner à certaines dispositions de la résolution par
rapport aux résolutions antérieures, il existe un comité des sanctions qui
est le comité 661. C'est au sein de ce comité que peuvent se régler les
différents qui se posent. ''

(Mais les Américains veulent appliquer eux-mêmes le programme ''
pétrole contre nourriture '' ?)
'' J'ai répondu en évoquant le comité 661. ''

(La France reconnaissant les Etats et pas les gouvernements, quel
sera notre interlocuteur juridiquement valable en Irak dès aujourd'hui ? Nous
avons toujours une mission à Paris ?)
'' Exact, la France reconnaît les Etats, pas les régimes. ''

(La fermeture n'a pas été demandée ?)
'' Il n'a jamais été question de cela. ''

(Notre représentant à Bagdad est rentré.)
'' Oui, pour des raisons de sécurité. ''

(Qui est notre interlocuteur aujourd'hui en Irak ?)
'' Ce n'est pas à nous à en décider, c'est à la communauté
internationale qui ne connaît pour l'instant qu'une seule autorité en Irak
qui est celle du régime irakien actuel qui a un représentant aux Nations
unies et ici comme dans tous les pays où l'Irak entretient soit une section
d'intérêt, soit un consulat soit une ambassade. ''

(Faudra-t-il que l'ONU prenne la décision de ne plus reconnaître ce
régime irakien pour que les choses soient légales ?)
'' C'est encore une question hypothétique.''

(Mais en général ?)
'' La tradition aux Nations unies est d'examiner chaque année, en
début d'assemblée générale, les pouvoirs de chaque délégation dans le comité
des pouvoirs. C'est une procédure de routine. ''

(Il faut donc attendre le début de l'année ?)
'' Il peut y avoir des procédures exceptionnelles. ''

(Avons-nous une position claire et précise sur les menaces prononcées
par les dirigeants américains contre la Syrie ?)
'' Oui, et elle résulte de toute une série de déclarations, mais,je
ne pense pas que nous l'ayons, jusqu'à présent formulée de manière globale.
Nous l'avons abordée à propos de différentes questions. Nous l'avons d'abord
traitée sous l'angle de l'appel à la retenue, nous avons appelé tous les
Etats de la région à la retenue, mais je reconnais que cela ne répond que
partiellement à votre question. ''

(Vendredi M. de Villepin a utilisé le terme de sécurisation. Cela
veut-il dire que ce serait la fin des combats, cette sécurisation peut-elle
aboutir à la fin des combats ?)
'' C'est une formule assez générale que nous n'avons pas souhaitée
préciser davantage. Nous l'avons utilisée dans un contexte où il était
question du rôle des Nations unies en Irak. Il est clair que cette question
soulève toute une série d'interrogations diverses. L'une des questions les
plus importante est le rôle des Nations unies : à partir de quand, dans
quelles conditions ? Le ministre a dit qu'il fallait d'abord un minimum de
sécurisation qui permettent aux Nations unies d'opérer, c'est une position
qui n'est pas seulement celle de la France mais également partagée par
plusieurs autres Etats. C'est du bon sens. ''

(Même si les opérations militaires ont encore lieu ?)
'' Nous n'avons pas souhaité préciser davantage le concept parce
qu'il n'est pas lié à une décision de tel ou tel mais il est lié à une
appréciation que feront les Nations unies sur leur capacité à opérer dans un
contexte suffisamment sécurisé. ''


(L'aide humanitaire en Irak rencontre des situations terribles, ils
ne parviennent pas à travailler. Il y a une pénurie de tout, y compris de
médecins et en même temps, deux médecins de '' Médecins sans Frontière '' ont
été renvoyés à Bagdad, séquestrés par des Irakiens pensent l'organisation.
Savez-vous quelque chose ?)
'' Nous suivons bien sûr cette affaire de très très près et nous
sommes mobilisés à propos du sort de ces deux médecins. Je n'en dirai pas
plus aujourd'hui. ''

(Avez-vous un commentaire concernant les deux journalistes de la
chaîne de télévision Al-Jazira qui ont été tués ?)
'' Je présente mes condoléances à la chaîne Al-Jazira comme à la
chaîne ITN qui a perdu l'un des siens, comme à tous les autres organes de
presse qui ont perdu des journalistes au service de l'information en Irak,je
l'ai dit. ''

(Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur le '' rôle central de l'ONU
'' ?)
'' Je ne souhaite pas élaborer davantage sur ce sujet qui fera
l'objet de consultations avec les principaux pays concernés. Nous recevrons
demain M. Jack Straw et nous nous concerterons avec les pays de la région.
Il sera important d'écouter leur point de vue. ''

(Un des porte-parole de Koffi Annan a dit il y a deux jours qu'un
gouvernement désigné sous l'occupation serait un gouvernement illégal.
Soutenez-vous les Nations unies ?)
''Par principe, nous souscrivons aux analyses du Secrétaire Général,
même si nous n'utilisons pas toujours exactement les mêmes mots. ''

(Y a-t-il des consultations déjà entre les Américains les
Britanniques et vous ?)
'' Nous avons des contacts téléphoniques avec les Américains. Le
ministre a vu Colin Powell à Bruxelles jeudi dernier , nous recevrons M.
Straw demain. ''

(Vous avez donc votre point de vue à donner aux Américains. Vont-ils
l'accepter ?)
'' Je ne sais pas, il faut le leur demander. ''

(La France accepte-t-elle le principe d'un gouvernement dirigé par un
général américain, une personnalité qui ne serait pas irakienne ?)
'' Je ne ferai aucun commentaire, c'est une question hypothétique. ''

(Le reconnaissez-vous ce général américain ?)
'' Pour l'instant, l'autorité à Bagdad, c'est le régime irakien. ''

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ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-04-09 08:29:48
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Mercredi 2 avril 2003

IRAK
LA GUERRE

Un ministre italien
accuse la France

Rocco Buttiglione, ministre des Affaires européennes, estime que la France, par la menace de son droit de veto dans la crise irakienne, a rendu l'ONU "impuissante" et sans crédibilité.

 
Rocco Buttiglione
 
La France a commis "une erreur" dans la crise irakienne en jouant la carte du "jusqu'au-boutisme" qui a finalement conduit à la guerre, estime le ministre italien des Affaires européennes Rocco Buttiglione, dans un entretien avec le journal La Tribune publié mardi.
"En jouant la carte du jusqu'au-boutisme, la France a commis une erreur", déclare Rocco Buttiglione.
Le ministre italien estime qu'une deuxième résolution aurait été préférable car, "ainsi, l'horreur d'une guerre aurait pu être évitée".
Le président du Conseil italien Silvio Berlusconi avait déjà accusé la France lors du sommet européen de Bruxelles les 20 et 21 mars derniers d'avoir, par la menace de son droit de veto dans la crise irakienne, rendu l'ONU "impuissante" et sans crédibilité.

Paris est "froissé"

Le gouvernement français s'était dit "froissé" par ces accusations et a signifié jeudi à Rome son mécontentement aux autorités italiennes.
Rocco Buttiglione estime par ailleurs que le sommet prévu le 29 avril à Bruxelles sur la défense européenne entre la France, l'Allemagne, la Belgique et le Luxembourg est aussi "une erreur". "Cette réunion est une erreur et risque d'accentuer les divergences entre partenaires en donnant l'impression que l'Europe est assommée par les divisions", juge le ministre italien.
Son collègue aux Affaires étrangères, Franco Frattini, a toutefois proposé dans un entretien publié mardi dans la presse italienne que cette réunion, qu'il qualifie de "bonne initiative", soit élargie aux Quinze.


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-04-02 11:46:43
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Samedi 29 mars 2003

EUROPE

Paris et Londres travaillent à renouer leurs liens
LEMONDE.FR | 29.03.03 | 18h30
Lors d'un entretien téléphonique à l'initiative du premier ministre britannique, Tony Blair et le président français Jacques Chirac ont affirmé, samedi, leur volonté de "travailler étroitement ensemble" sur l'après-guerre en Irak.

Après une période de vive tension, Paris, chef de file du camp des adversaires d'un conflit armé en Irak, et Londres, compagnon d'armes des Etats-Unis dans le Golfe, ont apparemment décidé de relancer leur coopération. Lors d'un entretien téléphonique à l'initiative du premier ministre britannique, Tony Blair et le président français Jacques Chirac ont affirmé, samedi 29 mars, leur volonté commune de "travailler étroitement ensemble" sur l'après-guerre en Irak. Certes, M. Chirac a encore fait part à son interlocuteur de "son inquiétude devant les développements de la guerre et ses suites" et lui a redit "son souhait que les opérations militaires puissent se terminer le plus rapidement possible avec le moins de dommages possibles". Il a renouvelé à Tony Blair ses condoléances pour les pertes subies par les forces britanniques en Irak.

Mais le point essentiel est que les deux hommes "sont convenus de l'importance du rôle à confier aux Nations unies après le conflit". Ils ont également souligné "l'interêt et l'importance de la mise en oeuvre" par le secrétaire général des l'ONU, Kofi Annan, de la résolution "prioritaire pour le peuple irakien", adoptée vendredi à New-York et qui autorise la relance du programme humanitaire "Pétrole contre nourriture" pour l'Irak.

De retour de Camp David où il s'est entretenu, le 27 mars, avec George W. Bush, Tony Blair a rapporté au président français la teneur de ses échanges avec président américain sur le Proche-Orient. A ce sujet, les deux leaders européens se sont entendus sur la "nécessité d'engager une dynamique politique" par la "publication de la feuille de route du Quartet" des médiateurs internationaux pour le Proche-Orient. Déjà, le 26 mars, le gouvernement français avait relevé l'existence d'une concordance de vues avec le gouvernement britannique sur la crise israélo-palestinienne, en particulier sur la nécessité d'appliquer le plus rapidement possible les résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU. Mais le président français a aussi tenu à souligner "les gestes accomplis, notamment en matière de réformes, par les Palestiniens".

Enfin, MM. Blair et Chirac ont évoqué ensemble les relations entre l'Inde et le Pakistan et ont "marqué leur intention de poursuivre des efforts coordonnés" sur ce dossier, a indiqué l'Elysée.

Avec AFP et Reuters


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-03-29 13:32:52
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Vendredi 28 mars 2003

BOYCOTT

Les listes de produits français à boycotter se multiplient


New York: Guillemette Faure
[28 mars 2003]

«Il n'y a personne ici qui puisse répondre à vos questions. Vous savez, on est tout petit...», explique un peu confuse la standardiste du bureau de Floride d'où opère le site Internet NewsMax.com. Tout petit, mais suffisamment important pour s'offrir mercredi dans le New York Times un quart de page de publicité appelant au boycott des produits français. Ornée d'une photo de Jacques Chirac, l'annonce rappelle que «nous n'oublierons pas la façon dont la France a inlassablement travaillé pour soutenir l'Irak». Elle liste les «produits et services français» interdits, une énumération un peu confuse qui mélange des marques et des entreprises («Air liquide... le magazine Elle... tous les roqueforts...»), tout en omettant quelques grands groupes présents aux États-Unis (des banques, des firmes de luxe). Au New York Times, la responsable de la communication, Catherine Mathis, rappelle que le quotidien «acceptait la publicité d'opinion». Et de conclure: «Nous ne portons pas de jugement sur ces opinions et sur leurs arguments factuels.»

En dehors d'interdire les produits français, NewsMax.com se présente comme un site Internet républicain bon teint, qui publie les billets de chroniqueurs conservateurs et commercialise toutes sortes de produits dérivés de ces idées, des photos de Ronald Reagan aux T-shirts «J'aime Bush». NewsMax.com publie également un magazine du même nom, qui se targue d'avoir été «le premier à prévoir que Gore essayerait de voler les résultats de l'élection de 2000», «le premier à avertir d'une récession à venir» et dont les pages sont consacrées à ses héros (Donald Rumsfeld, John Aschcroft) et à ses têtes de Turc (les époux Clinton).

C'est un ex-grand reporter au New York Post, Christopher Ruddy, qui dirige cette petite société lancée en septembre 1998. Il défend sans réserve les thèses des «ultraconservateurs» américains. Il suffit de se rendre dans la boutique en ligne – elle génère environ 50% des 4,5 millions de dollars de recettes du petit groupe – pour s'en faire une idée plus précise. Fin 2001, NewsMax.com comptait 60 000 abonnés payants à son mensuel en ligne, soit une progression de 100% en un an. Malgré cela, la société affichait plus de 4,3 millions de dollars de pertes. La nouvelle guerre en Irak est idéale pour recruter de nouveaux abonnés. Un joli coup de pub.

NewsMax.com n'est pas le seul à en profiter: il a pioché sa liste sur un autre site: Metrospy.com, où là non plus personne ne souhaite répondre aux appels de journalistes. Metrospy.com veut fournir des conseils «à ceux qui veulent mener le boycott sérieusement», mais aussi d'autres listes comme celle des entreprises dont il faut vendre les titres, ou celle des événements internationaux à boycotter. Pour compléter la panoplie, Metrospy.com vend également, à côté d'autocollants «Boycott France», des porte-clés, listes de courses, à avoir avec soi au supermarché pour savoir en un clin d'œil si le produit acheté n'aurait pas des appartenances françaises cachées.

Plusieurs sites ont déjà entrepris de fournir des modes d'emploi des marques françaises, parce que, explique l'opérateur qui veut rester anonyme de FranceStinks.com, «l'Américain moyen ne sait pas que la chaîne Motel 6 appartient à un groupe français» (Accor). Ces listes ne font pas l'unanimité. Bill O'Reilly, l'animateur de Fox architecte, premier porte-parole du boycott, a limité sa liste à neuf marques françaises, en excluant les chaînes d'hôtel pour, dit-il, protéger les emplois des Américains qui y travaillent et «ne pas faire de mal aux franchisés». Il prône en revanche le boycott des produits vendus au détail, comme l'eau d'Evian ou les yaourts Danone. Il ne sait probablement pas qu'ils sont produits dans trois entreprises américaines.
(Avec Jacques-Olivier Martin à Paris)

Stigmatisé pour sa «déloyauté», l'Hexagone est désormais sous la menace de représailles économiques et politiques dans l'après-guerre


(Dobritz)
 
Comment les États-Unis veulent punir la France


Washington : de notre envoyé spécial Charles Lambroschini
[28 mars 2003]

«La France se conduit en ennemi stratégique des États-Unis»... Spécialiste des questions de sécurité, Michael Ledeen appartient à ce groupe d'intellectuels de droite qui a donné au «nouvel ordre mondial» célébré par George W. Bush sa légitimité idéologique. Participant à un colloque de l'American Enterprise Institute, un des centres de recherche stratégiques les plus réputés de Washington, il ne mâchait donc pas ses mots lundi: «L'Amérique profonde est très en colère contre Jacques Chirac. En encourageant Saddam à la résistance, la politique du président français a coûté la vie à plusieurs de nos soldats.»

Washington est habitué à la contestation française. James Wolsey, directeur de la CIA au temps de Clinton, rappelle que, déjà, lors de la guerre d'indépendance américaine, les relations étaient souvent tendues entre George Washington et Lafayette, le vainqueur de la bataille de Yorktown, qui vit pourtant tomber plus de Français que d'Américains. Helmut Sonnenfeldt, ancien de l'équipe Kissinger, énumère depuis son bureau de la Brookings Institution, les innombrables différends qui ont marqué les rapports franco-américains depuis cinquante ans: sous de Gaulle, la querelle à propos de la force nucléaire française ou la rupture avec l'Otan; plus tard, le contentieux du gazoduc sibérien, Paris étant accusé d'avoir poussé l'Europe à faire affaire avec l'URSS. Mais la crise actuelle est bien plus profonde. La dispute, explique Wolsey, a de loin dépassé le niveau de celles qui mettent du sel dans la vie des vieux couples. «Ce que nous reprochons à la France, ce n'est pas qu'elle exerce son droit à la liberté d'expression, mais d'être allée trop loin. Elle a organisé la coalition du non à l'Amérique.»

Les civils du Pentagone, qui donnent à l'Administration Bush son ton radical, se veulent impitoyables: il faut que Chirac paie son insolence. Des représailles économiques seraient la riposte la plus logique. Un banquier français de New York remarque: «Dans les mois à venir, un PDG qui aura le choix entre signer avec un PDG français, italien ou espagnol, risque d'écarter systématiquement le Français.» Le problème, c'est qu'en punissant les entreprises françaises on punit aussi les entreprises américaines. Boycotter Evian se solderait par une perte sèche pour Coca-Cola qui est le distributeur de cette eau minérale pour les États-Unis. Refuser d'acheter des pneus Michelin condamnerait au chômage les milliers d'ouvriers américains qui travaillent dans les usines que le groupe français a ouvertes en Caroline du Sud. Entre l'Europe et les États-Unis, qui échangent chaque jour 1 milliard de dollars en marchandises et 2 milliards en produits financiers, le commerce est en effet trop imbriqué pour qu'il soit possible de distinguer entre les intérêts de l'un et ceux de l'autre. Lorsque le député républicain du New Jersey, James Saxton, a appelé les sociétés qui ont des contrats avec le Pentagone à boycotter le Salon aéronautique du Bourget, il s'est heurté à un refus catégorique. «Si nous n'y allons pas, ont répondu unanimes les industriels américains, nous perdrons des marchés.»

La sanction sera d'abord symbolique. On videra encore quelques bouteilles de beaujolais dans les caniveaux de New York et le stilton britannique connaîtra plus de succès que le roquefort. Ginny Brown-Waite, une député républicaine de Floride, a eu sa minute de gloire télévisée quand elle a proposé de rapatrier les corps des GI tombés en Normandie le 6 juin 1944: «Nos soldats doivent reposer dans leur patrie plutôt que dans un pays qui ne respecte pas la mémoire des Américains morts pour la France.»

À écouter Justin Waisse, un chercheur français de la Brookings Institution, le vrai pouvoir de nuisance ne se révélera qu'au moment de la reconstruction de l'Irak: «Les firmes françaises seront systématiquement écartées de tous les chantiers.» Inutile d'avoir des regrets: la participation militaire de la France à la première guerre du Golfe ne lui avait rien rapporté. À l'époque ministre des Affaires étrangères, Roland Dumas raconte que le roi d'Arabie saoudite, pour remercier Paris d'avoir aidé à protéger son pays, avait offert à la France une concession pétrolière particulièrement généreuse. Mais, quelques mois plus tard, la concession avait été annulée sous la pression de Washington.

La vengeance des faucons sera essentiellement politique. «Les Américains, explique Waisse, accroîtront leurs efforts pour diluer l'Union européenne. Plus que jamais ils vont récuser le projet de Jacques Chirac de convertir l'Europe en contrepoids à la puissance des États-Unis. La Maison-Blanche veut qu'à travers l'Otan les Européens partagent le fardeau militaire, mais elle refuse l'idée qu'une diplomatie et une défense communes puissent un jour retourner la coopération en concurrence.» George W. Bush exploitera au maximum l'alliance de revers qui se dessine entre Washington et les anciens satellites de Moscou. Sonnenfeldt affirme: «Les pays d'Europe centrale, qui ont été si longtemps privés de leur identité par le joug soviétique, ne sont pas près de sacrifier à l'Europe intégrée leur souveraineté enfin retrouvée. Et encore moins si la seule raison d'être de ce plan est de contrebalancer l'Amérique à qui ils doivent leur libération.»

Thomas Donelly, un autre des penseurs néoconservateurs, qui ont tellement d'influence aujourd'hui à Washington, est, lui, partisan d'un dédain bienveillant. Sous le titre Pax Americana, il a écrit un article ironisant sur les illusions de la France. «Paris s'imagine que le «pouvoir doux» d'une puissance moyenne, tel qu'il s'exerce à travers les Nations unies, a une valeur similaire au «pouvoir dur» que seules garantissent la richesse économique et la force militaire.» Mais, devant le Conseil de sécurité, la France n'a remporté qu'une victoire à la Pyrrhus car «elle n'a pas obtenu que George W. Bush fasse ce que Jacques Chirac voulait qu'il fasse: laisser Saddam Hussein au pouvoir».

Sonnenfeldt renchérit. À ses yeux, l'obsession de la France à retrouver un statut de grand aboutit au résultat inverse: l'affaiblissement. «Le Conseil de sécurité est très important pour la France, constate Sonnenfeldt, parce que c'est la seule enceinte où, grâce au droit de veto, Paris se retrouve à égalité avec Washington. Mais si le Conseil de sécurité sabote toutes les initiatives américaines, il se transformera en coquille vide du jour où les États-Unis décideront d'aller voir ailleurs.» Selon Donelly, il s'agira alors de créer des institutions où «un lien sera rétabli entre le droit d'écrire la loi internationale et la responsabilité de son application».

Michael Ledeen croit avoir le mot de la fin: «Entre la France et les États-Unis, la blessure sera impossible à guérir aussi longtemps que Chirac sera au pouvoir.» Mais le président français étant assuré de rester à l'Élysée jusqu'en 2008, cette prédiction suppose que George W. Bush obtiendra d'être reconduit à la Maison-Blanche l'an prochain. Rien n'est moins sûr si l'on en juge par les malheurs de Bush père: vainqueur de la guerre du Golfe en 1991 mais vaincu de l'élection présidentielle de 1992.


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-03-28 13:32:00
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Vendredi 28 mars 2003

FRANCE-IRAK
Irak : la France débloque une aide humanitaire de 10 M EUR
(AFP) - Interviews - 27/03/2003 - 15:11
Jean-Pierre Raffarin a réuni ce jeudi matin ses ministres pour faire le point avec eux sur la situation internationale et sur ses répercussions en France. Le gouvernement a décidé de débloquer une aide humanitaire de 10 millions d'euros pour la population irakienne et il a mis en place un nouveau plan Vigipirate avec 4 niveaux d'alerte, la France étant actuellement au niveau 2. Le premier ministre a par ailleurs confirmé qu'il engagerait la responsabilité de son

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-03-28 13:26:17
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Vendredi 14 mars 2003

france-angleterre
Alors que le premier ministre britannique dénonce l'intransigeance de Paris, les journaux d'outre-Manche jouent du sentiment antifrançais
Chasse au Français ouverte dans les médias anglais


Londres : de notre correspondant Jacques Duplouich
[14 mars 2003]

«Les ministres déclarent ouverte la chasse au Français.» Le titre du journal The Guardian, hier, peut paraître racoleur. Le manque de retenue, voire l'excès d'antipathie, qu'il prête aux membres du gouvernement de Tony Blair contraste, en effet, avec le discours officiel en vigueur jusqu'à présent. En effet, en public et en privé, les ministres évitaient soigneusement de grossir démesurément le désaccord entre Paris et Londres sur le dossier irakien. «Il ne sert à rien de nier nos différences sur la manière de contraindre Saddam Hussein à désarmer», confiait récemment au Figaro Denis MacShane, le ministre des Affaires européennes. «Mais l'objectif d'une étroite coopération pour faire en sorte que l'Europe tienne un rôle ambitieux dans le monde est toujours aussi fort à Londres et à Paris», ajoutait-il. L'Irak, fâcheuse pomme de discorde, ne devait pas masquer l'harmonie effective dans les relations bilatérales, insistait-il.

C'était avant l'annonce par Jacques Chirac que la France mettrait son veto à toute résolution de l'ONU aboutissant inéluctablement, «quelles que soient les circonstances», à une intervention armée en Irak. Depuis, la crispation est perceptible. La nervosité, tangible. Les écarts de langage, de moins en moins contrôlés. Mercredi, lors des questions au premier ministre, à la Chambre des communes, Tony Blair n'a pas caché son exaspération en évoquant, sans la nommer, «une nation qui complique les choses». Et qui, par là même, nourrit ses tourments domestiques en lui fermant tout recours diplomatique possible à l'ONU.

C'est pourquoi, après avoir longtemps rongé son frein et ravalé sa colère, le premier ministre, dans le cul-de-sac diplomatique où il se trouve, aurait donné carte blanche aux membres du gouvernement et aux fonctionnaires de Whitehall pour faire porter à la France la responsabilité de la crise et ses conséquences. «Les officiels ont été informés par «la plus haute autorité» qu'ils peuvent casser du Français», rapportait aimablement, hier, The Guardian. Après les outrances francophobes aussi triviales que pathétiques des groupes de presse de Rupert Murdoch et de Conrad Black, un nouveau déferlement antifrançais est, donc, à l'ordre du jour. Politiquement piloté, cette fois. Et advienne que pourra.

Malgré les milliers de lettres de sympathie et d'encouragement à tenir bon expédiées à l'ambassade de France au Royaume-Uni par des sujets de Sa Très Gracieuse Majesté, jouer du sentiment antifrançais est une recette éprouvée. Pas très glorieuse peut-être, mais probablement «payante». Il suffit de s'entretenir avec tel ou tel ministre pour constater l'abîme qui sépare Britanniques et Français sur l'analyse du dossier irakien. De vieilles rancoeurs réapparaissent. L'«égoïsme éhonté» de Paris, par exemple, qui ne songerait qu'aux intérêts de ses industriels, pas à la souffrance du peuple irakien. «L'odeur de pétrole» dans la «protection» (sic) sans vergogne de Saddam Hussein. La «gesticulation» gaulliste, à défaut de gaullienne, de Jacques Chirac.

Et ce n'est pas seulement le président de la République qui est en cause. C'est un peuple qui, des trotskistes à Jean-Marie le Pen, serait fasciné par le son du clairon chiraquien. Tout comme la presse française, qui aurait perdu le peu de sens critique qui lui restait. Cet unanimisme, comprendre «aveuglement», donne «le haut-le-coeur», explique, sans gêne, un ministre. Lequel ne prétend pas, cependant, que la «diversité» britannique qui met en péril l'autorité du premier ministre est plus satisfaisante.

Remarques fielleuses et à peu près politico-historiques mêlées aux approches antagonistes sur les moyens de neutraliser Saddam Hussein font monter la tension. Downing Street ne se contient plus. Le porte-parole de Tony Blair soulignait, hier matin, que la France a «empoisonné» le processus diplomatique en brandissant son droit de veto. «L'intransigeance absolue» de Paris rend la position des indécis au Conseil de sécurité impossible, a confié Tony Blair au chef de l'opposition tory, Iain Duncan Smith. En conséquence, la deuxième résolution escomptée pour justifier l'engagement des forces britanniques pourrait bien ne pas aboutir, reconnaît le premier ministre. Un embarras annonciateur, pour lui, de tumultes domestiques lourds de conséquences en raison de l'hostilité des Britanniques à une guerre sans l'aval de l'ONU. La faute à Paris.

«Les raisons de Jacques Chirac sont ténébreuses, affirme The Guardian. S'agit-il, en fait, de préserver l'ordre international ou bien de narguer les Américains et de glorifier la France ?» Poser la question, c'est y répondre, de ce côté-ci de la Manche. Un diplomate britannique l'a confié au Times : «La tactique de rudoiement» – le veto «quelles que soient les circonstances» – adoptée par la France «est porteuse de crise». Alors, si la crise aboutit à l'échec de l'ONU dans la solution du dossier irakien, «la faute en incombera à la France, pas à Londres ou à Washington», précise-t-il. La technique du bouc émissaire se met en place.

En se défaussant, ainsi, sur la France de ses difficultés, Tony Blair n'assouvit pas seulement une vendetta personnelle. Il met en place une stratégie qu'il espère salvatrice. Certain qu'en accablant le voisin d'outre-Channel il n'aura pas affaire à des ingrats dans son pays.

La reine Elisabeth II n'ira pas en Belgique

Le palais de Buckingham a annoncé hier que la reine Elisabeth II d'Angleterre avait reporté sine die sa visite en Belgique, prévue la semaine prochaine. Le Foreign Office, qui a recommandé à la reine de reporter son voyage en Belgique, a jugé qu'il ne serait «pas approprié pour Sa Majesté d'être hors du pays dans les circonstances actuelles», faisant allusion à une possible guerre en Irak soutenue par la Grande-Bretagne. La Belgique partage pour sa part les positions françaises.

Le ministère belge des Affaires étrangères a confirmé que la visite de la reine était reportée «en raison de la situation internationale».

Sa Majesté avait été invitée à Bruxelles mardi et mercredi par le roi Albert II de Belgique. Elle devait notamment se rendre au quartier général de l'Otan à Bruxelles. «La visite sera reprogrammée ultérieurement», a déclaré le palais, sans faire référence à la crise irakienne.


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-03-14 10:39:04
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Dimanche 16 février 2003

BOYCOTT AMERICAIN
ECHANGES COMMERCIAUX.
François Loos : « Un boycott américain serait illégal »
François Loos, ministre délégué au Commerce extérieur, ne veut pas croire à un boycott de la France par les Etats-Unis alors que des menaces de rétorsion planent sur certains de nos produits et sur le Salon du Bourget.

Pour François Loos, ministre délégué au Commerce extérieur, « les affaires suivent leur cours », sans risque de boycott.   (LP/OLIVIER LEJEUNE.)

Le ministre délégué au Commerce extérieur, François Loos, croise régulièrement le fer avec les Etats-Unis dans le cadre des négociations commerciales multilatérales. Des partenaires rudes mais qui, selon lui, ne prendraient pas le risque d'un boycott qui les mettrait en contravention avec les règles internationales.

La tension politique entre les Etats-Unis et la France a-t-elle un impact sur les relations industrielles et commerciales entre eux ?
François Loos. Non. Les affaires restent les affaires et suivent leur cours. Les Américains ont toujours été de rudes partenaires économiques, en particulier dans les négociations commerciales internationales. Je vous rappelle qu'ils avaient décidé, l'an dernier, une hausse des droits de douane sur les produits sidérurgiques européens. Ils ont été aussi condamnés en 2002 par l'OMC (NDLR : Organisation mondiale du commerce) à payer 4 milliards d'euros pour pratiques non conformes aux règles de l'OMC.
Ils ont des moyens de pression financiers et politiques plus puissants » N'y a-t-il pas un risque de boycott des produits français ?
Certains députés ou sénateurs peuvent agiter cette menace, mais le gouvernement français n'a reçu aucune menace dans ce sens, tant des autorités américaines que des entreprises ou des milieux patronaux américains. Certains consommateurs australiens ont eu cette tentation en 1995 lorsque la France a repris ses essais nucléaires, mais ce mouvement a eu peu d'impact. Un boycott serait, de toute façon, totalement illégal. L'Union européenne déposerait plainte immédiatement auprès du tribunal international compétent, et les Etats-Unis seraient alors condamnés. Les Américains ne peuvent et ne veulent pas prendre un tel risque. Nous n'envisageons donc pas cette hypothèse. Nous faisons confiance au gouvernement américain pour respecter la loi commerciale internationale.
Le Salon du Bourget semble être la cible de certains parlementaires...
Boycotter le Salon du Bourget serait totalement absurde car c'est une vitrine exceptionnelle pour les produits américains dans un secteur extrêmement concurrentiel. Les autorités américaines ont des moyens de pression financiers et politiques autrement plus puissants pour décrocher de grands contrats tant en matière civile que militaire.
Si la situation se dégradait, la France appellerait-elle de son côté à boycotter les produits américains ?
Ce qui vaut pour les Etats-Unis vaut pour la France, qui se mettrait alors dans une totale illégalité. Il n'en est donc pas question. Les Etats-Unis sont nos partenaires commerciaux et des alliés de plus de deux siècles.

Propos recueillis par Jannick Alimi
Le Parisien , samedi 15 février 2003


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-02-16 12:05:04
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Mardi 11 février 2003

DOSSIER IRAK

• LE MONDE | 11.02.03 | 13h00

• MIS A JOUR LE 11.02.03 | 17h06


La France est devenue la cible préférée des attaques de l'administration Bush et de ses partisans

Washington de notre correspondant

La position adoptée par la France, l'Allemagne et la Belgique, au Conseil de l'Atlantique-Nord, lundi 10 février, a fait monter d'un degré l'exaspération qui se fait entendre, aux Etats-Unis, à l'égard des alliés européens hostiles à une guerre en Irak. George Bush, à qui on demandait s'il était en colère, a répondu qu'il était seulement "déçu que la France empêche l'OTAN de venir en aide à la Turquie". "Je pense que cela affecte l'alliance de façon négative", a ajouté M. Bush. Observant que "la France est une amie de longue date des Etats-Unis" et que les deux pays "ont beaucoup de choses en commun", le président américain a regretté la "décision à courte vue" prise par Paris, et souhaité qu'elle soit "reconsidérée".

Plus tôt dans la journée, Donald Rumsfeld, secrétaire à la défense, avait souligné que le rapport des forces était de 16 contre 3 au sein de l'OTAN, et déclaré "inexcusable" le comportement des trois pays récalcitrants. Il a indiqué, aussi, que les Etats-Unis aideraient la Turquie dans le cadre de leurs relations bilatérales. Les dirigeants américains affirment que ce qui est en question n'est pas l'Irak, mais la protection que l'alliance doit à un de ses membres, en l'occurrence la Turquie. Ils estiment, en outre, que les divergences entre les Etats-Unis et la Grande-Bretagne d'un côté, la France et l'Allemagne, de l'autre, renforcent Saddam Hussein.

M. Bush a rejeté les concessions faites par l'Irak, la dernière en date étant, lundi, l'autorisation de survol du territoire par des avions de surveillance américains, russes et français. "La raison pour laquelle nous avons besoin de ces - avions - U2, c'est qu'il ne désarme pas", a déclaré le président américain en parlant de Saddam Hussein. "Il cherche seulement à gagner du temps", a ajouté M. Bush, après un entretien avec le premier ministre australien, John Howard, qui soutient la position américaine. Le porte-parole du département d'Etat, Richard Boucher, a déclaré insignifiants les autres gestes irakiens, annoncés à Bagdad, la veille, par les chefs des inspections, Hans Blix et Mohamed ElBaradei.

Les dirigeants américains estiment en outre que la proposition française et allemande, approuvée par la Russie, de renforcer les inspections, n'a pas de sens. Comme l'a dit, dimanche, le secrétaire d'Etat, Colin Powell, ou bien les Irakiens acceptent de désarmer, et il n'est pas nécessaire d'envoyer davantage d'inspecteurs pour le constater ; ou bien ils refusent, et ce ne sont pas les inspecteurs, quel que soit leur nombre, qui les feront changer d'avis.

"SINGES CAPITULARDS"

Alors qu'une épreuve de force diplomatique est engagée avant le nouveau rapport que M. Blix et M. ElBaradei doivent faire, vendredi, au Conseil de sécurité, le gouvernement américain et ses partisans mettent en cause particulièrement la France devant l'opinion.

Ainsi M. Bush, interrogé sur ce qui s'était passé à l'OTAN, a-t-il désigné du doigt la France, et non l'Allemagne ou la Belgique. Le terrain a été préparé par des journaux et des éditorialistes conservateurs qui, depuis une quinzaine de jours, se sont spécialisés dans les attaques haineuses non seulement contre le gouvernement français, mais contre les Français en tant que tels.

Le Wall Street Journal a ainsi publié dans ses pages "débats", le 6 février, un dessin représentant un Français, muni du béret caractéristique, mais avec une tête de rat. Le dessin accompagnait un article d'un essayiste anglais vivant aux Etats-Unis, Christopher Hitchens, décrivant les Français comme un peuple de lâches et de corrompus.

Le Weekly Standard, hebdomadaire néoconservateur, a publié plusieurs articles et éditoriaux présentant Jacques Chirac et son gouvernement comme alliés de Saddam Hussein pour des raisons économiques - le pétrole - et les Français comme des antisémites.

La National Review, autre magazine de droite, qualifie les Français de "singes capitulards amateurs de fromages". L'éditorialiste George Will, qui écrit dans le Washington Post et l'hebdomadaire Newsweek, appartenant au même groupe, et qui s'exprime aussi sur la chaîne de télévision ABC, a écrit que Dominique de Villepin est un personnage "oléagineux" et que personne ne sait combien il faut de soldats pour défendre Paris, "car il y a si longtemps qu'on n'a pas essayé !".

Le thème de la lâcheté et de l'esprit munichois revient constamment dans ces attaques, de même que l'accusation d'avoir laissé les troupes allemandes envahir le pays sans combattre en 1940. Lundi, un quotidien de New York, le New York Post, apostrophait les Français, en première page, avec ces mots : "Nous nous sommes fait tuer pour vous !", référence au débarquement du 6 juin 1944.

M. Powell a fait écho aux caricatures antifrançaises lorsqu'il a déclaré, dimanche, sur ABC, que les inspecteurs de l'ONU n'ont pas pour fonction de "jouer les détectives ou les inspecteurs Clouseau". L'inspecteur Clouseau est le personnage principal de "La Panthère rose", une série de films comiques où Peter Sellers, avec moustache et gabardine, incarne un policier français prétentieux et ridicule.

Concentrer les attaques sur la France semble permettre de diminuer, aux yeux de l'opinion américaine, les difficultés auxquelles se heurte le gouvernement Bush. "Les Français ont des accords économiques avec Saddam Hussein et ils s'opposent systématiquement à la puissance américaine", déclarait sur la chaîne publique PBS, lundi soir, James Wosley, ancien directeur de la CIA. Le sous-entendu est que, dans ces conditions, les objections françaises à la politique de M. Bush sont sans valeur.

Patrick Jarreau


L'antiaméricanisme européen en débat

Pendant que les Français s'interrogent sur l'image que se forment d'eux les Etats-Unis à l'occasion de la crise irakienne, des Américains se préoccupent des sentiments d'hostilité soulevés, à l'étranger, par leur politique. Dans son édition du 11 février, le Washington Post publie une enquête sur l'antiaméricanisme en Europe de l'Ouest, intitulée "Sarcasmes d'outre-Atlantique". L'auteur de l'article, Glenn Frankel, prend pour exemple l'Allemagne, la France et "même la Grande-Bretagne, le plus cher allié des Etats-Unis".

Bien qu'"émotionnel, spontané et contradictoire", "sans chef, ni programme ni idéologie" et même sans appellation revendiquée, "l'antiaméricanisme ouest-européen se répand", écrit-il, "débordant les habituels intellectuels de gauche et les universitaires" pour toucher une géographie politique plus large. Né des désaccords avec la politique américaine à l'égard de l'Irak après les attentats du 11 septembre 2001, ce "sentiment s'est rapidement élargi pour inclure un sens plus général de l'aliénation à l'égard de la société américaine", estime l'auteur.


Le soutien à une guerre en Irak se renforce

Le soutien des Américains à la politique irakienne de George Bush, même dans le cas d'un conflit, s'est renforcé depuis le discours du président américain sur l'état de l'Union, le 28 janvier, et celui de Colin Powell devant le Conseil de sécurité de l'ONU, le 5 février. Selon un sondage effectué pour ABC News et le Washington Post, du 6 au 9 février auprès de 1 001 personnes, le taux d'approbation de M. Bush, qui avait régulièrement baissé depuis le 11 septembre 2001 jusqu'à atteindre 62 % fin janvier, est remonté à 64 %, contre 34 % qui désapprouvent sa politique. 66 % (contre 31 %) des personnes interrogées sont prêtes à soutenir une action militaire pour chasser Saddam Hussein ; 50 % (contre 47 %) sont prêtes à le faire, même si l'ONU s'y oppose ; le soutien à une intervention armée remonte à 57 % (contre 40 % qui y seraient opposés) si, en dépit de l'opposition de l'ONU, quelques alliés comme la Grande-Bretagne, l'Australie et l'Italie soutenaient les Etats-Unis.

Près de 7 Américains sur 10 sont convaincus que l'Irak a des armes chimiques et biologiques, et 6 sur 10 qu'il cherche à se doter d'armes nucléaires.

• ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 12.02.03

• LE MONDE | 06.02.03 | 13h13


Dix pays d'Europe signent une lettre en faveur de la campagne de Washington contre Bagdad
Le groupe de Vilnius, formé par les anciens Etats communistes aspirant à l'adhésion à l'OTAN, se déclare prêt à rejoindre une coalition en vue de désarmer le régime de Saddam Hussein.

Bruxelles de notre bureau européen

La crise irakienne continue de faire éclater les divisions des Européens et montre que les pays de l'Est sont plus attachés à l'Amérique qu'à l'Union européenne. Quelques jours après que huit dirigeants européens (Royaume-Uni, Espagne, Italie, Portugal, Danemark mais aussi Pologne, République tchèque, Hongrie) ont publié une lettre appelant à se ranger sous la bannière américaine, c'est au tour de dix anciens pays communistes aspirant à entrer dans l'Alliance atlantique de faire de même. Ce groupe créé en 2000 à Vilnius pour favoriser leur adhésion à l'Alliance atlantique rassemble la Lettonie, la Lituanie, l'Estonie, la Slovaquie, la Slovénie, la Bulgarie, la Roumanie, l'Albanie, la Croatie et la Macédoine. Les sept premiers ont été invités en novembre à adhérer à l'OTAN en 2004, les cinq premiers à entrer dans l'Union européenne en 2004 aussi, tandis que l'entrée de la Roumanie et de la Bulgarie est prévue en 2007.

Dans leur lettre, les dix affirment qu'il est "clair que l'Irak viole réellement les résolutions du Conseil de sécurité, dont la résolution 1441"et se disent "prêts à participer à une coalition internationale pour mettre en œuvre ses recommandations et le désarmement de l'Irak".

Dans ce texte, pourtant rédigé avant l'intervention de Colin Powell devant les Nations unies, ils estiment que le secrétaire d'Etat américain a présenté des "preuves convaincantes" que le dirigeant irakien Saddam Hussein cache des armes de destruction massive et a des liens avec le terrorisme.

"C'est une idée qui est survenue de façon spontanée la semaine dernière", après la publication de la lettre des huit dirigeants européens, a indiqué à l'Agence France-Presse l'ambassadeur de Lituanie auprès de l'OTAN, Ginte Damusus, en soulignant qu'elle "avait eu un impact" sur la décision des pays du groupe de Vilnius de rédiger à leur tour une déclaration de soutien. Pour un diplomate occidental, "ces pays sont soucieux avant tout d'intégrer l'OTAN et que la ratification au Congrès américain se passe bien. Ils veulent donner des gages. Les lobbys américains sont très actifs dans ces pays et ce n'est pas une lettre à génération spontanée".

"LA PARADE DES VASSAUX"

Ces deux lettres aggravent les divisions entre la "vieille Europe", selon l'expression du secrétaire américain à la défense, Donald Rumslfeld, qui regroupe l'Allemagne, la France, la Belgique et le Luxembourg, et à la "nouvelle Europe", emmenée par Tony Blair et qui inclut les pays de l'est très proaméricains. "La parade des vassaux a commencé", a lâché la semaine dernière l'eurodéputé chrétien-démocrate allemand après la publication de la première lettre.

Cette première initiative prise par les capitales, sans en informer les Grecs qui exercent la présidence tournante de l'Union ni la Commission, a mis à nu les divisions de l'Europe. Elle est contraire au traité de l'Union européenne, qui explique dans son article 11-2 que "les Etats membres appuient activement et sans réserve la politique extérieure de l'Union dans un esprit de loyauté et de solidarité mutuelle" et qu'ils "s'abstiennent de toute action contraire aux intérêts de l'Union ou susceptible de nuire à son efficacité en tant que force de cohésion dans les relations internationales". Mais la Commission a préféré jusqu'à présent minimiser l'ampleur des divergences européennes plutôt que demander aux Etats un respect des règles.

En privé, ses responsables ne cachent pas leur découragement face à ces initiatives. Les Grecs pour leur part envisagent de convoquer une réunion extraordinaire des chefs d'Etat et de gouvernement sur l'Irak, qui ne peut arriver que trop tôt – on affichera ses divergences – ou trop tard – les jeux seront joués outre-Atlantique.

Le premier accroc a eu lieu avec la Pologne fin 2002. Après avoir négocié bec et ongle au sommet de Copnehague, à la mi-décembre, pour obtenir plus d'aides de l'UE, elle a décidé deux semaines après d'acheter des F-16 américains, au lieu de s'équiper en Europe.

L'Amérique lui en sait gré. "Je n'ai pas de meilleur ami en Europe aujourd'hui", a déclaré le président Bush à son homologue polonais Aleksander Kwasniewski en janvier, lors d'une visite d'Etat, la seconde seulement accordée à un dirigeant étranger sous la présidence Bush. Interrogé par Le Monde, le premier ministre estonien, Siim Kallas, affirme, niant l'évidence, que "nous n'avons pas besoin de nous positionner contre l'Union ou contre l'OTAN et j'espère que nous n'aurons jamais à le faire". Mais dans le Wall Street Journal, son prédécesseur Mart Laar déclare que "les pays d'Europe centrale et les autres ne feront pas de l'antiaméricanisme à la française".

Une réunion extraordinaire des ambassadeurs de l'OTAN devait se tenir, jeudi à Bruxelles, à propos des demandes américaines concernant la défense de la Turquie en cas de conflit en Irak.

Arnaud Leparmentier

• ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 07.02.03
Irak : le Premier ministre réaffirme la position de la France *

Jean-Pierre Raffarin, Vladimir Poutine et Dominique de Villepin. Photo AFP.                                                                                                                                                                                    En visite en Inde, le Premier ministre a réaffirmé la position de la France concernant l'Irak : "nous voulons que les inspecteurs [de l'Onu] travaillent bien en Irak". "Je crois qu'aujourd'hui on peut dire que sur le plan international la France et l'Inde ont un message commun à faire passer en faveur de la paix" a ainsi déclaré le Premier ministre vendredi 8 février. Jean-Pierre Raffarin a également abordé la question de l'Irak avec Vladimir Poutine, reçu mardi à Matignon.
* Irak : le Premier ministre réaffirme la position de la France                                                                                                                                                                                                  [ lire l'article ]

Otan : Pékin soutient officiellement la France
Le président chinois Jiang Zemin a déclaré mardi par téléphone au président français Jacques Chirac que son pays soutenait la proposition de la France, de l'Allemagne et de la Russie d'étendre les inspections en Irak, ont annoncé les médias d'Etat chinois. «Les inspections en Irak sont efficaces et doivent être poursuivies et renforcées afin de mettre en oeuvre la résolution 1441» de l'Onu, a déclaré M. Jiang, cité par l'agence officielle Chine Nouvelle. «La guerre n'est bonne pour personne, et il est de notre responsabilité de prendre les mesures nécessaires pour l'éviter», a-t-il ajouté.

Avec AFP
[11 février 2003]

D'intenses consultations étaient en cours en fin de matinée à Bruxelles avant une nouvelle réunion des ambassadeurs de l'Alliance atlantique afin de trouver une issue à la crise profonde qui a éclaté au sein de l'OTAN où la France, la Belgique et l'Allemagne ont opposé leur veto aux demandes américaines.

Les Etats Unis qui veulent dédramatiser la crise de l'Otan en affirmant qu'elle trouvera une issue positive, dissimulent cependant difficilement leur exaspération.

«Je suis déçu que la France empêche l'Otan d'aider un pays comme la Turquie», a déclaré le président américain George W. Bush, estimant qu'elle avait «un effet négatif» sur l'Alliance atlantique.

«La France ne participe pas aux activités militaires de l'Alliance, elle ne prend aucune responsabilité, mais cela ne l'empêche pas de faire usage de son veto», s'est indigné Richard Perle, un conseiller proche du secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld. «Nous pourrions bien cesser de tolérer la position privilégiée qu'occupent les Français (à l'Otan)», a-t-il mis en garde.

Le secrétaire américain à la Défense Donald Rumsfeld a soutenu pour sa part que «la planification se poursuivrait hors de l'Otan si nécessaire», tout en se disant «sûr que l'Otan trouvera un moyen d'y arriver finalement».

Le chef de la diplomatie belge Louis Michel a pour sa part souligné que le veto «ne concerne pas la sécurité de la Turquie» mais les autres requêtes de Washington. «Notre veto ne concerne pas la sécurité de la Turquie, qui est légitime», a déclaré M. Michel. «Mais on nous demande plus que cela, le remplacement des forces de protection américaines en Allemagne ou celui des troupes US dans les Balkans. Nous serions donc peut-être amenés à envoyer des hommes», a-t-il ajouté.

Paris et Bruxelles, comme Berlin, considèrent qu'accepter les demandes américaines ferait entrer prématurément l'Otan dans une «logique de guerre».

L'Otan a convoqué une nouvelle réunion extraordinaire des 19 ambassadeurs mardi après-midi à Bruxelles, la troisième en deux jours. Celle de mardi matin avait du être reportée.

A quelques jours d'une réunion cruciale du Conseil de sécurité des Nations Unies qui entendra un nouveau rapport des chefs des inspecteurs, à Berlin des sources proches du gouvernement allemand, affirment qu'onze des quinze membres du Conseil de sécurité de l'Onu sont pour la prolongation des inspections en Irak.

«L'Allemagne a la même opinion que beaucoup de membres du Conseil de sécurité de l'Onu», ont déclaré ces sources, citant quatre pays qui ne la partageaient pas: «les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, en partie, l'Espagne et la Bulgarie». «Le reste a la même position que le gouvernement allemand», ont-elles déclaré.

L'initiative commune de l'Allemagne, la France et la Russie, vise à rassembler les autres membres autour de «l'alternative à la guerre» contre l'Irak et à contrer l'offensive américaine en faveur d'une résolution fixant un ultimatum à l'Irak.

La Chine semble également se ranger dans le camp des opposants à la guerre. «Nous avons pris connaissance de la déclaration de la France, la Russie et l'Allemagne soulignant que plus d'efforts devaient être entrepris dans le travail d'inspection d'armements des Nations Unies», a déclaré à Pekin la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Zhang Qiyue. «La Chine salue et soutient toutes les initiatives pouvant aider à une solution politique de la question irakienne», a poursuivi la porte-parole.

Les ambassadeurs aux Nations Unies de l'Allemagne, de la France et de la Russie ont demandé que leur déclaration politique soit officiellement distribuée à l'ensemble des membres du Conseil de sécurité.

Dans cette déclaration, Berlin, Moscou et Paris affirment qu'il «y a encore une alternative à la guerre» et qu'elle passe par la poursuite et le renforcement des inspections du désarmement de l'Irak.

L'Irak s'est pour sa part engagé lundi à se conformer entièrement à son obligation de désarmer. Les vols d'avions espions U2 réclamés par les inspecteurs de l'Onu sont désormais autorisés «sans conditions» au-dessus de l'Irak, a déclaré l'ambassadeur irakien à l'Onu, Mohamed Al-Douri. Ce dernier a également souligné que, outre les U2, des Mirages français et des Antonov russes seraient autorisés à survoler le territoire irakien.

Toutefois, le même jour où son pays acceptait les vols de surveillance de l'Onu, le président Saddam Hussein a affirmé que demander à l'Irak de cesser d'utiliser sa défense anti-aérienne lors des survols de l'aviation américaine et britannique équivaudrait à une «capitulation».

Enfin, les renforts militaires américains continuent à affluer dans le Golfe et les pays avoisinants où ils dépassent maintenant 133.000 hommes.


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ÉNERGIE Les grandes manoeuvres ont commencé pour le partage des réserves irakiennes

Certains évoquent la création d'un consortium national dont quelques grands opérateurs étrangers auraient chacun un pourcentage significatif.
(Photo DR.)
 
Les pétroliers européens face à l'offensive américaine


Frédéric de Monicault
[11 février 2003]

Alors que toutes les chancelleries débattent sur le bien-fondé d'une intervention militaire, les grandes compagnies pétrolières du monde entier se placent d'ores et déjà dans la perspective de l'après-guerre en Irak. Là aussi, deux camps se dessinent. D'un côté, les «majors» américaines affichent la volonté d'un développement massif. De l'autre, leurs homologues européennes font tout aujourd'hui pour éviter le risque d'être écartées du partage programmé des richesses irakiennes, qui représentent 10% des réserves mondiales de pétrole. La lutte d'influence est sans merci.

Si une offensive réussie des Etats-Unis pourrait mettre les compagnies américaines sur orbite, en face, deux pays apparaissent mieux placés que les autres : la Russie et la France. Depuis que Bagdad a contracté auprès de Moscou une dette de 10 milliards de dollars, les représentants russes ont fait part de leurs exigences, à savoir l'implantation dans les meilleures conditions pour leurs deux principales compagnies, Loukoïl et Yukos.

De son côté, TotalFinaElf a décidé de se battre sur le terrain du droit, en invoquant le respect des projets de contrats. Au début des années 80, Total et Elf, qui n'avaient pas encore fusionné, avaient négocié des contrats de partage de production en Irak. Les négociations, qui se sont prolongées pendant sept ans, ont débouché sur la signature de deux contrats de l'ordre de 4 milliards de dollars chacun. Toutefois, rien n'a officiellement été signé.

«Si on se place dans la perspective de l'immédiat après-guerre, de deux choses l'une : ou le nouveau régime irakien endosse les contrats négociés – ou les modifie peu ou prou –, ou bien il décide de faire table rase du passé, quitte à avantager les compagnies américaines au mépris des liens que de nombreux opérateurs avaient entrepris de tisser en Irak», explique un professionnel.

Cependant, estimer que du jour au lendemain le pétrole irakien, en cas de changement de régime, coulera à flots au bénéfice des compagnies américaines est un leurre. D'abord, le chantier de la reconstruction des infrastructures pétrolières irakiennes est énorme : détruites à deux reprises – pendant la guerre contre l'Iran d'abord et ensuite au cours de la guerre du Golfe –, ces infrastructures sont exsangues. Il faudra plusieurs années avant qu'elles tournent à plein. En l'occurrence, alors que Bagdad ne produit actuellement que 2 millions de barils par jour (mbj), loin des 7 mbj produits par l'Arabie saoudite, on estime qu'il faudra au moins cinq ans pour parvenir à 6 mbj.

Ensuite et surtout, comment l'Opep pourra-t-elle s'accommoder d'une production irakienne en sensible augmentation ?

«S'il n'y a pas de discussion préalable, c'est tout l'équilibre du marché pétrolier qui risque d'être remis en cause, car le cartel ne supportera pas d'être tenu à l'écart de la reconstruction de l'industrie pétrolière irakienne», explique un expert. Autrement dit, la question se pose déjà de la réintégration effective de Bagdad dans l'Opep.

Précisément, au nom de cette nécessaire concertation entre les pays producteurs et consommateurs, certains envisagent l'hypothèse d'un retour aux sources pour le pétrole irakien. A savoir la création d'un consortium national dont quelques grands opérateurs étrangers auraient chacun un pourcentage significatif. Une telle solution aboutirait à une complète redistribution des cartes, forcément liée aux résultats de la bataille diplomatico-militaire qui se joue actuellement.

En attendant, les cours du brut, soutenus par les incertitudes, continuent à tutoyer les sommets. Hier à l'ouverture des marchés à Londres, le baril de brent dépassait 32 dollars. C'est son plus haut niveau depuis deux ans. Si les marchés pétroliers sont sceptiques quant à une issue pacifique à la crise, beaucoup considèrent que, tant que le Venezuela n'en aura pas définitivement terminé avec la grève générale, Washington ne déclenchera pas les hostilités. Et pour cause, si le marché était doublement privé des livraisons irakiennes et du brut vénézuélien, cela pourrait provoquer une flambée sans précédent des prix.

Pour autant, la volonté de mainmise de Washington sur Bagdad ne doit pas faire oublier que les compagnies américaines sont déjà très influentes en Irak grâce à leurs intermédiaires. Chaque mois, dans le cadre du programme de l'ONU «pétrole contre nourriture», des centaines de milliers de barils partent pour les Etats-Unis, sous l'impulsion des Russes en particulier, qui achètent pour revendre outre-Atlantique. Autrement dit, guerre ou pas guerre, le marché américain est déjà approvisionné par le brut irakien, même si effectivement aucune compagnie américaine ne se ravitaille en direct sur place.


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• LE MONDE | 11.02.03 | 13h39


Nouvelle entente mondiale autour de la fusion thermonucléaire
La Chine et les Etats-Unis ont rejoint l'Europe, la Russie et le Japon pour construire Iter, un réacteur fonctionnant avec la même énergie que celle des étoiles. Quatre sites, dont un en France, sont prêts à héberger cette machine de 4,7 milliards d'euros. Elle pourrait fonctionner en 2013.

La "sainte-alliance" de la fusion thermonucléaire, cette forme d'énergie inépuisable que produisent le Soleil et les étoiles et que l'humanité voudrait bien s'approprier, est reconstituée. Quinze ans après avoir été nouée. Cinq ans après avoir été rompue. En moins de dix jours, la Chine puis les Etats-Unis ont annoncé qu'ils participeraient à la construction de la nouvelle version du réacteur expérimental de fusion thermonucléaire Iter ("voie" en latin) que les Européens, les Russes et les Japonais ont dessinée.

Si l'arrivée de la Chine - qui se propose de financer 10 % du coût de ce projet de 4,7 milliards d'euros - est une nouveauté, celle des Etats-Unis marque un revirement de Washington dans ce domaine. Les Américains, pourtant à l'origine du projet Iter, l'avaient en effet quitté en 1999. Mais, aujourd'hui, c'est avec des effets de manche - une annonce du président Bush et un discours du secrétaire d'Etat à l'énergie à Princeton -, même si leur apport financier non encore affiché n'est ni raisonnable ni compatible avec leur ambition - c'est l'équivalent de celui envisagé par la Chine -, que les Etats-Unis font leur retour.

Fort de ce soutien et soucieux de défendre dès maintenant les intérêts français, le gouvernement de M. Raffarin a confirmé, vendredi 31 janvier, que la France était candidate à accueillir à Cadarache (Bouches-du-Rhône), non loin du centre d'études du Commissariat à l'énergie atomique (CEA), ce réacteur expérimental Iter que les collectivités locales de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur se sont engagées à soutenir financièrement.

Cette soudaine embellie et ce débordement d'enthousiasme pour une forme d'énergie qui ne fera au mieux ses preuves industrielles que dans une soixantaine d'années ne sont pas sans rappeler les élans de 1988. A cette époque, la perestroïka de Mikhaïl Gorbatchev commençait à porter ses premiers fruits et laissait augurer d'une Union soviétique plus ouverte sur le monde. Comment alors accompagner ce mouvement et ouvrir la science aux interactions internationales ? Par la science, ce que fit M. Gorbatchev en proposant à Ronald Reagan et François Mitterrand de construire ensemble un réacteur à fusion baptisé Iter.

AVANCE DES SOVIÉTIQUES

Un projet auquel se sont joints toute l'Union européenne - associée à la Suisse et au Canada - et le Japon, et qui devait démontrer la capacité de ces pays à mettre l'énergie des étoiles en bouteille. Cette proposition était d'autant plus justifiée, au-delà de son aspect médiatico-politique, que les physiciens soviétiques ont, dès 1968, obtenu de premiers résultats dans ce domaine grâce à une machine révolutionnaire, le Tokamak, que les Européens, comme les Américains et les Japonais, ont depuis brillamment copiée et améliorée.

Ces machines, comme le JET européen (le plus performant), le TFTR américain, le Tore Supra français et le JT-60 japonais, ont à plusieurs reprises produit des réactions thermonucléaires, mais jamais en quantités suffisantes pour que le processus de fusion s'autoentretienne. Ne copie pas le Soleil qui veut. D'autant que notre étoile pratique cet art depuis déjà 5 milliards d'années.

Iter se devait donc d'aller au-delà du JET et de démontrer sa capacité à fonctionner, non plus pendant quelques secondes, mais pendant une période relativement longue - 1 000 secondes - permettant de démontrer le bien-fondé de la fusion avant la mise en œuvre d'un réacteur pré-industriel capable de produire de l'électricité par ce moyen. Pour ce programme, la toute nouvelle coalition Est-Ouest décida donc d'aller vite et d'investir 6 milliards de dollars (conditions économiques de 1989) dans l'affaire.

La machine devait être prête pour 2005. Elle devait brûler un mélange à haute température (150 millions de degrés) de deutérium et de tritium et être capable de générer une puissance de 1 500 mégawatts thermiques, soit la moitié de ce que produit un réacteur de 900 MW électriques du parc nucléaire d'EDF. Cette première étape était sans doute trop ambitieuse et surtout trop chère, au vu de la conjoncture : déroute économique de la Russie, crise asiatique, attentisme des Européens, réticences du Congrès américain peu enclin à financer des recherches dont les retombées industrielles ne se manifesteraient pas avant des dizaines d'années.

UN PROJET "LIGHT"

"Peut-être aussi, avance Michel Chatelier, adjoint du chef du département sur la fusion contrôlée au CEA de Cadarache, parce qu'à l'époque la description du projet avait été un peu trop enthousiaste". Toujours est-il que les Américains se retirèrent "tout en donnant la priorité à la recherche scientifique sur ce sujet". "Seuls, fait-il remarquer, l'Europe, les Japonais et les Russes ont continué". Sur un mode plus mesuré. Et ils ont demandé au directeur du projet Iter, Robert Aymar, de leur concocter un Iter "light" de 400 à 500 MW, au coût réduit de moitié, aux ambitions révisées, mais à l'objectif intact. Démontrer qu'une telle machine peut produire par elle-même nettement plus d'énergie qu'elle n'en consomme, même si c'est moins que nécessaire pour qu'elle s'autoentretienne comme celle envisagée en 1998.

C'est aujourd'hui à ce produit, "élaboré entre 1998 et 2001", que les Américains et les Chinois se sont ralliés. "Une machine de 400 à 550 MW, précise Robert Aymar, plus modeste dans ses dimensions et dans ses coûts", puisque cet Iter "light" ne devrait réclamer pour sa construction que 4,7 milliards d'euros, dont 700 millions pour le management et la R & D "manufacturière", soit un prix équivalant, aux conditions économiques d'aujourd'hui, à 49,2 % de la machine d'origine.

"Malgré ces économies, poursuit Robert Aymar, nous ne renonçons pas à l'essentiel. Pour cette raison la machine sera plus difficile à faire, car les marges techniques seront plus faibles." Une opinion que Michel Chatelier ne conteste pas, tout en rappelant que "la plupart des objets délicats nécessaires à la construction d'Iter ont déjà été développés". "Nous avons fait nos travaux d'Hercule", poursuit-il, ajoutant qu'aujourd'hui les discussions se focalisent plutôt sur le pays d'accueil de la machine. Avec l'arrivée des Etats-Unis, le jeu risque d'être plus difficile, comme semble le laisser entrevoir le contenu du message du président Bush, qui évoque à ce sujet, non pas l'Europe, mais "la Grande-Bretagne et les autres nations européennes".

Faut-il s'en alarmer et y voir de possibles pressions, unions ou absences de soutien pour tel ou tel qui ne suivrait pas la ligne générale ? Robert Aymar refuse de le croire, mais ajoute que, "si la science devenait dépendante de la situation politique, ce serait un drame et pour la science et pour Iter", dont on espère la mise en service en 2013 au plus tôt, si toutes les décisions sont prises en 2003.

Jean-François Augereau


Cadarache (Bouches-du-Rhône) candidate

Quatre sites ont été proposés. Un à Clarington, au Canada, défendu par un consortium d'industriels qui n'ont pas encore le soutien financier de leur gouvernement. Un à Rokkasho-Mura, au Japon. Et deux en Europe : à Vandellos, en Espagne, et à Cadarache, dans les Bouches-du-Rhône. Tous ont été examinés, et "il serait bon d'avoir un choix à proposer et à confirmer pour le G8 d'Evian au mois de juin", avance un expert français. D'autant qu'à l'automne 2001 les ministres européens de la recherche concernés par ce projet ont fait preuve d'une belle unanimité. "Mais on peut regretter, ajoute-t-il, que la France n'ait pas défendu hier avec plus de force le site qu'elle avait proposé en juillet 2000". Un manque de pugnacité qui a suscité les vocations, et en particulier celle de l'Espagne, avec laquelle il faudra bien composer car l'Europe ne peut présenter qu'un seul candidat.

• ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 12.02.03
Discours de Madame Michèle Alliot-Marie, ministre de la défense, à la Wehrkunde sur l'avenir de l'OTAN.
Munich, le 8 février 2003

Mesdames, messieurs,
Chers amis, chers collègues,

Je remercie le Dr Horst Teltschnik, président de la conférence, de m’avoir invitée à prendre la parole.
Je remercie nos hôtes allemands pour la qualité de l’organisation de cette réunion et nos amis d'outre atlantique qui ont fait un long voyage pour se joindre à nous.
C'est pour moi un plaisir et un honneur d'avoir l’opportunité de parler devant vous de l'avenir de l'OTAN.

Je voudrais vous dire d’emblée, dans cette période où des décisions importantes sont en jeu, que l’attachement de la France à la relation transatlantique est ancien et durable.
En tant que ministre de la défense de la France, l’avenir de l’Alliance atlantique me tient donc particulièrement à cœur.

Trois points m’apparaissent fondamentaux :

  • les coalitions ne peuvent pas remplacer l’Alliance ;
  • l’OTAN doit s’adapter au nouveau contexte ;
  • le renforcement de l’Europe de la défense sera son atout principal pour l’avenir.

***

[1] Tout d’abord L'Alliance reste fondée sur le principe de défense collective qui lie l’Europe à l’Amérique du Nord.

L’Alliance a montré son efficacité.
Elle nous a placé à l’abri de toute agression extérieure.
Elle a permis de franchir la période délicate de la réunification du continent européen.
L’élargissement aux sept nouveaux membres consacre sa dimension pacificatrice.

Mais les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis nous ont rappelé à quel point les risques subsistent.
Ils prennent d’autres formes qui appellent de nouvelles modalités de réponse.

Face aux nouveaux risques, nous devons garder à l'esprit que la défense collective repose sur la capacité à bâtir des solutions communes.
Etre alliés, c'est un statut qui implique le dialogue et le respect des partenaires.
C'est savoir se consulter pour trouver le consensus.
Cela implique aussi un égal partage, dans la durée, des risques et des responsabilités.

A ce titre la France montrera une solidarité absolue envers la Turquie, si elle était menacée.

Or, j'observe qu'un autre mode de relations tend à s'instaurer, à la fois plus conjoncturel et plus précaire, celui de coalitions ad hoc.
Certes, ces coalitions, nous l'avons bien vu en Afghanistan, peuvent apporter une grande efficacité militaire avec de faibles délais de réaction.

Il est sans doute nécessaire, en fonction des circonstances de pouvoir les actionner.

Mais ces coalitions ad hoc ne peuvent en aucun cas se substituer à l’Alliance car elles doivent s’inscrire dans une vision globale et partagée de la sécurité, celle qui, précisément, est élaborée par consensus entre les Alliés.

***

[2] En second lieu, nous avons pris à Prague des décisions importantes pour adapter l'OTAN au nouveau contexte stratégique.
Elles sont de deux ordres :

- D'abord, l’élargissement à sept nouveaux membres a été décidé.
Il faut s'en féliciter. L'Alliance œuvre désormais dans un cadre géographique plus vaste et plus cohérent.
Le Conseil OTAN-Russie a apporté une nouvelle dimension.
Son établissement traduit la transformation radicale du contexte stratégique.
Je m'en réjouis.

L’OTAN reste évidemment une organisation militaire. Elle doit être en mesure de s'adapter en permanence aux nouveaux enjeux de sécurité.

A Prague, une 2ème décision essentielle a été prise: celle de constituer une force de réaction de l'OTAN.

  • La France soutient pleinement ce processus d'adaptation.
    Le président J. Chirac a accueilli favorablement le concept de force de réaction de l’OTAN.
    Il a annoncé la volonté de la France d'y participer sous la condition du respect du statut de nos forces et de la compatibilité avec les engagements pris dans le cadre de l’UE.
    Cela implique, à mes yeux, une égale disponibilité de la NRF au profit des deux organisations, l'OTAN et l'UE.
  • Les grandes lignes d’une structure de commandement plus réactive ont été agréées.
    La France soutient le principe de la création d'un commandement stratégique fonctionnel pour la transformation.
    Cette évolution devra respecter les prérogatives actuelles du commandement stratégique opérationnel.
    Elle devra aussi, et je pense que c'est essentiel, conduire à un échange effectif sur les doctrines et les concepts dans les deux sens entre l'Europe et l'Amérique du Nord, d'une manière décentralisée et non bureaucratique.

    Au plan opérationnel, la vocation de l’alliance est d’abord d’agir en Europe et autour de l’Europe. Le potentiel de crises y est important. C'est là que nous devrons concentrer nos efforts.
    En tout état de cause, le rôle et l'intervention de l'OTAN doivent toujours être déterminés par des facteurs d'opportunité, opérationnels et politiques.

* Enfin, les Alliés ont décidé de renforcer leurs capacités militaires.
Cela implique plus d’investissements de la part des Européens et donc un accroissement de leurs efforts de défense.

La France appuie pleinement cette démarche.
Elle a décidé d’augmenter son budget d’équipement de plus de 10% en 2003.
Elle continuera d’accroître son effort sur toute la période 2003-2008 dans le cadre d’une nouvelle loi de programmation.
Je ne peux qu'encourager mes collègues européens à s'engager résolument dans cet effort difficile mais indispensable de redressement de nos capacités de défense.

***

[3] Je suis convaincue que le renforcement de la politique européenne de sécurité et de défense sera le meilleur atout de l'OTAN.

Dans les Balkans, les Européens ont pris pleinement conscience qu’ils ont non seulement un fort intérêt à rester proches des Américains mais aussi à faire plus d’efforts par eux-mêmes pour contribuer plus efficacement à leur propre sécurité.

L'Union européenne a pris la décision de développer ses capacités militaires et civiles de gestion de crise. La construction de la PESD s’inscrit dans une vision de long terme.
Elle n’est pas conçue pour rivaliser avec l’Alliance qui est fondée sur le lien avec les Etats-Unis.

Cette année, l'objectif d’une force européenne opérationnelle de 60.000 hommes sera réalisé.
Les progrès se poursuivront avec le comblement des lacunes constatées et le développement de nouvelles capacités, avec pour objectif de faire converger progressivement les planifications nationales des Européens.

Le sommet de Paris tenu le 22 janvier à l'occasion du 40ème anniversaire du Traité de l'Elysée a renouvelé les bases de la coopération franco-allemande, en les inscrivant encore plus fortement dans la perspective européenne.
Le sommet franco-britannique du Touquet, le 4 février, a montré que l'esprit de Saint-Malo reste vivace et déterminant pour le développement de l'Europe de la défense.


En devenant moins dépendants et mieux à même d'accepter de vraies responsabilités, les Européens apporteront une contribution plus importante à l'OTAN.
C'est le sens de la démarche que nous avons initiée en proposant la relève de l'OTAN en Macédoine par l’Union européenne.
C'est notre façon de répondre au souci légitime de nos partenaires américains de "partage du fardeau".
Dans mon esprit, l'Europe doit ainsi devenir un partenaire majeur de l’alliance atlantique.

* * *

Finalement, je voudrais souligner que l’OTAN a au moins deux grandes tâches à conduire dans l'avenir :

  • continuer les efforts engagés pour renforcer la stabilité du continent européen,
  • rénover ses structures militaires en les appuyant sur des forces européennes modernisées et adaptées aux nouvelles menaces.

Il s’y ajoute un élément essentiel à mes yeux : l’Alliance doit rester le lieu privilégié de la consultation transatlantique afin que nous soyons, dans le cadre de ses missions, prêts à agir ensemble politiquement et militairement lorsque cela sera nécessaire à la sécurité commune.

L'ancienneté et la profondeur des liens qui unissent tous les pays de l'Alliance constituent un acquis inestimable qu'il faut savoir et vouloir préserver pour faire face aux défis et aux menaces qu'il nous faudra affronter.

 


 

ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-02-11 13:22:45
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Mardi 4 février 2003

ANGLETERRE-FRANCE
FRANCE - ROYAUME-UNI

Le 25è sommet
franco-britannique

Jacques Chirac et Tony Blair se rencontrent sur fond de tension à propos de l'Irak. La réforme des institutions européennes est aussi au menu.


Chirac et Blair au Touquet (AP)
 



Le président français Jacques Chirac et le Premier ministre britannique Tony Blair ont ouvert ensemble mardi peu après 11h au Touquet (Pas-de-Calais) le 25e sommet franco-britannique, dont les débats devraient être dominés par la crise irakienne.
MM. Chirac et Blair ont passé côte à côte les troupes en revue, avant d'aller à la rencontre des quelques centaines de personnes qui avaient bravé le froid pour assister à la cérémonie. Quelques minutes auparavant, le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, arrivé en même que la ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie, celui des Affaires étrangères Dominique de Villepin et celui de l'Education Luc Ferry, s'était également offert un court bain de foule. "Raffarin, Raffarin!", scandaient quelques spectateurs.
Jacques Chirac, Tony Blair et Jean-Pierre Raffarin se sont ensuite engouffrés dans l'Hôtel de Ville où ils devaient s'entretenir jusqu'à la mi-journée. Après un déjeuner de travail à l'Hôtel Westminster, Français et Britanniques doivent se retrouver en séance plénière peu après 15h au Palais de l'Europe.

PAC et Irak

Au menu de ce sommet, qui avait été reporté de trois mois en raison d'une brouille entre Paris et Londres autour de la réforme de la Politique agricole commune (PAC) en décembre dernier, figurent la réforme des institutions européennes, mais aussi la préparation des festivités du centième anniversaire de "l'entente cordiale" en 2004.
Mais les débats devraient surtout être dominés mardi par la question irakienne, à la veille de l'intervention du secrétaire d'Etat américain Colin Powell devant l'ONU, au cours de laquelle il doit présenter des "preuves" sur le réarmement irakien. Quelque 230 journalistes avaient fait le déplacement mardi au Touquet.
Après avoir rencontré le président américain George W. Bush à Washington, Tony Blair devrait tenter mardi de rallier le président Jacques Chirac à l'idée d'une seconde résolution de l'ONU sur ce dossier.
La Grande-Bretagne veut que le Conseil de sécurité des Nations unies vote une deuxième résolution qui autoriserait une intervention militaire en Irak pour que l'autorité de l'organisme international soit "renforcée", a confirmé mardi sur RTL Denis MacShane, le ministre britannique délégué aux Affaires européennes.
"A la fin, il y a une seule question: qui va sortir gagnant de ce conflit? Soit Saddam Hussein, qui tâche d'organiser le soutien pour le terrorisme et qui, on le sait, a des armes biologiques et chimiques, ou bien les Nations unies", a-t-il estimé, avant de préciser: "Moi, en tant qu'ami de la France, je trouve difficile à croire que la France ne va pas soutenir, à la fin, l'autorité des Nations unies".
Paris a jusque-là toujours défendu l'idée d'une poursuite des inspections, estimant qu'une intervention armée ne pouvait ne constituer qu'un "ultime recours".

Sangatte

Restent les sujets sur lesquels Londres et Paris devraient pouvoir s'accorder sans peine.
La fermeture du camp de réfugiés de Sangatte, d'où partaient chaque jour des dizaines de candidats à l'émigration en Grande-Bretagne, mais aussi la levée de l'embargo sur la viande bovine britannique, après des années de résistance française, devraient faire fleurir les sourires au Touquet.
Tout comme la préparation du centenaire de l'"Entente cordiale" conclu en 1904, à l'aube du XXe siècle pour refermer la page d'un XIXe siècle de rivalités entre les deux puissances coloniales. Un anniversaire qui devrait toutefois être célébré avec une discrétion de bon aloi, en raison des turbulences entre Paris et Londres. (avec AP)

FRANCE - ROYAUME-UNI

Mugabe invité à Paris
avec l'accord de Londres

Selon Le Monde, l'invitation du président zimbabwéen à Paris - qui avait suscité l'émoi du gouvernement britannique - a été en réalité négociée entre la France et la Grande-Bretagne.


Robert Mugabe (AP)
 


La venue du président zimbabwéen Robert Mugabe au sommet France-Afrique les 20 et 21 février prochains à Paris, une invitation qui a soulevé la polémique en Grande-Bretagne puis l'émoi du gouvernement britannique, a été en réalité négociée entre la France et la Grande-Bretagne, rapporte le quotidien Le Monde dans son édition daté de mardi.
Selon le quotidien du soir, le premier ministre Tony Blair et le président français Jacques Chirac avaient évoqué la venue de Robert Mugabe à Paris lors du "sommet européen de Copenhague, les 12 et 13 décembre". "Blair informé, nous avons fait savoir à Mugabe, le 20 décembre, qu'on souhaitait sa venue au sommet franco-africain", indique une source à l'Elysée, cité par Le Monde.

Pressions

Toujours selon le quotidien, "le 7 janvier, l'invitation formelle est transmise au chef de l'Etat zimbabwéen" d'assister au sommet France-Afrique, alors que "les ministres français et britannique des Affaires étrangères fixent dans ses détails l'accord au sujet du Zimbabwe".
"Seulement, sous la pression de son opinion publique, de l'opposition conservatrice, mais aussi de militants dans ses propres rangs, le gouvernement britannique n'a pas assumé le marchandage conclu avec les autorités françaises...", écrit Le Monde.
Un porte-parole du cabinet de Tony Blair a vigourousement démenti l'article du Monde, affirmant qu'il n'y avait eu aucun accord entre le Premier ministre britannique et Jacques Chirac au sujet de Mugabe, car une telle question nécessite une décision prise à l'unanimité par l'ensemble des 15 pays membres de l'UE.

Télégramme diplomatique

Mais Le Monde cite et reproduit des extraits d'un télégramme diplomatique du Quai d'Orsay, daté du 7 janvier, montrant que les deux ministres des Affaires étrangères français et britannique, Dominique de Villepin et Jack Straw, ont réglé trois questions: "l'invitation de M. Mugabe à Paris, puis à Lisbonne où doit se tenir, le 3 avril, un sommet euro-africain et, enfin, la reconduction pour un an des sanctions en vigueur depuis le 18 février 2002", qui interdisent au président zimbabwéen de se rendre dans un pays de l'Union européenne.
"Quand l'invitation à Paris de Robert Mugabe est révélée dans la presse britannique, puis confirmée par les autorités françaises, le 23 janvier, Tony Blair et Jack Straw n'ont pas le courage de reconnaître que ce n'est pas une nouvelle pour eux", conclut Le Monde. (AP)


ericjeanloicbreton | Ajouter un commentaire | 2003-02-04 07:18:51
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INTERNATIONAL par ERIC JL BRETON - FRANCE(international)