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ADMINISTRATION INTERIMAIRE EN IRAK AFRIQUE ALLEMAGNE AMERIQUE LATINE ANGLETERRE ARABES ARABIE-SAOUDITE CHINE CHIRAC, L\'IRAK ET LE PAPE... COBAYE OU VICTIME DE GUERRE ? CA RESTE AVOIR... COLUMBIA COREE DU NORD COTE D\'IVOIRE DROITS DE L\'HOMME ETATS-UNIS EUROPE EUROPE FRANCE(international) INDE IRAK IRAK PAR ERIC JL BRETON IRAN IRLANDE ISRAEL LE GENERAL PERDU DU RAIS L\'IRA-K MESSAGE A AMNESTY PROCHE-ORIENT SHARON TCHETCHENIE TO BE OR NOT TO BE ?
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Samedi 22 février 2003
AFRIQUE
Seydou Diarra consulte les rebelles Le Premier ministre ivorien a reçu samedi les représentants du MPCI pour tenter de parvenir à un accord sur la constitution d'un gouvernement d'union. Guillaume Soro, secrétaire général du MPCI, ne renonce pas aux postes de l'Intérieur et de la Défense, malgré des déclarations en ce sens du président sénégalais Abdoulaye Wade.
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 Seydou Diarra (AP) | Les rebelles ivoiriens du Mouvement patriotique de Côte d'Ivoire (MPCI), arrivés vendredi à Paris, ont poursuivi samedi leurs discussions avec le Premier ministre Seydou Diarra. M. Diarra, qui représentait la Côte d'Ivoire au 22e sommet France-Afrique, est resté à Paris après la fin du sommet pour poursuivre ses consultations en vue de la formation du gouvernement. Le président Laurent Gbagbo, demeuré à Abidjan, refuse toujours de céder aux rebelles les postes-clés de la Défense et de l'Intérieur. Un certain optimisme prévalait cependant à la clôture du sommet, à la fois du côté français et de M. Diarra. Jacques Chirac a espéré que le gouvernement puisse être formé «dans les plus brefs délais possibles». «Je pense que ça devrait être le cas», a-t-il déclaré. Le président français a cependant appelé chaque partie ivoirienne à «y mettre du sien». Seydou Diarra, qui s'est entretenu avec Jacques Chirac en marge du sommet, partage l'optimisme de la France. Le Premier ministre ivoirien a estimé sur Radio France Internationale qu'il serait en mesure de proposer «quelque chose de cohérent» au président ivoirien Laurent Gbagbo dès son retour à Abidjan.
Le ton n'est pas le même
Le ton n'était pas le même chez les rebelles du MPCI. Venu à Paris pour s'entretenir avec le Béninois Albert Tevoedjre, président du comité international de suivi des accords de paix et représentant des Nations unies, le secrétaire général du principal mouvement rebelle Guillaume Soro n'a pas semblé très satisfait de la discussion. «Nous avons estimé qu'il était urgent pour le peuple ivoirien et surtout pour le retour de la paix en Côte d'Ivoire que M. Gbagbo s'engage publiquement sur l'application intégrale des accords de Marcoussis», a-t-il déclaré en quittant l'Hôtel Meurice. «C'est le désir, le souhait et la recommandation de la France, a-t-il ajouté; c'est la recommandation de l'Union européenne, de l'Onu, de l'Union africaine et de la Cédéao» (Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest). Guillaume Soro a réaffirmé son exigence, les postes de l'Intérieur et de la Défense, contredisant des propos du président sénégalais Abdoulaye Wade, qui avait déclaré sur LCI vendredi que les rebelles auraient renoncé à ces postes. Le chef rebelle a reproché au président ivoirien Laurent Gbagbo de «respecter l'esprit mais pas la lettre» de ces accords conclus le 24 janvier sous l'égide de la France pour résoudre la crise ivoirienne et qui sont restés lettre morte jusqu'à présent. M. Soro souhaite que le Premier ministre Seydou Diarra dispose des «pleins pouvoirs» prévus par les accords. Il a assuré que le problème du MPCI n'était «pas un problème de ministères»: «On ne peut plus continuer de tuer des Ivoiriens pour des postes ministériels». Les partisans de Laurent Gbagbo s'opposent catégoriquement à ce que des ministères «de souveraineté» reviennent aux rebelles. Depuis son retour à Abidjan, M. Gbagbo a eu une attitude ambiguë au sujet de ces accords qui prévoient des réformes constitutionnelles et devaient permettre un partage du pouvoir avec la rébellion. Les rebelles soupçonnent le président ivoirien de vouloir gagner du temps pour compléter son armement. (avec AP)
ericjeanloicbreton |
| 2003-02-22 12:24:53
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AFRIQUE
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Samedi 22 février 2003
AFRIQUE
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XXIIème
Sommet des
chefs d’Etat
d’Afrique et
de France “
l’Afrique et
la France,
ensemble
dans le
nouveau
partenariat ”
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Paris - Mercredi 19 au vendredi 21 février 2003.
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Interventions du Président : >> Propos final du Président de la République à l'issue de la troisième séance de travail (Vendredi 21 février 2003). >> DOCUMENT DE TRAVAIL - Intervention du Président de la République concernant le développement agricole (Paris - Vendredi 21 février 2003).
English version. >> Allocution du Président de la République, lors de la séance d'ouverture de la XXIIème Conférence des chefs d'Etat d'Afrique et de France (Paris - Jeudi 20 février 2003).
English version. >> Conférence de presse conjointe de M. Jacques CHIRAC, Président de la République, de M. Paul BIYA, Président du Cameroun, de M. Thabo MBEKI, Président d'Afrique du sud et de M. Kofi ANNAN, Secrétaire général des Nations Unies, à l'issue de la XXIIème conférence des chefs d'Etats de France et d'Afrique. (Paris - Jeudi 21 février 2003). |
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XXIIème Conférence des chefs d'Etat d'Afrique et de France : >> Déclaration sur l'Iraq (Paris - Jeudi 20 février 2002).
English version. |
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>> Présentation du sommet. |
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Programme : >> Mercredi 19 février 2003. >> Jeudi 20 février 2003. >> Vendredi 21 février 2003. |
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XXIIème Sommet Afrique / France : >> La liste des participants. >> La liste des pays invités. >> Le groupe restreint >> L'ordre du jour. >> Les thèmes des précédentes conférences des chefs d'Etat d'Afrique et de France >> Dispositions générales pour la presse |
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Pour en savoir plus : >> Dossier du ministère des Affaires étrangères. >> Présentation générale des sommets franco-africains. >> Textes de référence. >> Les derniers sommets Afrique-France >> Spécial Afrique-France : dossier réalisé par MFI (Médias France Intercontinents), agence multimédia de Radio France Internationale avec le concours du ministère français des Affaires étrangères. |
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>> Album (disponible prochainement). |
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Site internet : >> Le NEPAD. |
ericjeanloicbreton |
| 2003-02-22 12:24:05
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AFRIQUE
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Jeudi 20 février 2003
RELATIONS FRANCO-AFRICAINES

SOMMET FRANCE-AFRIQUE La constestation africaine se réveille
En organisant le 22e sommet France-Afrique, Paris cherche a relancé le «nouveau partenariat» entre le continent et la France... Mais la crise ivoirienne et le tollé européen après l’invitation du dictateur zimbabwéen occupent beaucoup plus les discussions...
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| Laurent Gbagbo, absent remarqué au sommet France-Afrique (AFP) |
Le 22e sommet franco-africain, qui se tient jeudi et vendredi à Paris entre la France et 52 pays africains la Somalie n’a pas été invitée car ce pays n’a pas de gouvernement élu , est une histoire d’absent trop présent et de présent pas assez absent... L’absent, et pourtant invité par Paris, est le président ivoirien Laurent Gbabgo. Le présent, qui ferait mieux d’être absent selon le Royaume-Uni, est le président zimbabwéen Robert Mugabe. Officiellement persona non grata sur le continent européen pour sa politique dans le secteur agricole du pays et sa réélection contestées, il a tout de même été invité par la France...
Le dictateur zimbabwéen, explique «Le Pays» de Ouagadougou, est au centre de la «nouvelle polémique qui fait rage en Europe. Certains gouvernements du Vieux Continent, emmenés par le Royaume-Uni, voient d’un mauvais oeil le débarquement du président zimbabwéen en France, alors qu’il est frappé d’ostracisme pour, disent ses détracteurs, pratiques antidémocratiques. C’est un faux procès que les Britanniques font à Mugabe. Dans la cohorte de chefs d’Etat invités par Jacques Chirac, il n’est pas, loin s’en faut, le plus infréquentable. Bien d’autres dirigeants africains lui ravissent la palme de l’autocratie. Le général Gnassingbé Eyadéma occupe une place de choix dans ce hit-parade de l’antidémocratie, lui qui se glorifie d’être le chef d’Etat au pouvoir depuis le plus longtemps.»
La France hostile
Pour le quotidien londonien «The Independent», «s’il y avait la plus mince possibilité que Mugabe cesse de poursuivre sa politique raciste et tyrannique notamment vis-à-vis des exploiitants agricoles blancs au Zimbabwe, sa visite serait justifiée. Mais ce n’est pas le cas.» En effet, la démocratie n’est pas au menu du sommet franco-africain. Officiellement, les 53 délégations doivent discuter du «nouveau partenariat» franco-africain, mais officieusement, c’est la Côte-d’Ivoire qui devrait occuper tous les débats. Plongée dans une crise politique depuis cinq mois, le président ivoirien Laurent Gbagbo a décidé de boycotter un sommet où les rebelles ivoiriens, ses actuels «ennemis», devraient être présents.
Pour «Fraternité Matin», le quotidien gouvernemental ivoirien, à la question : «Y aller ou pas ? Laurent Gbagbo doit se demander si un voyage de plus, après les épisodes d’Accra, de Lomé, de Dakar, de Bamako et de Paris, pourra faire évoluer la situation dans le bon sens. Quels bénéfices l’Etat ivoirien peut-il tirer de la prochaine grand-messe, où seront présents la quasi-totalité des Etats africains francophones, parmi lesquels se trouvent les principaux alliés des rébellions ivoiriennes ?» Car, ajoute «Frat’Mat», «la communauté franco-africaine est un cadre plutôt hostile au chef de l’Etat ivoirien et au principe de la légalité».
Pour le quotidien de Ouagadougou, «L’Observateur Paalga», l’implication de Jacques Chirac dans le règlement de la crise ivoirienne annonce la fin «d’une dizaine d’années de la politique ‘ni ingérence ni indifférence’ en Afrique. Il opère en effet un revirement diplomatique aux conséquences imprévisibles.» En effet, poursuit le quotidien burkinabé, «aujourd’hui, la France, débarrassée des contraintes de la cohabitation qui paralysait son désir d’intervenir partout sur la scène mondiale, réalise que l’Afrique continue de compter par exemple lorsqu’il s’agit de peser au Conseil de sécurité des Nations unies sur la crise de l’Irak, mais aussi lorsqu’il importe d’assurer sa propre autonomie diplomatique, énergétique ou militaire».
Le continent fait bloc
Tout d’abord, poursuit le quotidien sénégalais «Sud Quotidien», il faudra rattraper le terrain perdu en trente ans de coopération franco-africaine. «Durant cette période, les résultats en termes de développement économique ont été bien maigres. L’aide a plus que baissé, de nombreux pays ont reculé, l’instabilité sous le coup de l’éthnicisme a gagné du terrain.»
Le «Financial Times» dans un éditorial intitulé «Francofolly» critique pour sa part cette «France qui a vraisemblablement piraté la politique africaine de l’Union européenne». En invitant Robert Mugabe, Paris assure le succès de son sommet franco-africain et dame le pion du sommet Europe-Afrique prévu en avril. Ce sommet a depuis été annulé car Robert Mugabe n’a pas été invité sous la pression de Londres. Les pays africains refusent dès lors de s’y rendre. «Pour une fois l’hystérie européenne s’est heurtée à une solidarité africaine. Tout le continent a fait bloc pour rejeter l’ingérence aux relents néocolonialistes de Londres», commente «Le Pays» de Ouagadougou.
De même, toujours selon le «FT», «Jacques Chirac va sans doute dire aux chefs d’Etats africains présents lors de ces deux jours de palabres que les questions de l’allégement de la dette et de l’aide multilatérale seront la priorité du gouvernement français lors du G8, le sommet des sept Etats les plus industrialisés du monde plus la Russie, organisé en France en juin prochain. Il passera néanmoins sous silence la question des subventions agricoles européennes qui empêchent les produits africains d’être concurrentiels sur le continent européen»... et profitent avant tout aux agriculteurs français.
ericjeanloicbreton |
| 2003-02-20 08:53:04
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AFRIQUE
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Mardi 18 février 2003
CENTRE-AFRIQUE
• LE MONDE | 14.02.03 | 13h12Le président centrafricain et deux de ses alliés sont assignés devant la Cour pénale internationale
éclipsé par la Côte d'Ivoire, le Centrafrique, autre pays coupé en deux par une rébellion armée depuis l'automne, pourra revendiquer le triste privilège de fournir à la toute nouvelle Cour pénale internationale (CPI) son premier dossier d'instruction. En effet, vendredi 14 février, la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH) a déposé plainte pour "crimes de guerre" auprès de la CPI, dont les juges viennent seulement d'être désignés et qui doit tenir sa réunion constitutive le 9 mars, contre le chef de l'Etat centrafricain, Ange-Félix Patassé, et deux de ses alliés dans la guerre civile, le colonel Abdoulaye Miskine et le chef rebelle congolais Jean-Pierre Bemba. Le premier dirige une unité spéciale des forces armées centrafricaines. Le second, à la tête du Mouvement de libération du Congo (MLC), dans l'ex-Zaïre voisin, a envoyé à la rescousse du régime de Bangui 1 500 "combattants", coupables de nombreuses exactions, du pillage aux exécutions de civils en passant par des viols.
PILLAGES ET TUERIES
Cependant, des témoignages crédibles attestent également de graves violations dans les parties nord de la République centrafricaine (RCA), passées sous le contrôle des rebelles de l'ex-chef d'état-major, le général François Bozizé, qui vit en exil en France. Ayant à leur tour fait appel à des étrangers, des "combattants" tchadiens tout aussi indisciplinés que les banya molengue (le surnom des rebelles congolais pro-Patassé), les insurgés pillent non seulement les usines d'égrenage du coton mais aussi les missions religieuses, les hôpitaux, les écoles et les rares maisons "en dur", souvent en évacuant leur butin – des véhicules, des meubles, des machines-outils... – au Tchad. Des tueries sans discrimination de civils, ainsi que des cas de simulacres d'exécution et de viols, ont été signalées. Selon une religieuse, il arrive aux insurgés de "se tirer dessus entre eux".
Dans ces conditions, un "dialogue national" est censé s'engager, pour trouver une issue négociée au conflit. En mission de bons offices pour reprendre langue avec "les frères fâchés qui ont pris les armes", l'évêque de Bossangoa, Mgr Pomodimo, et un ancien premier ministre, Henri Maïdou, sont arrivés, jeudi, en France. Or, de nouveau, un meeting de l'opposition centrafricaine, programmé pour samedi dans un stade de Bangui, a été interdit par le régime en place, qui n'a toléré aucune manifestation politique publique depuis la réélection de M. Patassé en 1999. Pour "préparer le dialogue -national- dans la sérénité", le président centrafricain vient de demander à la France d'intervenir en application des accords de défense. "Il y a des soldats français en Côte d'Ivoire", a-t-il déclaré, le 5 février, "pourquoi pas en RCA ? C'est une discrimination. Je demande à la France de nous envoyer des soldats"...
Sans exclure un "geste", Paris n'est pas près de reprendre à son compte la thèse de Bangui, qui se dit victime d'une "agression extérieure" et de rebelles dont "85 % sont des Tchadiens". Cependant, ayant ajouté cette escale sur son chemin de retour de Madagascar, le ministre délégué à la coopération, Pierre-André Wiltzer, doit s'entretenir, dimanche dans la capitale centrafricaine, avec M. Patassé. Lequel devait avoir accueilli, la veille, le président tchadien, Idriss Déby, "pour aplanir le contentieux bilatéral". Dès vendredi, en appui aux efforts régionaux de pacification, un sommet de plusieurs Etats de l'Afrique centrale devait se réunir à Brazzaville.
Vivant un drame à huis clos depuis la fin octobre 2002, le Centrafrique, plus encore que la Côte d'Ivoire, paie au prix fort, au plan humain, son instabilité. Avant même le dernier coup d'Etat, les deux tiers de la population vivaient au-dessous du seuil de pauvreté. Depuis le début des mutineries, en 1996, l'espérance de vie a reculé de cinq ans.
Stephen Smith et Jean-Pierre Tuquoi • ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 15.02.03
ericjeanloicbreton |
| 2003-02-18 09:22:26
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AFRIQUE
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Mardi 18 février 2003
FERMIERS CHASSES
• LE MONDE | 18.02.03 | 13h18Le Mozambique s'ouvre aux fermiers blancs chassés du Zimbabwe
Maputo veut encourager les investissements et les projets de mise en valeur agricole
Manica correspondance
Des troupeaux de vaches paissent dans des prairies d'altitude d'un vert éclatant. A l'est s'étend l'immense plaine fertile de la province de Manica. A l'ouest, au Zimbabwe, les montagnes Inyanga se découpent dans le ciel. C'est dans ce paysage, à 1 600 m d'altitude, que Peter et Vicky Bowen, la quarantaine, ont commencé une nouvelle vie.
Originaire de Guruve, au nord de Harare, la capitale zimbabwéenne, le couple a été contraint de quitter son exploitation en mai 2001 après avoir été menacé de mort par les partisans de l'Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (ZANU-PF, au pouvoir), le parti du président Robert Mugabe. Avec un millier d'ouvriers agricoles employés sur sa ferme, Peter assurait la production de 1 000 hectares de tabac et autant de café. "Nous avons eu une vie formidable au Zimbabwe : je ne regrette rien. Mais aujourd'hui, notre vie est au Mozambique", déclare-t-il sans amertume.
Voilà un an et demi que cette nouvelle vie a commencé dans ce bout du monde que seule une piste abrupte et ravinée permet de rejoindre. Mais le confort reste précaire : l'électricité est fournie par un générateur et l'eau puisée dans la rivière toute proche. Après avoir passé les premiers mois dans une tente, Peter a construit une grande hutte de terre, de bois et de chaume, à la manière traditionnelle. A l'intérieur, trois tentes font office de chambre à coucher et le matériel de camping sert de mobilier quotidien. Deux grands lustres de fer forgé, un ordinateur et quelques revues de décoration témoignent d'une autre vie, bien plus luxueuse.
Peter s'est lancé dans la culture de semences de pommes de terre, assez proche de la culture du tabac qu'il connaît bien. "Les autorités mozambicaines ont été très accueillantes et, malgré la bureaucratie écrasante, le gouvernement fait tout pour nous encourager dans nos projets de mise en valeur agricole", se réjouit Peter. Il a réussi à amener avec lui quelques équipements agricoles, malgré l'interdiction des autorités zimbabwéennes faite aux fermiers d'emporter leur matériel. Aujourd'hui, il attend de voir ce que va donner sa première récolte.
CRÉER UNE ENTREPRISE
Les Mozambicains n'ont jamais caché leur intérêt pour les fonds et le savoir-faire agricole qu'amènent avec eux les fermiers zimbabwéens. Ravagé par une longue guerre de décolonisation, de 1964 à 1975, puis par une guerre civile de plus de quinze années jusqu'aux accords de paix conclus en 1992, le Mozambique est encore largement sous-exploité. Sur 36 millions d'hectares de terres arables, seuls 4 millions sont cultivés.
La réélection contestée de Robert Mugabe, en mars 2002, a accéléré les demandes des fermiers zimbabwéens pour l'attribution de terres dans les pays limitrophes. Pour les Mozambicains, c'est une aubaine. "Ces fermiers ont une expérience d'agriculture commerciale que nous n'avons pas, ici, au Mozambique. Le concept même d'agriculture commerciale est encore inconnu de la majorité des paysans mozambicains", indique Cremildo Rungo, de la direction de l'agriculture et du développement rural de la province de Manica. Mais les autorités adoptent une attitude pragmatique. "Nous ne recevons pas ces fermiers comme des réfugiés mais comme des investisseurs. Pour obtenir de la terre et s'installer, ils doivent créer une entreprise et respecter la loi sur l'investissement étranger qui prévoit un apport financier minimal de 50 000 dollars", précise le fonctionnaire.
Stoff Olivier et Ox Hacking sont originaires de la région de Marondera, où les occupations de fermes ont été les plus violentes. Ils ont profité de la volonté des multinationales du tabac de diversifier leurs implantations, après la chute de la production zimbabwéenne, pour s'installer au Mozambique. Depuis août 2002, avec trois autres fermiers expropriés, ils tentent de faire revivre une ancienne ferme portugaise en ruine depuis la période coloniale. En six mois à peine, le tabac a été planté sur plus de 100 hectares et deux immenses séchoirs à tabac sont sur le point d'être opérationnels. "Ce pays a un potentiel immense, le sol est fantastique. Et puis les Mozambicains veulent travailler après tant d'années d'inactivité à cause de la guerre ou tout simplement de la pauvreté", affirme Stoff Olivier. Son entreprise emploie déjà 175 ouvriers agricoles originaires des villages alentour.
A la question d'un hypothétique retour au Zimbabwe, la réponse est unanime. "Je me sens bien ici ; je n'ai pas vraiment envie de retourner au Zimbabwe. La haine est devenue une doctrine là-bas", déclare Ox Hacking. Les fermiers tentent de se rassurer en se disant qu'au Mozambique la terre appartient à l'Etat et qu'il n'y a donc pas de risque de réquisition, mais la crise zimbabwéenne les a rendus prudents. "L'Afrique, c'est l'Afrique. Après dix ans, vingt ans, ils peuvent tout vous reprendre. En même temps, cette terre est celle de toutes les opportunités. Il y a de l'argent à faire ici", lâche Vicky Bowen.
"DÉVELOPPEMENT INTÉGRÉ"
Selon la législation mozambicaine, le salaire minimum est de 800 000 meticals, soit environ 30 euros. Pourtant, chez les Bowen et les Hacking, la majorité des salaires mensuels des travailleurs ne dépasse pas 500 000 meticals. "Il y a un risque certain que les petits fermiers mozambicains abandonnent leur terre pour devenir des ouvriers agricoles faiblement payés et totalement dépendants des fermiers blancs", s'inquiète Domingos Netos, coordinateur d'une association locale de défense des droits fonciers des communautés rurales. "Il faut un développement intégré, affirme-t-il : les investissements doivent servir le développement économique et social des communautés rurales. Sinon, dans trente ans, la situation au Mozambique sera celle du Zimbabwe d'aujourd'hui."
Sur leur volonté d'adopter un jour la nationalité mozambicaine et de s'intégrer à la société, les fermiers restent évasifs. Peter Bowen rappelle que sa famille huguenote est arrivée en Afrique au XVIIe siècle et se demande combien de générations seront encore nécessaires pour que les siens soient considérés comme des Africains.
Jordane Bertrand
Robert Mugabe, l'invité de la France
Hôte encombrant du sommet France-Afrique, le président zimbabwéen Robert Mugabe est attendu à Paris, mercredi 19 février. Dès son arrivée, des manifestations sont prévues par des contestataires de son régime, qui s'est caractérisé au cours des trois dernières années par l'assassinat de 138 opposants et une réforme agraire consistant à chasser de leurs propriétés des fermiers blancs.
La France a invoqué deux raisons en imposant à ses partenaires européens, malgré les sanctions dont il fait l'objet, la venue du chef de l'Etat zimbabwéen, qui fêtera, vendredi, ses 79 ans à Paris : une diplomatie de contact en faveur des libertés publiques au Zimbabwe, plutôt que l'enfermement de Robert Mugabe dans l'isolement, et, au cas où celui-ci n'aurait pas été invité, la menace d'un boycottage du sommet franco-africain par d'autres présidents africains. De fait, Afrique du Sud et Nigeria en tête, les Etats membres du Commonwealth tentent actuellement de forcer la Grande-Bretagne à réadmettre le Zimbabwe, après une suspension punitive depuis un an.
• ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 19.02.03
ericjeanloicbreton |
| 2003-02-18 09:21:08
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AFRIQUE
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Mercredi 5 février 2003
COTE D'IVOIRE
Abidjan (Côte d'Ivoire) DE L'UN DE NOS ENVOYES SPECIAUX

Côte d'Ivoire Le drôle de jeu des Américains
ALORS que les Ivoiriens sont suspendus aux lèvres de leur président Laurent Gbagbo, qui pourrait parler aujourd'hui au soir d'une nouvelle marche, organisée cette fois par les syndicats, les Américains, absents de la scène depuis plusieurs semaines, viennent de faire leur entrée en deux temps. Pour commencer, vendredi dernier, ils demandent à Gbagbo d'appliquer sans retard les accords de Marcoussis. Enfin, avant-hier, par la voix d'Ari Fleisher, porte-parole de la Maison-Blanche, ils atténuent leur recommandation en espérant « de la souplesse dans l'application des accords ». Mais applaudissent.... « les efforts du président Chirac pour amener toutes les parties à une solution pacifique ». Les Etats-Unis, qui sont obnubilés par leur guerre contre l'Irak, ne sont donc pas totalement indifférents à la Côte d'Ivoire. Il est vrai que ce pays, avec le Nigeria, est l'un des plus riches d'Afrique de l'Ouest, et qu'il accueille quelques multinationales américaines (ADM, Cargill, Vanco...) implantées dans l'exploitation du cacao, du pétrole ou du gaz. Un petit goût de revanche. Au lendemain du coup d'Etat manqué, le 19 septembre dernier, le dossier ivoirien avait été examiné avec des yeux ronds par la diplomatie américaine, qui, en règle générale, ne s'intéresse qu'aux pays africains soupçonnés d'héberger des... réseaux Al-Qaïda. Résultat : la crise avait été confiée à un obscur fonctionnaire. Mais, aujourd'hui, c'est différent. D'autant plus différent que la France veut contrecarrer les desseins américains en Irak et paraît empêtrée dans l'affaire ivoirienne. Officiellement, le discours de Washington ne change pas : « On veut la paix en Côte d'Ivoire, on est là pour aider les Français. » En coulisse, la vérité est tout autre : les Américains, avec une certaine délectation, ne font pas grand-chose pour aider leur allié à sortir de ce bourbier. Histoire de rendre à Paris la monnaie de sa pièce. Un attentisme payant. Même s'ils ont des troupes au Ghana voisin, les Etats-Unis n'ont pas l'intention d'intervenir sur le plan militaire. En revanche, ils disposent de moyens de pression très sûrs par l'intermédaire de pays amis comme le Ghana ou le Nigeria. Ces deux Etats anglophones, qui, au début de la crise, avaient proposé à Gbagbo leur aide, redoublent depuis quelques jours d'activité. Cela ne veut pas dire, pour autant, qu'ils recherchent une solution rapide. Car le temps joue pour les Américains. Ces derniers, en ne disant rien ou presque, profitent, en effet, du dépit anti-français qui gagne la population ivoirienne. Samedi, les manifestants ont crié « USA... USA » et ont conspué Chirac et Villepin. Les inquiétudes de Bush. D'abord économique, la Côte d'Ivoire est un pays riche. Et il y a du pétrole dans le golf de Guinée. La valse-hésitation de la France, qui, après avoir insisté sur la « légitimité du régime ivoirien », a fini par concéder aux rebelles la Défense et l'Intérieur, inquiète les Américains. Ils redoutent une redistribution des cartes en leur défaveur. Ensuite politiques, les récentes collusions du Liberia et du Burkina Faso avec des émissaires d'Al-Qaïda, dénoncées récemment par les services occidentaux, les confortent dans la menace terroriste. Car le Liberia et le Burkina Faso sont justement les deux pays que le gouvernement d'Abidjan accuse d'avoir encouragé la rébellion. Le Conseil de sécurité de l'ONU a approuvé hier le déploiement en Côte d'Ivoire de forces militaires appartenant à la France et à la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), les autorisant à recourir à la force. Il les « autorise » à « assurer, sans préjudice des responsabilités du gouvernement de réconciliation nationale, la protection des civils immédiatement menacés de violences physiques à l'intérieur de leurs zones d'opérations et en fonction de leurs moyens ».
Philippe Duval Le Parisien, mercredi 05 février 2003
ericjeanloicbreton |
| 2003-02-05 12:49:58
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AFRIQUE, COTE D'IVOIRE
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Mercredi 5 février 2003
COTE D'IVOIRE
Gbagbo et les escadrons de la mort Selon les Nations unies, les partisans du président ivoirien sont impliqués dans les exactions commises fin décembre par les escadrons de la mort.
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 Laurent Gbagbo (AP) | Un rapport de la mission des Nations unies en Côte d'Ivoire fin décembre met en cause les partisans du président Laurent Gbagbo dans des violences, et notamment dans les exactions commises par des "escadrons de la mort". Le chef de la diplomatie française Dominique de Villepin pourrait évoquer ce document mercredi avec le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan, en marge du débat sur l'Irak au Conseil de sécurité, selon La Croix dans son édition du jour. "Les escadrons de la mort en Côte d'Ivoire seraient constitués d'éléments proches du gouvernement, de la garde présidentielle et d'une milice tribale de l'ethnie -bété- du président Laurent Gabgbo", écrivent les enquêteurs qui se sont rendus sur place du 23 au 29 décembre avant d'envoyer leurs conclusions au Conseil de sécurité de l'ONU il y a une semaine.
Escadrons
Les enquêteurs écrivent que "des noms ont été communiqués" en ce qui concerne les escadrons de la mort opérant à Abidjan qui, avec "des milices constituées d'éléments autonomes, sèment la terreur et procèdent à des exécutions et des enlèvement de personnes". En outre, poursuivent les auteurs, "selon diverses sources d'information, de nombreuses exécutions seraient également commises dans la forêt du Banco à Abidjan, (où) des corps de personnes exécutées ont été retrouvées. Cette forêt serait à présent sous la surveillance de l'armée nationale. Les escadrons de la mort bien organisées disposeraient de listes de personnes à exécuter. Ces affirmations ont été confirmées par plusieurs témoins"
Une nouvelle "liste noire"
Selon La Croix, une nouvelle "liste noire" circulait à Abidjan lundi, comportant notamment "les noms de l'épouse et des enfants du Premier ministre du gouvernement de réconciliation nationale, Seydou Diarra". Toujours d'après le quotidien, "des informations connues des plus hautes autorités françaises mettent en accusation le 'premier cercle' " de Laurent Gbagbo: "en premier lieu, le capitaine Seka Yapo, un gendarme qui fait partie de la garde de Simone Gbagbo", l'épouse du président; "l'un des responsables de la sécurité personnelle" du chef de l'Etat, Patrice Bahi, serait "spécialement chargé, selon de nombreux témoignages, de l'élimination des personnes moins connues et des civils gênants". Quant aux rebelles du Mouvement patriotique de Côte d'Ivoire (MPCI, qui contrôle le nord), il auraient creusé plusieurs fosses communes dans leur fief de Bouaké (centre) mais, "depuis l'arrivée des troupes françaises (le 23 septembre), on ne dénote plus d'exactions".
Traitement orienté de l'information
De son côté, Toussaint Alain, conseiller de Laurent Gbagbo, a accusé mercredi le quotidien La Croix d'avoir diffusé des informations "tronquées". Le conseiller du président souligne dans un communiqué que ce document est déjà tombé dans le domaine public et qu'il est disponible sur internet. Il ajoute ensuite que La Croix s'est fondé sur "un document tronqué, et donc sorti de son contexte". Dans son édition daté de mercredi, le journal citait les conclusions du rapport – qu'il qualifiait de secret – et affirmait l'avoir consulté "dans son intégralité". "Ni le chef de l'Etat ivoirien, ni son entourage lointain ou proche n'ont été interrogés par La Croix. Il s'agit là d'un intégrisme anti-Gbagbo qui répond à un traitement orienté de l'information défiant toutes les conventions et règles déontologiques", dénonce-t-il dans un communiqué. (avec AP)
ericjeanloicbreton |
| 2003-02-05 10:04:19
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AFRIQUE, COTE D'IVOIRE
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Mardi 4 février 2003
EGYPTE
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Traque quotidienne des homosexuels dans une Egypte ultraconservatrice Le cauchemar
d'être gay
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Par Claude GUIBAL
mardi 04 février 2003

 Aux législatives de 2000, les islamistes sont devenus la première force d'opposition au Parlement. |
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En mai 2001, l'arrestation choc de 52 homosexuels avait suscité la réprobation internationale. Depuis, le gouvernement égyptien organise une traque plus discrète, mais plus pernicieuse. Témoignage de gays qui vivent avec la peur au ventre. Le Caire de notre correspondante
e Caire de notre correspondante
C'est une montagne. Du muscle patiemment sculpté, gonflé, prêt à faire éclater sa chemise griffée. Pourtant, quand sonne le carillon de son appartement, Khaled (1) sursaute imperceptiblement. Peur. Le mot revient sans cesse dans sa bouche. Peur d'ouvrir à un inconnu, peur de sortir boire un verre, peur d'être le prochain sur la liste. Khaled est égyptien et homosexuel. Il sait désormais qu'il peut à tout moment se faire arrêter. «Dans ce pays, avec ses traditions, sa religion, ça n'a jamais été facile d'être gay. Mais depuis "l'affaire", c'est devenu un cauchemar.» «L'affaire», c'était au mois de mai 2001 : la police fait une rafle au Queen Boat, un bateau-discothèque amarré en bord de Nil. Cinquante-deux personnes présumées homosexuelles sont emprisonnées. L'homosexualité n'étant pas explicitement interdite par la loi égyptienne, les prévenus sont accusés d'appartenir à une secte blasphémant l'islam et pratiquant la sodomie. Déférés devant la Cour de sûreté de l'Etat, juridiction d'exception destinée à l'origine à traiter les cas terroristes, ils sont jugés devant une nuée de journalistes venus du monde entier, effarés devant ces hommes en pyjama blanc, hurlant leur innocence, les doigts agrippés au grillage de leur cage. Le 13 novembre 2001, 23 d'entre eux sont condamnés à des peines allant jusqu'à cinq ans de prison. Les familles, qui attendent à l'extérieur, crient comme emportées par un vent mauvais. Une mère hurle à son enfant de jurer sur le Coran qu'il n'est pas homosexuel, «sinon tu n'es plus mon fils». Une autre désespérée tente de faire passer au juge le fil chirurgical qui a servi, dit-elle, à recoudre son fils après une ablation d'hémorroïdes : «L'examen anal indique que mon fils est homosexuel, c'est faux, il a juste été opéré.» Un père, hébété de douleur, raconte qu'il a perdu travail et logement : «Le journal a publié les noms et les adresses de tous les accusés. Nous sommes déshonorés.»
Guet-apens sur le Net
Ce jour-là, Youssef a pleuré. Pris de tremblements nerveux, il s'est laissé glisser dans un recoin. Les genoux enserrés, il a laissé rouler sur ses joues des larmes de colère, mais aussi de honte. Il n'est pas bien vieux, Youssef, une vingtaine d'années et l'air d'un adolescent encore, avec ce duvet d'ombre légère sur sa lèvre. Révolté et déchiré entre l'envie d'affirmer au grand jour son homosexualité et la peur de ne plus vivre qu'en sursis, il dit : «Quand j'ai vu Philadelphia, je n'en croyais pas mes yeux. Dans ce film, Tom Hanks gagne un procès en discrimination parce qu'il est homosexuel. Ici, on part en prison pour la même raison.» Youssef a toujours du mal à réaliser. Avec la campagne internationale de soutien aux homosexuels égyptiens et les pressions américaines, mais aussi françaises, sur le président Moubarak pour faire libérer les prisonniers, il était persuadé que l'Egypte allait évoluer.
Hosni Moubarak, de fait, a fait libérer la quasi-totalité des accusés du Queen Boat et renvoyé le procès qui se déroule actuellement devant une cour civile. Mais les homosexuels égyptiens ont compris que ce n'était pas fini. «L'Etat a cessé les arrestations de masse, mais la chasse aux sorcières continue», affirme l'un d'entre eux. Le site www.gayegypt.com assure qu'il y a en moyenne une arrestation par jour sur les lieux de drague les plus connus de la capitale, mais aussi dans des appartements où des rendez-vous galants se révèlent des guet-apens. Le ministère égyptien de l'Intérieur a en effet mis sur pied une brigade de l'Internet, qui hante sur le Web forums de discussion et petites annonces gay. Si la prise de contact débouche sur un rendez-vous, c'est l'arrestation, rapporte-t-on dans les milieux homosexuels. La rumeur raconte que la police ferait désormais appel à des étrangers pour appâter les gays égyptiens draguant sur le Net. Khaled s'en fait l'écho : «Un de mes amis a correspondu pendant plusieurs semaines avec un Italien. Ils ont échangé des photos, discuté des heures, en italien. Un jour, le type a annoncé qu'il venait en vacances en Egypte. Ils ont pris rendez-vous. Mais au rendez-vous, c'est la police qui attendait.» Prison, viol, aveux forcés : l'ami de Khaled, qui a pu sortir de prison, s'est depuis enfui à l'étranger et lui a raconté son calvaire. «Il refusait de signer des aveux, alors les flics lui ont dit qu'ils savaient qu'il était allé quelques années plus tôt en Israël et qu'ils allaient l'inculper pour espionnage. Plutôt que de risquer ça, mon ami a signé ce qu'ils voulaient.»
Islamiquement correct
Beaucoup se sont interrogés sur les raisons de cette subite chasse aux sorcières. «L'Internet a joué un rôle très important en ouvrant une fenêtre sur un monde nouveau, avance Khaled. La nouvelle génération a ainsi été plus exposée à l'Occident. Elle a vu que là-bas l'homosexualité n'est ni une punition ni une malédiction. Du coup, les gays égyptiens ont commencé à se comporter de façon plus visible.» Dans le même temps, les législatives de 2000 ont vu les islamistes entrer au Parlement et devenir la première force d'opposition du pays. Une force à laquelle il faut faire quelques concessions sur des points consensuels, comme l'homosexualité, afin de garder les mains libres sur les dossiers jugés prioritaires, comme la lutte contre l'islamisme armé. Enfin, face à la colère de la population devant l'état dramatique de l'économie égyptienne, la perte d'influence régionale du pays et les scandales de corruption, la traque aux homos est un moyen facile de détourner l'attention des Egyptiens. Brodant sur le thème de «l'islamiquement correct» dans une Egypte ultraconservatrice et homophobe, l'Etat a ainsi regagné une certaine popularité.
Les homosexuels ont pourtant toujours existé en terre d'Islam. En témoignent les nombreux vers de la poésie arabe consacrés aux amours masculines. «Tant qu'on ne les voyait pas, ça allait, on pouvait faire comme s'ils n'existaient pas», réplique sèchement Amr, un commerçant qui a passé de nombreuses années en Europe. Prompt à pourfendre la rigidité de la société égyptienne «étouffée par l'Islam et muselée par le gouvernement», il ne montre en revanche aucune tolérance pour les homosexuels. «Chez vous, c'est le défilé des folles. Ici, ça commence à devenir pareil», affirme-t-il, en désignant du doigt trois jeunes attablés à la terrasse d'un grand hôtel du Caire. Torses moulés dans des T-shirts noirs, chaussures importées et portables dernier cri posés sur la table, ils parlent bas et rient fort, attirant les regards. «Ce sont des putes déviées, reprend Amr, très irrité. Je ne veux pas que mes enfants voient ce genre de choses.» Homophobe, Amr ? «Peut-être. Mais je vous mets au défi de trouver un Egyptien qui ne l'est pas.» De fait, très rares sont les voix égyptiennes à s'être levées pour la défense des gays. Les associations égyptiennes de défense des droits de l'homme, à l'exception notable du centre Hisham-Moubarak, ont refusé d'aider les accusés du Queen Boat, au prétexte que cela «décrédibiliserait» leurs autres combats. «Ce ne sont que des khawal (pervers, en argot égyptien)», siffle Amr. Parlez-lui de tel haut fonctionnaire ou tel artiste dont l'homosexualité n'est un secret pour personne : «C'est différent, ils ne le montrent pas.»
Khaled l'a compris. «Quand j'ai parlé à ma mère de mon homosexualité, elle a été très choquée un temps. Puis elle m'a demandé de ne jamais créer de scandale. Il ne faut pas perdre de vue qu'on est dans un pays islamique, très conservateur. On doit garder un profil bas.» Lui qui vit aujourd'hui avec son compagnon dans un quartier huppé de la capitale ne se confie qu'à de rares amis. Ses collègues et son frère ignorent la vérité, se satisfont d'une fiancée virtuelle dont il parle parfois. Son propriétaire ? «Un cas particulier. Lui-même est homosexuel !» Quand l'affaire du Queen Boat a éclaté, Khaled se souvient avoir entendu des gens proposer de «brûler les pervers», persuadés que l'homosexualité était une maladie contagieuse. D'autres, comme Ismail, un proche de Youssef, ont été amenés par leur famille chez des guérisseurs ou des imams, pour être «soignés» à coups de méditation et de récitation du Coran.
«Allah m'a fait ainsi»
Dans l'appartement familial, en l'absence de ses parents, Ismail soliloque, le regard dans le vague. «Je ne peux pas comprendre qu'Allah me condamne pour ce que je suis. C'est un Dieu d'amour et de tolérance. Il m'a fait ainsi, c'est ma nature.» Faux, répond posément un médecin cairote. «C'est contre-nature : le but naturel d'un rapport sexuel est la fécondation, ce que la sodomie ne permet pas. Quant à la génétique, des études ont été faites, mais rien ne prouve qu'il y a un gène ou une mutation qui entraîne l'homosexualité.» L'imam consulté par la famille d'Ismail s'est montré clair, citant deux versets de la sourate des Poètes, où le peuple de Lot (Sodome) est ainsi apostrophé : «Accomplissez-vous l'acte charnel avec les mâles de ce monde ? Et délaissez-vous les épouses que votre Seigneur a créées pour vous ? Vous n'êtes qu'un peuple de transgresseurs !» Selon ce même imam, un des hadith (citations du prophète Mahomet, pas toujours authentifiées) serait encore plus explicite, recommandant la mise à mort de tout homme surpris à avoir des rapports homosexuels. «L'homme doit réprimer ses penchants inspirés par les mauvais génies, affirme Ibrahim, étudiant en théologie à la célèbre université d'al-Azhar. La déviance sexuelle fait partie de ces penchants, tout comme la pulsion meurtrière. Allah met en permanence notre âme à l'épreuve pour effectuer les bons choix.»
Beaucoup sauvent les apparences, se marient et fondent une famille, tout en menant une double vie. Le soir, ils tournent en voiture autour de la place Tahrir, en plein coeur de la ville, dans les jardins d'Héliopolis, à l'est de la capitale, ou sur les ponts noirs de monde. Mais les prostitués qui racolaient discrètement dans ces lieux publics se font rares maintenant. Les hammams de nuit, derrière la mosquée d'al-Azhar, ont été désertés. Ne reste, pour ceux qui en ont les moyens, que certains bars huppés, ou les soirées privées organisées au domicile d'homosexuels occidentaux. «L'ambiance est pourrie, explique l'un d'entre eux. Depuis l'histoire du Queen Boat, les dénonciations auprès de la police sont fréquentes entre homos égyptiens. Certains se vengent ainsi de s'être fait piquer un mec. Ils sont persuadés ensuite d'être protégés par les flics.» Tout cela fait horreur à Khaled, Youssef ou Ismail. «Tous ceux qui le peuvent quittent l'Egypte. On cherche tous à obtenir des visas. Et plus les autres partent, plus on se sent seul.»
Youssef continue de rêver. Sur Internet, il a entendu parler de Stonewall (2) et espère pouvoir à son tour brandir le drapeau arc-en-ciel. Impossible, estime Khaled : «Je voudrais seulement qu'on nous dise soyez gay, mais discrets. Croient-ils pouvoir mettre tous les homos en prison ? L'Europe et les Etats-Unis doivent continuer à nous soutenir, car on oublie qu'on souffre, comme les étudiants en Chine et les femmes en Afghanistan. Pensez à nous.».
photo Ayman Khoury
(1) Le prénom a été changé. (2) En 1969, après une brutale descente de police, l'émeute des gays partie du Stonewall Cafe de New York avait signé le début du mouvement de libération homosexuel aux Etats-Unis. |
ericjeanloicbreton |
| 2003-02-04 08:09:34
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AFRIQUE
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Lundi 3 février 2003
COTE D'IVOIRE
Côte d'Ivoire : Villepin ne veut pas renégocier
Le ministre français des Affaires étrangères a clairement rejeté dimanche soir l'hypothèse d'une renégociation des accords de Marcoussis, réclamée par un conseiller du président ivoirien. Des troubles ont fait un mort dimanche à Abidjan.
Mis en ligne le 03 février 2003
Des milliers d'Ivoiriennes manifestent autour de l'ambassade de France à Abidjan
L'exode des Français de Côte d'Ivoire
"Nous avons pris une initiative pour réunir l'ensemble des Ivoiriens, ils sont parvenus à un accord. Il faut maintenant le respecter. La France demande solennellement au président Gbagbo de s'engager résolument dans la voie de la réconciliation". Dimanche sur TF1, le ministre français des Affaires étrangères a une nouvelle fois lancé un appel au président ivoirien, qui continue d'entretenir le suspense sur le discours à la Nation qu'il a promis de tenir à son retour dimanche dernier de Paris.
Son conseiller en communication, Toussaint Alain, a fait savoir depuis Paris que "puisque des dispositions de l'accord posent problème aux yeux de la population ivoirienne, il faut que le médiateur Villepin prenne les dispositions qui s'imposent et accepte de renégocier". "L'idée d'avoir des rebelles au gouvernement à des postes stratégiques paraît insupportable aux Ivoiriens, de même que le cantonnement de l'armée ivoirienne", a-t-il jugé.
Troubles
Samedi, les présidents du Ghana, du Togo et du Nigeria sont venus à Abidjan au nom du "groupe de contact" de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'ouest, pour s'entretenir avec le président Gbagbo. Un haut responsable du Ghana, pays assurant la présidence de la CEDEAO, a indiqué dimanche que le message délivré au président Gbagbo était très clair: "la communauté internationale soutient cet accord qui semble être la meilleure solution. Nous lui avons dit que s'il avait des problèmes à l'appliquer, nous l'aiderions".
Des troubles ont éclaté dimanche matin dans deux quartiers périphériques d'Abidjan, faisant un mort, après l'assassinat par des "hommes en uniforme" d'un acteur de télévision connu et membre du Rassemblement des Républicains (principal parti d'opposition). La découverte du corps de Camara Vakaromogo Yéréfé, portant des impacts de balles, a déclenché des manifestations dans les quartiers d'Adjamé et Abobo, deux communes d'Abidjan administrées par des maires du RDR d'Alassane Ouattara.
Photo d’ouverture : violences à Abidjan - archives
ericjeanloicbreton |
| 2003-02-03 09:32:28
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AFRIQUE
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Lundi 3 février 2003
ZINBABWE
Graves risques de famine au Zimbabwe Le chef du Mouvement pour le changement démocratique (MDC, opposition), Morgan Tsvangirai, et deux de ses adjoints, doivent comparaître aujourd'hui à Harare devant la Haute Cour de justice. Tous les trois ont été inculpés de «trahison» pour leur participation présumée à «un complot» visant à assassiner le président Robert Mugabe. S'ils sont reconnus coupables, ils risquent la peine de mort. Les trois accusés affirment que l'affaire a été entièrement montée par des agents du gouvernement pour tenter d'écarter Morgan Tsvangirai de la course à l'élection présidentielle. Harare : de notre envoyée spéciale Caroline Dumay [03 février 2003] Faut-il appartenir au parti du président Mugabe pour avoir accès à l'aide alimentaire ? La visite, fin janvier, au Zimbabwe, de James Morris, envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies, n'a pas permis de répondre à la question. Elle a du moins attiré l'attention sur une urgence humanitaire : six à sept millions de Zimbabwéens ont faim ou risquent d'avoir faim. «Sans les sacs de farine de maïs de l'ONU, le président zimbabwéen serait déjà tombé. C'est le Programme alimentaire mondial qui a sauvé le régime», assure un homme d'affaires de Mvuri, à une centaine de kilomètres au nord d'Harare. Dans cette région, les témoins de ce que les Zimbabwéens appellent «la politisation du sac de maïs» ne manquent pas. Un cuisinier raconte que la dernière distribution alimentaire s'est déroulée comme les autres, dans l'ordre et la discipline. Alignés en rangs d'oignons, les gens ont dû, pour obtenir de la nourriture, entonner un slogan gouvernemental et montrer leur carte d'adhérent au parti de Robert Mugabe. «C'est faux, réplique July Moyo, ministre des Affaires sociales. Ce sont les villageois eux-mêmes qui choisissent qui aura accès à l'aide alimentaire, selon des critères qu'ils sont seuls à définir.» Interrogé sur les causes de la crise alimentaire qui sévit aujourd'hui dans son pays, le ministre assure que c'est à cause de «la sécheresse et de mauvaises récoltes dans le sud du pays». La réalité est plus complexe. La crise résulte plus d'une désorganisation totale de l'économie que de facteurs météorologiques. La politique de redistribution des terres commencée en 2000 y est pour beaucoup. Le Zimbabwe a produit cette année dix fois moins de maïs, de blé et de soja que l'année dernière. Quant au tabac, principale ressource en devises, les prévisions sont cette année en chute libre. Jadis exportateur de céréales, le «grenier de l'Afrique» est aujourd'hui importateur. Mais comment importer quand on manque cruellement de devises ? Si mettre en place un système de contrôle des prix est salvateur pour les produits de base, il handicape le commerce. Sans marché privé et sans devises, la pénurie est assurée. Pour Suzanne Chirara, la vie quotidienne est de plus en plus difficile. Serveuse dans un restaurant, elle gagne l'équivalent de vingt dollars par mois. Malgré une inflation mensuelle supérieure à 20%, son salaire n'a jamais été réévalué. Mère de deux enfants, elle passe son temps à faire la queue pour trouver du pain ou du sucre. Dans les supermarchés d'Harare, la viande est hors de prix. Suzanne peut pourtant s'estimer heureuse. Elle a un travail et une paye régulière. Le salaire minimum, appliqué à la grande majorité de la population active, est de moins de 8 dollars ! «Nous crevons de faim pendant que certains détournent l'aide alimentaire. Et puis, on distribue les sacs dans les zones rurales, en ignorant totalement la pauvreté urbaine», s'indigne Tapiwa Mashakada, député du MDC à Hatfield. Dans un pays où ceux qui sont payés en devises étrangères sont les seuls à pouvoir joindre les deux bouts, les tentatives de corruption ont de quoi rendre fou. Des politiciens achètent du maïs au GMB (Grain Maize Board, l'organisme gouvernemental qui monopolise l'achat et la vente du maïs) pour les revendre dix fois plus cher au marché noir. A Karoi, par exemple, tous les responsables de la mairie étaient impliqués dans ce genre de trafic. Pour autant, lors de sa visite au Zimbabwe, James Morris n'a pas voulu faire de vagues. Il s'est félicité des discussions qu'il a eues avec les différents ministères concernés par la distribution de l'aide alimentaire, assurant que le gouvernement zimbabwéen avait fait preuve d'une «grande coopération». L'envoyé spécial des Nations unies a tout juste évoqué la question de «l'influence ou de l'interférence politique», précisant, au détour d'une phrase, que les Nations unies feraient «tout leur possible pour assurer l'accès de l'aide aux plus pauvres et aux plus mal nourris».
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ericjeanloicbreton |
| 2003-02-03 09:12:36
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